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Horemheb

Horemheb et Moutnedjemet  British Museum

Introduction

A la fin de la XVIIIe dynastie, Toutankhamon ultime héritier des prestigieux pharaons qui l’ont précédé (les Thoutmosis, Amenhoteps et Akhénaton)monte sur le trône à l’âge de neuf ans. Compte tenu de son âge, le roi à des conseillers puissants, en particulier, le « Père divin » Aÿ et le général Horemheb. Comme il est trop jeune pour régner, c'est probablement eux qui détiennent le véritable pouvoir administratif et militaire. Toutankhamon à peine sorti de l'adolescence, disparait tragiquement à l’âge de dix-neuf ans. C'est Ay, le père de Néfertiti, qui organise ses funérailles, ses rituels funéraires et lui succède pour peu de temps. Quatre ans plus tard, lorsqu’Ay s'éteint à son tour, la famille royale ne compte plus aucun représentant de sexe masculin susceptible de s'asseoir sur le trône. L'homme fort du moment est Horemheb ; il est issu de la caste militaire et ses origines sont modestes. Il reçoit la couronne et, dernier pharaon de la XVIIIe dynastie, y met un terme en préparant l'avènement de la XIXe dynastie, celle qui compte en son sein Séthi I et Ramsès II

Ses origines

Il semble qu’il soit originaire de Hout-Nesout qui est située au Nord d'Amarna et d'Hermopolis, dans le 18e nome de Haute-Égypte, " nome du Faucon Anty aux ailes déployées ".

Il fut placé dès sa naissance sous la protection d’Anty. Nous ignorons la date, mais elle se à situe vraisemblablement sous milieu du règne d'Amenhotep III. Horemheb signifie Horus est en fête. Ses parents, frères et sœurs nous sont totalement inconnus ; dans ses tombes, on n’a trouvé aucune information sur eux. Il n'aurait pas manqué de le faire si ses origines étaient de haute condition. Il peut tout aussi bien être issu d'une famille modeste ou bien de simples militaires qui sous la XVIIIe dynastie était la caste montante.

Comment expliquer l'attitude et les décisions prises lorsqu’il fut au pouvoir si auparavant il n'avait pas eu connaissance de la société, des rites et des croyances précédant l'expérience amarnienne ? Né vers le milieu du règne d'Amenhotep III, il peut effectivement commencer sa carrière sous Akhenaton et devenir l'un des douze plus grands personnages de l'Etat.

La montée vers le Trône

Il semble que la carrière d'Horemheb ait débuté sous le règne d’Akhénaton et que son ascension ait été par la suite rapide.

Nicolas Grimal affirme que la carrière politique d'Horemheb commence sous le règne de Toutânkhamon, où il est représenté à son côté dans la chapelle de son tombeau à Memphis. Avec Aÿ II, Horemheb est au début du règne du roi, responsable du déménagement du gouvernement d'Akhetaton d’Amarna à Memphis afin de renter dans les bonnes grâces du clergé d'Amon de Thèbes.

Certaines sources attestent qu'il était au début de sa carrière un scribe royal. Cadre militaire et officier de l'armée du roi, son influence politique grandit sous le règne de Toutânkhamon, dont il devient le conseiller et secrétaire particulier.

Par la suite Il nommé député du roi sur toute la terre, charge apparenté à celle de ministre des affaires étrangères. A la tête de l'armée, il porte les titres de Supérieur des généraux du Seigneur des Deux-Terreset Généralissime, qui sont charges militaires les plus élevées du pays.

En tant que tel, il conduit une mission diplomatique pour consolider les relations avec les Gouverneurs de Nubie. Son action aura pour résultat la visite officielle du prince de Miam le fils royal de Koush Houà la cour de Toutânkhamon. Cette visite accompagnée de riches tributs est représentée dans son tombeau de Thèbes.

En tant que supérieur des recrues du Maître des Deux-Terres, il organise également des expéditions dans les carrières pour transporter les matériaux de construction nécessaires pour restaurer les temples, autrefois fermés sur ordre d'Akhénaton. Ces expéditions demandaient une main d'œuvre nombreuse qui était en temps de paix fournit en grande partie par l’armée.

Horemheb reçoit ensuite à Memphis le titre honorifique de prince royal (prince repâ), qui le place à la tête du gouvernement du pays devant les vizirs.

À la cour de Memphis, il fait partie du conseil privé du roi qui siège au palais et administre le pays. On y trouve de grandes personnalités, telles que le trésorier Maya, le grand prêtre de Rê Meryrê, le père divin et général Aÿ. C’est durant cette période qu’Horemheb se fait édifier à Saqqarah un très grand et très somptueux monument funéraire qui retrace à grand renfort de détails son illustre carrière. Il révèle également la présence à ses côtés de deux épouses ; le nom de l'une ne nous est pas parvenu ; l'autre, nommée Amena, est parée du titre de prêtresse d'Amon.

Quand en -1327Toutânkhamon meurt à 19 ans sans laisser d’héritier (il n’a eu que deux filles mortes-née), Horemheb est occupé à maintenir les frontières orientales de l'empire, c’est donc Aÿqui en son absence organise les cérémonies funéraires du Roi qui vont durer 70 jours.Très rapidement « quelques jours » il se déclare Roi prenant ainsi Horemheb de vitesse. Pour certains égyptologues il a légitimé son accession à ce trône en épousant, Ankhsenamon.

Un texte hittite rapporte que sa veuve Ankhsenamon supplia le roi hittite Suppiluliuma de lui envoyer un fils pour l’épouser et monter sur le trône. Appelée hemet nesou « épouse du roi », dans le texte hittite il pourrait également s'agir de Méritaton. Le roi hittite accepta la proposition et fit partir le prince Zannanza, lequel n'arriva jamais, manifestement assassiné. Cela entraîna les deux pays dans une guerre qui dura plusieurs décennies.

Son règne

Titulature

                                                                                                                  Nom de roi                   Nom de Naissance

Il est clair qu’ Horemheb était un homme ambitieux, mais il semble qu'avec la prise de pouvoir d'Aÿ II, il fut pour un temps évincé de la gestion de l'État et de son poste de Général en chef de la cavalerie. A la mort d’Aÿ Horemheb alors âgé entre 45 et 50 ans réapparait et s'empare du pouvoir dans des circonstances qui restent encore très floues. Selon certaines sources, il usurpe le trône à Nakhtmin, le fils d'Aÿ II, avec l’aide des Prêtres d'Amon. Pour d'autres, il est considéré par ce dernier comme son héritier et prend naturellement sa suite.

Lorsqu’il accède au pouvoir, il épouse la princesse Moutnedjemet, sœur de Néfertiti, représentée sur les parois de certaines tombes d'Amarna. Elle décédera avant lui sans avoir donné d'héritier au royaume. Parvenu au trône. Horemheb délaisse sa tombe memphite dont le décor reste inachevé, et se fait aménager une sépulture dans la vallée des Rois. On ne sait quelle raison le poussa à utiliser la tombe de Saqqarah pour y ensevelir son épouse. Bien que pillée dans l'Antiquité, elle a livré un fragment de vase en calcite inscrit au nom de la « chanteuse d'Amon. Épouse royale, Moutnedjemet », les restes d'une dépouille féminine, décédée vers l'âge de trente-cinq à quarante ans, attribuée à la reine, et une statuette de celle-ci dont un vase canope provenant de la région memphite se trouve par ailleurs au British Museum.

Protégé d'Horus, Horemheb est distingué par Amon qui lui confie la fonction monarchique. Le texte dit « du Couronnement »,le présente comme un enfant prédestiné. Plus tard, après qu'il eut géré le pays durant plusieurs années « désirant dans son cœur que son fils fut établi sur son trône »,Horus lui ordonna de se rendre à Thèbes, au temple d'Amon à Karnak, où il l'accompagna en effigie « pour l'introniser en présence d'Amon, lui transmettre la fonction monarchique et déterminer la durée de son règne ». Cet épisode capital se déroula lors de la sortie processionnelle d'Amon pendant la fête d'Opet célébrant l'union du dieu avec sa parèdre, Moût. Amon « se dirigea vers cet officiel, le prince qui est à la tête du Double Pays, Horemheb. » le distinguant ainsi de façon oraculaire parmi la foule.

Réorganiser le royaume

Les dix années de règne de Toutankhamon suivies des quatre autres du roi Ay ont permis à ces souverains et à leurs administrations de rouvrir les sanctuaires fermés par ordre d'Akhenaton, de les doter et de les embellir. Horemheb qui ne tirait sa légitimité que des seules interventions d'Horus et Amon ainsi que de son mariage avec la princesse Moutnedjemet dut satisfaire l'opinion publique autant que le clergé et l'administration.

La réorganisation politique

Il refait régner l'ordre dans le pays et améliore les conditions de vie du peuple, alors dans une très grande misère. Un édit de 38 lignes (Décret d’Horemheb), figurant sur une stèle retrouvée à Karnak énumère les nombreuses actions conduites par Horemheb dans le domaine de l'administration et de la justice. Pour défendre et protéger le peuple contre les privilèges, les vols, la corruption et le pouvoir des fonctionnaires qui avaient commencé sous le règne Amenhotep IV

Ainsi le roi ordonna-t-il la suppression d'impôts, de taxes et de corvées, réforma la justice qu'il voulut respectueuse des instructions du Palais et des lois du Tribunal, gratuite, intègre et incorruptible. Parmi ces arrêtés, l'un est pris pour la protection des bateaux utilisés par les particuliers afin d'exécuter les corvées dues au roi un autre expose le mode de rétribution de la garde palatine ou prend des dispositions protocolaires concernant le service de Cour. Le texte vise à réprimer les abus et à assurer le retour de l'ordre mais ne fait aucune allusion à des désordres dus à l'épisode amarnien. Il est pourtant à situer au début du règne, sans doute dans les premiers mois de celui-ci. Il instaure une série de mesures répressives et de châtiments pourles personnes coupables d’abus de pouvoir de corruption. (Réquisition illégale de bateaux et d'esclaves, le vol de cuirs de bovins, l'imposition illégale de terres agricoles privées, la fraude dans l'évaluation de taxes). Les fonctionnaires reconnus coupables avaient le nez coupé, puis étaient exilés, tandis que les soldats qui avaient volé étaient soumis à une centaine de coups de fouet.

Il réorganise l'administration, les tribunaux, le trésor, il place le pouvoir juridique de la Haute et de la Basse-Égypte entre les mains de deux Vizirs, un basé à Thèbes et l'autre à Memphis. Le Vizir de Basse-Égypte,( Paramsès) devint plus tard Ramsès I

En l'an 7 de son règne, la communauté des artisans chargée de creuser, décorer et inscrire la sépulture royale est restructurée sous la forme de l'institution de la Tombe. Deux graffiti en hiératique, tracés sur l'un des murs de l'antichambre de la tombe de Thoutmosis IV, sont datés de l'an 8 d'Horemheb. Le premier explique que la tombe pillé, et endommagé par des voleurs a été restaurée par l'architecte royal Maya. Le second graffiti, inscrit en plus petit et à côté, atteste la présence lors de cette inspection de son assistant, le maire de Thèbes, Djéhoutymès. Il faut aussi probablement attribuer au roi la remise en ordre de la tombe de Toutankhamon visitée par des voleurs peu de temps après ses funérailles, action dont s'acquitta probablement le même Maya scellant par deux fois la tombe.

La réorganisation militaire

Etant plus militaire que politicien, Horemheb après avoir effectué ses premières réformes, va réorganiser l'armée. Pour mieux la contrôler il va la diviser en deux commandements distincts, un pour la Basse-Égypte et un pour la Haute-Égypte. Après la politique étrangère désastreuse d’Akhénaton, l'Égypte contrôle difficilement le pays de Canaan. Horemheb, mènera des opérations militaires pour poursuivre et finir les actions engagées sous le règne de ses prédécesseurs.

Ses campagnes, sont très controversées. Une grande partie est connue par les annales Hittites de Moursil II. C’est en particulier, la campagne militaire qu’il dirigea dans la région Karkemish, (-1321-1295) et la campagne en Palestine contre les bédouins Chassous qui avaient traversé le Jourdain et menaçaient le commerce Égyptien. Dans ces annales on apprend que profitant d'une épidémie de peste qui ravageait le pays Hatti, Horemheb signa un traité avec l'Empereur des Hittites Moursil II.

Une autre source donnée par des reliefs du Xème pylône à Karnak donne la preuve d'une campagne en Syrie/Palestine, et d’un éventuel traité de paix effectué au cours de son règne.

Horemheb faisant une offrande à Amon – Xème Pylône - Karnak

 Bâtir des temples, louer les dieux

Les constructions édifiées sous le règne d'Horemheb sont nombreuses malgré les ravages du temps et des hommes.

Karnak, il fait construire les pylônes 2, 9,10 en utilisant le remblai et les pierres provenant du temple du soleil d'Akhenaton à Amarna.

Assiout il fait faire d'importants travaux dans le temple d'Oupouaout « Celui qui ouvre les chemins », qui est le dieu tutélaire de la ville d'Assiout. Une stèle découverte sur le site en décrit la réalisation.

Avaris il fait faire d’importants travaux de restauration et d'agrandissement du temple de Seth et met en place une base militaire dont la position stratégique protège le Delta oriental.

Héliopolis de nombreux vestiges à son nom ont été découverts, ils ont malheureusement été réutilisés comme matériaux pour la construction des mosquées du Caire.

Gebel el-Silsileh Horemheb renoua avec l’antique tradition du temple-caverne. Dédié au Nil, à Thot et aux plus grands dieux du panthéon il est situé à soixante-cinq kilomètres au nord d'Assouan. La façade du monument s’ouvre sur l'extérieur par cinq portes donnant accès à une salle rectangulaire au plafond voûté formant une sorte de longue galerie. Un petit corridor conduit au sanctuaire carré où sept divinités trônent assises dans une niche au fond de la paroi.

Gebel el-Silsileh 

Gebel Adda ▪ il fit édifié un petit temple sous la roche (Spéos) dédié à Amon-Rê, Khnoum et Thot, en Basse-Nubie, sur la rive orientale du Nil entre la 1ère et 2e cataracte, Juste au- dessus de la surface de l' eau, la porte d'entrée taillée dans le grès conduit un hall central et deux chambres secondaires. Il y a plusieurs scènes montrant Horemheb devant un assortiment de divinités. Il y a aussi plusieurs scènes montrant des prisonniers de guerre. Une scène intéressante montre Horemheb étant nourri par une déesse. Habituellement, cette déesse serait soit Isis ou Hathor, mais ici la déesse semble être Taweret. Dans une autre scène Horemheb est représentée sur un palanquin porté par environ 12 hommes

Louxor Temple d'Amon-Min, il fait terminer une colonnade commencée sous Amenhotep III et réinscrit son cartouche sur les reliefs de Toutânkhamon.

Saqqarah : Il se fait édifier, alors qu'il n'est pas encore Pharaon, un très grand somptueux tombeau. Devenu Roi il demandera à son architecte Maya de le transformer pour sa deuxième épouse Moutnedjemet. Cependant il est probable qu’elle soit enterrée à Memphis dans un autre magnifique tombeau érigé également pour Horemheb.

Médinet Habou : Il agrandit considérablement le temple funéraire d'Aÿ II qu’il reprendra à son compte.

Vallée des Rois : Il se fait construire la tombe KV57

 

Ses sépultures

La tombe memphite aménagée à Saqqarah pour Horemheb alors général : Voir l'article

Sa dernière demeure KV 57 dans la Vallée des rois : Article en construction
 

 

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