French English German Italian Spanish

LE LIVRE DE L’AMDOUAT

La 9ème Heure

A la neuvième heure, nous arrivons dans des contrées infernales qui ne sont guère faciles à comprendre pour notre esprit moderne. On n’est plus dans un cimetière de dieux, quoique nous retrouvions bien des choses qui rappellent le sujet de l'heure précédente et sont en rapport avec les cérémonies prescrites dans le rituel funéraire. De nombreuses divinités procurent du bien-être aux défunts en transmettant des offrandes à leurs âmes pour satisfaire leurs besoins en aliments et en boisson. On assiste à la régénération du dieu et à sa protection contre ses ennemis.

1er Registre

 

(1) Douze divinités debout sont animées par les paroles magiques de Ra et transmettent à Osiris la vie et la force. (Les quatre autres (5) sont représentés au 2ème Registre).Ici, la barque (2) n'est plus ni remorquée ni halée: elle vogue de nouveau en pleine eau, mue par les rames de douze divinités stellaires qui, faute de place sur la barque elle-même, ont été représentées devant elle, marchant et tenant à deux mains leur aviron (3) On a représenté ici que quatre rameurs , les autres ont été représentés dans les autres registres (6)

 

Sur l'autre rive, conduit par Horus momiforme, debout sur les sables de la Douat, neuf dieux (4) (8)   tenant à la main des bâtons tordus représentent les fellahs, les cultivateurs du nome.leurs rôles et de faire apparaitre les arbres et les plantes dans ce lieu

2ème Registre

 

5 Les quatre autres divinités féminines 6 Les rameurs 7 Deux des douze uraeus femelles qui éclairent les ténèbres et vivent aussi du sang de ceux qu'elles décapitent 8 les dieux agraires

3ème Registre

 

9- Douze personnages momiformes sont juchés sur le hiéroglyphe des étoffes 10- Les deux derniers rameurs 11 Trois grandes corbeilles. Les deux premières contiennent une momie d'épervier à tête humaine et une momie à tête de bélier, la troisième, une vache couchée. Ces entités sont des images de l'abondance qui règne dans cette contrée dont les habitants reçoivent de Ra les provisions dont ils ont besoin. 12 Devant les trois corbeilles, un dieu momiforme personnifie les offrandes divines. 13- Les dix uraeus femelles restant

 

La 10ème Heure

Le Soleil, redescendant vers le Sud, se trouve, à partir de dixième heure dans la pleine contrée d’Héliopolis. C'est Rê lui-même qui en est le prince réel, sous sa forme de Khépri, qui va peu à peu s'unir au dieu mort, et enfin le supplantera pour se lever resplendissant. La barque solaire semble de nouveau avancer toute seule, précédée d'une longue procession. Elle navigue paisiblement tandis qu'une troupe fortement armée assure sa sécurité en repoussant une nouvelle fois le Terrifiant de visage. Les ruses et la magie de Thot permettra à l'œil d'Horus de redevenir sain et sauf après l'agression dont il a fait l'objet, dans les Heures précédentes.

1er Registre

(1) Le scarabée noir Khépri, sous la garde d'un génie, prépare sa naissance en poussant devant lui une boule de sable dans laquelle il a enfermé l'œuf d'où il renaîtra. (2) Plus loin, deux serpents Mehen adossés portent sur leurs têtes le disque solaire. Ils sont entourés de deux déesses enfants, assises sans sièges, portant les deux couronnes d’Egypte. (3) Plus loin, deux déesses dans la même position adorent un disque solaire posé sur une grande hache fichée en terre. Ces quatre déesses sont les âmes des serpents et de la hache, qui en sortent pour accueillir les âmes des défunts arrivant avec le dieu.

 

(4) Thot cynocéphale et momiforme est assis sur un trône invisible tenant à deux mains l'œil d'Horus. (5) Vers lui s'avancent deux groupes de quatre déesses, dont le rôle est d'examiner l'œil d'Horus, de juger s'il est en bon état, et de le protéger. En avant se trouvent encore deux groupes de génies, les uns marchant, (6) les autres momifiés, (7) respirent grâce au souffle qui est dans la bouche du Grand Dieu. Ils sont destinés à le suivre à le débarrasser de ses ennemis.

2ème Registre

(1) la barque est représenté sans changement depuis la 7e Heure.  (2) Un épervier noir se tient dans les replis d'un serpent extraordinaire dont les deux têtes sont surmontées des deux couronnes de l'Egypte. Chaque tête et regarde une déesse coiffée de la même couronne. Le serpent comporte deux paires de jambes humaines marchant en sens inverse et représente un des décans du ciel égyptien, chargé de précéder le soleil jusqu'à son lever. .  

(3) Un serpent allongé dans une pirogue surveille les ténèbres de cette contrée. (4) Un cortège de douze génies précèdent le dieu pour anéantir ses ennemis, il est divisé en trois groupes de quatre personnages, les premiers armés de flèches et portant un disque solaire en guise de tête, les autres munis de javelots et d'arcs.

3ème Registre

La plus grande partie du registre est illustré par l'abîme de l'océan céleste, ou l’on aperçoit une douzaine de noyés réparti en trois groupes. Horus sur la berge debout et appuyé sur un bâton, leur adresse par des formules magiques des vœux de bien-être et de réconfort car son père Osiris a sans péri de la même façon. Tous les noyés jouissent de privilèges importants dans l'au-delà.

Plus loin, une tête de Sheth montée sur un sceptre, est suivi par quatre déesses qui ont la tête surmontée de serpents chargés d'éclairer le grand dieu dans les ténèbres jusqu'au lever du soleil.

La 11ème Heure

Le caractère de cette contrée se rapproche beaucoup de l'idée moderne de l'Enfer : avec ses morts cuisant dans des fournaises sans cesse attisées, elle forme bien la contrepartie du nome précédent où les justes nagent paisiblement dans des eaux fraîches.

1er Registre

 

Les cycles éternels sont évoqués dès le premier dieu de ce registre par le maître de l'éternité (1) à deux têtes qui regarde vers le passé et l’avenir. Devant lui marche un serpent ailé (2) muni de deux paires de jambes. Ce serpent représente le corps d’Atoum. Le personnage qui sort du dos du serpent (3) est l’âme d’Atoum qui apparaît au passage du soleil. Sa tête est surmontée d'un disque flanqué de deux oudjats. La divinité momiforme (4) assise sur le dos d'un serpent précédé de dix étoiles, est l'Éternité qui avale ses images, expression désignant les dix heures qui viennent de s'écouler.

 

(5) Enfin huit uræus, réunis par couples, servent de siège à quatre déesses, dont la nature est à demi terrestre, à demi infernale : si leurs corps sont encore dans la Douat, leurs têtes sont à la surface de la terre, elles abritent leur figure avec leur main contre le vent frais qui souffle au lever du soleil. (A noter que ces déesses devraient se trouver à la 12ème heure)

2ème Registre

 

La barque s'avance à la lueur de l ‘uraeus-lumineux, gros disque rouge fixé sur la proue et servant de phare dans les ténèbres. Le halage recommence : il ne se fait plus avec une corde, mais au moyen d'une des formes du serpent Mehen lui-même dont la queue se fixe à l'avant de la barque et dont le corps s'allonge indéfiniment au-dessus de douze personnages qui chacun le saisissent à deux mains ; ils s'avancent, portant Mehen, jusqu'à la limite de l'heure, puis rentrent dans leurs demeures ténébreuses.

 

Ils sont précédés par les deux couronnes, rouge et blanche, de l'Egypte, portées sur le dos de deux uræus : ces couronnes sont douées d'une âme qui, au passage de Ra, se montre sous la forme d'une ou de deux têtes humaines. En tête du cortège marchent quatre formes de la déesse, Neith : (enfant, reine de Haute-Egypte, reine de Basse-Egypte et Neith fécondé).

3ème Registre

 

Sur l'autre rive nous voyons ce qui donne à ce nome son nom de « bouche du cercle qui juge les corps ». C'est bien le jugement des impies que ces six brasiers, où des corps humains, des membres, des ombres, subissent le martyre du feu. Chaque bûcher est gardé par une déesse armée d'une épée flamboyante et vomissant des flammes; seule la dernière fournaise n'est pas surveillée et ne brille plus : elle renferme quatre personnages entièrement anéantis, renversés la tête en bas. Appuyé sur un bâton et brandissant son sceptre, Horus dirige ces tourments, et devant lui Set, sous la forme d'un serpent, attise les brasiers en y jetant les flammes de sa bouche.

Plus loin s'avancent quatre déesses, portant sur la tête le signe des pays ? d'où s'échappent, pour deux d'entre elles, des flammes; elles représentent probablement quatre quartiers de cette zone, et correspondent aux quatre déesses portant des uræus, qui terminent le registre inférieur, dans la zone des eaux qui précède. Derrière elles marchent encore un ou deux génies.

 

La 12ème Heure

Cette heure est conçue sur le même plan que les autres et continue le développement de leurs doctrines sur l'enfantement du soleil ; ce n'est plus l'Amdouat proprement dit, c'est le ventre même de Nout qui en fait la conclusion ; cette contrée qui unit le ciel et l'enfer est donc la plus importante de toutes, sinon la plus ancienne ; si nous ne la retrouvons qu'exceptionnellement figurée sur les sarcophages et les textes monumentaux, c'est parce qu'on l’écrivait essentiellement sur papyrus car hormis les personnages importants la grande majorité des égyptiens étaient, trop pauvres pour pouvoir écrire un exemplaire entier du Livre de l'Amdouat dans leur tombe

1er Registre

Sur la rive du fleuve, douze déesses, portent à l'épaule un uræus. Ceux-ci vont repousser et châtier le serpent Apophis en crachant du feu. Suivent douze dieux adorateurs de Rê qui lui adressent un hymne racontant la participation d’Isis et de Nephtys dans la résurrection d'Osiris.

2ème Registre

Le gros scarabée noir de Khépri (1) est venu se poser à l'avant de la barque qui ne vogue plus sur le fleuve. Elle doit passer dans le corps d'un gigantesque serpent (3), appelé la Vie des dieux. Elle entre par sa queue pour ressortir par sa bouche. C'est dans ce reptile, image du renouvellement,  " il à la faculté de changer de peau tous les ans ", que Khépri va se substituer au corps mort du Grand Dieu. Pour effectuer ce passage, la barque est halée par douze dieux (2) , qui après avoir traversé avec lui tout l'enfer, vont renaître à l'Orient ,rajeunis puis passer la journée sur la terre et enfin  venir   se remettre sous sa protection le soir. Apres que la barque soit sortie par la bouche du serpent,douze déesses (4) viennent remplacer les haleurs. " Les treize déesses (nombre inhabituel) sont des forces cosmiques produisant vent et calme, tempête et pluie" .Elles traînent la barque au  terme de sa course, à l'extrémité de l'Amdouat ou  la momie d'Amon-Rê (5) est jetée dans un coin comme un objet inutile. Seul, le scarabée (6) s'envole vers Chou qui va le faire renaître et le placer dans soleil resplendissant sur la barque du matin. (7) Du dieu Chou,  on n'aperçoit que sa tête et ses deux bras étendus scellant la Douat, tandis que le reste de son corps est sur terre ; il préside à l'enfantement du soleil qui sort, sous forme d'un scarabée entre les jambes de Nout.

3ème Registre

Quatre divinités (8) (deux couples primordiaux d'Héliopolis)président à la naissance du soleil. Deux groupes divinités (9) de quatre dieux armés de rames, défendent Rê contre Apophis, ils sont séparés par un serpent dressé divinités (10) crachant des flammes. Enfin, dix dieux divinités (11) adressent des louanges à Osiris dont la momie surnommée l'image de la Chair est abandonnée dans un recoin

Fil de navigation