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Hatchepsout

 

Titulature d'Hatchepsout

 

1)   Le nom d’Horus : Ousérèt- ikaou (la Puissante de kas). On sait que ce nom, le plus ancien, témoigne que la reine descend du faucon prédynastique et qu'elle l'incarne. Les Kas royaux vivent de Maât (Hatchepsout est étroitement liée à Maât) et permettent à la reine d'effectuer son travail de roi (ce sont des qualités diverses en particulier la puissance créatrice).

 2)   Le nom de Nebty : Ouadjet renpout (la florissante en années). Il exprime l'entité vivante des deux couronnes Nekhbet d'El-Kab (la blanche)et Outo de Bouto (la rouge), représentées par un vautour et un cobra, ou deux cobras.

 3   Le nom d*Horus d'or : Nétérèt-khâou ~ Divine d'apparitions. La reine Hatchepsout s'intitule (Horus féminin en or fin , Soleil féminin qui étincelle comme le disque , mon Horus d'or fin )

 4)  Le nom de Couronnement : Maât-kâ-Ré Roi du Roseau (du Sud) et de l'Abeille (du Nord). C'est le prénom du roi qui apparaît dans le premier cartouche. Maât est une notion multiple, intraduisible par un seul mot: harmonie du monde créé, elle s'oppose au désordre du chaos; c'est la vérité, la justice, l’ordre et la logique. Sous le règne d’Hatchepsout elle est représentée sous sa forme classique, la déesse coiffée d'une plume

 5)   Le nom de Naissance : Khenemetamon Hatchepsout  (Hatchepsout aimée d’Amon) est le nom solaire qui lui a été donné à sa naissance.

 

Naissance

Hatchepsout est la fille de Thoutmôsis I et de la Grande Épouse RoyaleAhmès, elle nait entre 1508 et 1495 av. J.-C, avant le couronnement de son père. Christiane Desroches Noblecourt indique qu'il s'agit d'une « petite fille d'une coudée de long, au visage triangulaire marqué d'une finesse, d'un charme et d'une noblesse extrême

 Le titre de Grande Épouse Royale était donné à la première épouse du Pharaon. Ce titre permettait de la différencier des autres épouses, dites "Épouses secondaires". Seule la Grande Épouse Royale avait le privilège de concevoir le futur héritier au trône lors d'un "mariage sacré", appelé théogamie, avec le Dieu Amon, qui pour l'occasion prenait l'apparence de son époux. Elle devenait alors, "Mère de Dieu", l'Incarnation de Mout

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Dès sa naissance, la petite Hatchepsout est confiée au soin d'une nourrice Sat-Rê, (connue par une statue aujourd'hui au musée du Caire) celle-ci devait assurer son éducation et sa garde jusqu’à son adolescence. Plus tard, son instruction fut assurée par Ahmès-Pennekhbet conseiller de Thoutmôsis I qui le nomma tuteur de sa fille et lui demanda d'être le "Père nourricier" . Ce fut sous la férule de ce précepteur que l'adolescente fut formée à son futur métier de Reine.

Théogamie   +

Pour se donner un surcroît de légitimité, elle propage le mythe de sa naissance divine. D'après une longue inscription dans son temple funéraire à Deir el-Bahari, elle aurait été engendrée par le dieu Amon qui avait pris les traits de son père, Thoutmôsis Ier ; après ce « mariage sacré » ou théogamie, Khnoum la façonna sur son tour de potier et elle fut présentée à Amon qui lui promit « cette bienfaisante fonction royale dans ce pays tout entier ». Du vivant déjà de Thoutmôsis Ier, elle aurait été installée sur le « trône d'Horus des vivants », c'est-à-dire couronnée, en présence de la Cour, après que l'oracle d'Amon à Karnak l'eut désignée comme roi.      

                                   
Adolescence

Comme l’indique les reliefs et les textes gravés dans la chapelle d'Hathor de son temple Hatchepsout grandit sous la protection de la déesse Hathor. Adolescente, elle effectue avec son père Thoutmosis un pèlerinage dans les grands sanctuaires d'Egypte.

Son demi-frère, Amenmosé, qui était le Prince héritier, mourut, vers l'an 12 du règne de son père. Peu de temps après son autre demi-frère Ouadjmès décéda.

Selon une interprétation des textes de la Théogamie, Thoutmôsis aurait alors décidé de faire couronner sa fille et de lui confier une grande partie du pouvoir. Plus tard lorsque son père décèdera, Hatchepsout se servira de ces textes pour assoir sa légitimité sur le trône.

A la mort de Thoutmôsis en -1493 âgée d'une quinzaine d’années, épousa alors son demi-frère et prit le titre de Grande épouse royale. Nous savons que Thoutmôsis II avait une santé fragile, de nombreux égyptologues spéculent que pendant son règne, Hatchepsout était peut-être la véritable maître du pouvoir.

La Reine Ahmès, mère d'Hatchepsout, resta aux côtés de sa fille Régente. Elle est encore en vie après son couronnement comme l'établit une stèle, aujourd'hui à Berlin. Ahmès, Grande Épouse Royale, sœur et mère du Roi, y rend le culte à Hathor, tandis que sa fille, la Déesse : Maâtkarê, autrement dit Hatchepsout Pharaon, est en compagnie du Dieu Horus de Béhédet. Pendant cette période Thoutmôsis II eut une activité architecturale assez importante, notamment à Karnak.

Les vestiges de décor de ses monuments montrent la Reine Hatchepsout, au début, assez effacée derrière Thoutmôsis II. Puis, au fil de son règne, elle devint de plus en plus présente, voire permanente.

L'arrivée au pouvoir

Après un règne de 12/13 ans, Thoutmôsis II décède. N’ayant pas eu de fils avec Hatchepsout, la succession revient à Thoutmôsis III, un fils eu avec son épouse secondaire Iset. Cependant celui-ci très jeune, à peine 5 ans.

Cette succession ne fit pas l’unanimité, Parmi les conseillers certains voyait la Reine Hatchepsout comme l'héritière légitime, mais nombreux étaient ceux en faveur d'un successeur mâle. L'Oracle d'Amon fut interrogé et les Prêtres d'Amon confirmèrent le trône au jeune Prince Thoutmôsis III. Cependant du fait de son jeune âge, ils donnèrent la régence à sa belle-mère et tante Hatchepsout.

Le Couronnement

Rapidement, la Régente quitta les parures d'Épouse Divine. Elle arbora les ornements de Rê, la couronne du Sud et du Nord étant mêlées sur sa tête, autrement dit elle se fit couronner Pharaon.

Entre l’an 2 et l’an 7 de Thoutmôsis III, Hatchepsout obtint tous les pouvoirs en se faisant couronner Pharaon avec l’appui du Grand Prêtre Hapouseneb qui dirigeait le haut clergé d'Amon.

La Reine justifia sa légitimité en s’appuyant sur les dernières volontés de son père qui souhaitait la voir régner, et sur la naissance divine (Théogamie) racontée par les textes et les reliefs qui décorent son temple de Deir el-Bahari. Toute fois elle associa Thoutmôsis III aux manifestations et décisions royales, puis pendant une vingtaine d'année (1479-1457) le mis à l’écart des affaires de l'État.

Dès son couronnement, Hatchepsout tint à être reconnue comme un Pharaon et non comme une femme. Pour cela elle ne se fit plus représentée par la robe-fourreau et sa Couronne de Reine, mais par les attributs d'un Pharaon : «Couronnes, le Némès, uraeus ou cobra dressé sur le front, barbe postiche, titulature, sceptres, pagne court et queue de taureau fixée à la ceinture.» Les très nombreuses statues la représentant en homme prouve son désir d'être reconnue comme un Roi à part entière.

Mais pourquoi laisse-t-elle s'écouler 7 ans avant de procéder à son couronnement ? Florence Maruéjol nous l’explique : Simplement à cause de son âge et de son absence de maturité. Si l'on admet qu'elle ne devint Régente avant ses 15 ans, il n'est guère surprenant qu'elle ait attendu plusieurs années. Il lui fallait acquérir la pleine maîtrise du gouvernement pour franchir cette étape. De plus , la présence d'une jeune fille et d'un enfant en bas âge sur le trône a pu inciter quelques dignitaires à se croire plus qualifiés que ce duo, pour prendre en main les affaires de l'État. Si les hauts fonctionnaires Thébains soutinrent indéfectiblement la couronne, ce ne fut peut-être pas le cas de tous les dignitaires, notamment en province
En lui conférant la nature divine attachée à la fonction royale, le couronnement a pu donner à la Reine l'autorité nécessaire pour prendre les mesures énergiques, visant à mettre fin à des troubles politiques.

 La Fin de règne

Les informations concernant la fin du règne d'Hatchepsout sont rares. Elle apparaît pour la dernière fois dans deux documents officiels en l'an 20, puis plus de trace d'elle. Il semble que Thoutmosis III sorte de l'ombre de la reine et devienne commandant en chef des armées.Il entreprend en l’an 22 une expédition en Syrie..

Les dernières mentions de la reine vivante se situent entre les années 20 et 22 de son règne:

- en l'an 22 de passage au temple d'Hathor à Sérabit el-Khadim, dans le Sinaï, elle visite les mines de turquoise. Le scribe Nakht, grave le nom de la reine en notant "vivante" à côté du nom de la reine

- en l'an 22, de passage à Saqqarah (peut-être au retour du Sinaï)le scribe Nakht, , laisse une race de son passage en gravant:"Le 2e jour du 3e mois de Péret, année 20 d'Hatshepsout et de Thoutmosis-Menkhéperrê".

Après l'an 22, la reine s'est soit retirée du pouvoir, soit elle est décédée, mais rien ne le prouve. Elle pourrait s'être retirée et avoir cédé le pouvoir à son neveu. En tout cas, on ne trouve pas trace d'obsèques royales. Si elle avait 14/15 ans au début de la régence, elle disparaît vers l'âge de 35/36 ans. Elle laissa Thoutmôsis III seul Roi d'Égypte autour de l’an 22. La date exacte de la mort d'Hatchepsout n'étant pas connue on considère qu'elle survint le jour où Thoutmôsis III devint Roi d'Égypte.

À la mort de sa tante et belle-mère, Thoutmôsis III lui rendit tous les honneurs qui lui étaient dus. Il présida aux cérémonies assurant sa vie éternelle et confia sa dépouille aux embaumeurs.

Le Roi mit à profit les 70 jours que dura cette opération rituelle pour organiser l'enterrement et rassembler le matériel préparé par la souveraine. Il prit la tête du cortège qui pénétra dans la Vallée des Rois, suivi par les Prêtres et la foule nombreuse des dignitaires et des porteurs chargés des objets et des offrandes destinés à la sépulture.

 

Bibliographie

Desroches Noblecourt Christiane: "La Reine Mystérieuse. Hatshepsout" / La Femme au temps des Pharaons"

Les Dossiers d'Archéologie n°187 Novembre 1993: "Hatshepsout. Femme Pharaon"

Grimal Nicolas: "Histoire de l'Egypte ancienne"

 

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