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LES FAUSSES PORTES

Metropolitan museum of art Upper Egypt, Dendera agrandir

Les Egyptiens croyaient que l'âme du défunt pouvait librement entrer et sortir de la tombe par une fausse porte. Les textes inscrits sur les montants proclament les bonnes actions et les réalisations des propriétaires.

Origine - Evolution

A l’époque thinite (-3000-2700)c’est un simple renfoncement du mur extérieur Est de la façade du tombeau qui est l’amorce de la future chapelle. Progressivement, ce renfoncement se creuse dans le massif maçonné du tombeau et devient une chapelle ornée de représentations et d’inscriptions. Au cours des siècles suivants, la chapelle s’enrichit d’annexes qui se multiplient pour à la fin de l’Ancien Empire (VI ème dynastie), devenir de véritables appartements funéraires comprenant autant de chapelles que de membres de la famille.

Sous la pyramide à degrés de Djéser (-2686-2613) des appartements souterrains abritent un ensemble remarquable de stèles fausses portes garnies d’un revêtement de faïence vernissée bleue. Les scènes sculptées dans l’embrasure de ces portes factices représentent le roi accomplissant certains rites jubilaires. Dans la chapelle funéraire du mastaba du scribe royal de Djéser Hésyrê on trouve onze niches abritant des panneaux d’acacia ornés de bas-reliefs d’une finesse exceptionnelle. Elles sont l’archétype de la stèle fausse porte destinée aux particuliers.

La stèle pancarte (slab stela) Au début de la IVe dynastie (-2613-2498) la fausse porte évolue. Dans les chapelles de certains mastabas de la nécropole de Giza, à l’ouest de la pyramide de Chéops on y trouve plusieurs exemplaires de stèle pancarte » en effet des amorces de chapelles, aménagées en façade des tombes, garnies d’une «représentant le défunt attablé devant un guéridon garni de pains et entouré d’inscriptions énumérant des listes d’offrandes nécessaires à sa survie éternelle (scène du banquet funéraire). Cette scène se retrouve ensuite figurée systématiquement sur les linteaux des stèles fausses portes de type classique

La stèle fausse porte classique peut être double, selon le degré d’importance du défunt ou, lorsque la seconde est consacrée à son épouse. Dans les mastabas les plus complexes on trouve au moins une stèle fausse porte par chapelle aménagée selon le nombre de membres de la famille ou de couples inhumés en sous-sol. Le simulacre d'ouverture de la porte est constitué par la mince fente située en bas au centre. Elle est généralement encadrée d'un tore enveloppé de lanières et surmontée d'une corniche incurvée. Ses couleurs (rouge, bleu vert)transposent dans la pierre les constructions en matériaux légers des vivants.

 

  Linteau fausse porte de Neferiu

Passage entre deux mondes

Elément essentiel de la tombe, la fausse porte permet la communication entre le monde des morts et celui des vivants. Par la magie d’une stèle en forme de porte et du pouvoir de ses textes sculptés sur ses montants et son linteau, elle constitue un véritable passage pour l’âme du défunt. La paroi de la chapelle devenant alors une simple séparation entre les deux univers. Cette conception n’était pas nouvelle. Il est probable qu’elle animait déjà les croyances des chasseurs du paléolithique lorsqu’ils ornèrent les parois de certaines grottes de représentations d’animaux sauvages, plusieurs dizaines de millénaires avant les anciens égyptiens.

La fausse porte était placée contre la paroi Ouest de la chapelle (ou le soleil se couche pour entrer dans le domaine des morts). Elle s’ouvrait donc à l’Est ((ou le soleil se lève dans le monde des vivants)). A ses pieds, on disposait une lourde table de pierre, sculptée en forme de plateau, sur laquelle les prêtres disposaient les offrandes destinées à la survie éternelle du défunt (nourriture, boissons, étoffes, parfums), chacun des cinq sens étant ainsi sollicité. L’âme venant symboliquement du monde des morts, prenait possession des offrandes et rechargeait son énergie vitale nécessaire à sa survie éternelle. Le simulacre d'ouverture de la porte est constitué par une mince fente située en bas au centre de la stèle. Elle est généralement encadrée d'un tore enveloppé de lanières et surmontée d'une corniche incurvée. Ses couleurs (rouge, bleu vert)transposent dans la pierre les constructions en matériaux légers des vivants.

L’ensemble est très souvent surmonté d’une corniche typique, la « corniche à gorge », transposition pétrifiée de feuilles de palmier assemblées et plantées au sommet des murs d’argile des maisons et sanctuaires préhistoriques. De même, les montants verticaux de la porte simulée sont entourés d’un bourrelet appelé « tore d’angle », rappel des liasses de tiges de roseau liées qui protégeaient les angles des murs de ces antiques constructions des chocs et de l’érosion éolienne.

Stèle fausse porte de Mérêrouka,

 

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En son centre une niche abrite la statue de Mérêrouka. Debout, dans l’attitude du marcheur, il sort du royaume des morts pour recevoir ses offrandes. Sa main gauche tient un rouleau, signe de sa haute charge royale. Il est paré d’une perruque ronde bouclée, d’un lourd et volumineux bijou lui couvrant les épaules et de bracelets aux poignets. À ses pieds se trouve un petit escalier menant à la table d’offrande en forme du signe hotep. La niche est encadrée par des textes indiquant les formules à réciter en l’honneur du mort ainsi que le détail des offrandes qui fallait lui porter pour lui assurer une vie prospère dans l’au-delà

 

 

 

 

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