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Complexe Al Ghouri

Al Ghouri

Il est l’avant-dernier des grands sultans mamelouks, il a régné de 1501 à 1516 sur l'Égypte, il décède à l’âge de 75 ans après la bataille de Marj Dabiq au nord de la ville d'Alep en 1516

Il a déjà soixante ans au moment de son accession au trône. Il commence son règne en exigeant un versement anticipé de dix mois des impôts car les caisses de l’État sont vides. Il se sert des sommes collectées pour la restauration de ses forteresses et du Caire qui retrouve son lustre. Ces dépenses mécontentent la population opprimée par les impôts. « Bien que renommé pour sa cruauté et son despotisme, il était également connu pour son amour des fleurs, de la musique, de la poésie et de l’architecture ». Il retrouve sa popularité en rétablissant la coutume de la procession du palanquin abandonnée par ses prédécesseurs. Il achète de nombreux esclaves pour se constituer une armée toute à sa dévotion et échapper ainsi à l’influence des autres émirs. Son armée bien que renforcée a perdu la supériorité car le Sultan n’a pas su la moderniser.

1512 Son principal ennemi, le sultan ottoman Bayezid II est contraint à abdiquer par son fils Selim surnommé le terrible.

1514 : La guerre commencée entre les Ottomans et les Perses se solde par une victoire décisive de l’Empire ottoman. Une principauté vassale des Mamelouks est annexée par Selim. Al Ghouri demande à Selim de se retirer. Celui-ci refuse avec dédain. Le sultan se résout alors à préparer la guerre contre lui. Les préparatifs sont longs car l’argent manque.

1516 En mai, Al-Ghouri quitte Le Caire en grande pompe à la tête de son armée. En juin il arrive à Alep. Il reçoit alors une ambassade de Selim qui l’accuse d’alliance avec les Perses. Al-Ghouri, répond que Selim s’abstienne de toute hostilité envers les Perses. Selim en colère menace de décapiter l’envoyé des Mamelouks, il se contente de le renvoyer dans une tenue humiliante : rasé, coiffé d’un bonnet de nuit et monté sur un âne. La bataille a lieu à Marj Dabiq au nord d’Alep le 25 août 1516. Les Mamelouks sont rapidement défaits par l’armée ottomane beaucoup plus moderne, disposant notamment d'une puissante artillerie. Qânsûh Al-Ghouri meurt peu après la bataille d’une attaque d’apoplexie, à moins qu’il ne se soit empoisonné. Le Caire restera quarante jours sans savoir que son sultan est mort. Son corps ne fut jamais récupéré après la bataille d'Alep.

Le Complexe.

Le complexe Wékalet Al-Ghouri, qui se trouve au Caire fatimide, n'est pas la seule construction qu'il édifia ; c'est à lui qu'on attribue la construction du fameux souk Khân al-Khalili, qui représente toujours le meilleur exemple de marché traditionnel égyptien. Sa wakâla, elle, se trouve à l'intersection de la rue d'Al-Azhar et du quartier d'Al-Ghouriya, à quelques pas de la rue Al-Ghouriya. Deux orgueilleux monuments mamelouks s'élèvent de chaque côté de la rue. À droite (Est), se situe la mosquée-madrassa qui fut construite en 1503. La particularité de la mosquée réside dans son minaret, rouge et blanc, qui s'élève à 65 m. À gauche (Ouest), la wakâla est composée d’un mausolée, d’une salle appelée Khanqah, un maq'ad, un cimetière et un sabil-maktab qui font face à la mosquée de l'autre côté de la rue. L'intérieur reflète encore bien sa splendeur de jadis.

Les façades  des deux bâtiments sont scandées de bandes de pierre rouges et blanches. Les deux parties du complexe ne sont pas parallèles à l'alignement de la rue, ce qui définit une cour au contour inhabituel entre les deux bâtiments. En s'éloignant du tout premier plan, on trouve le bazar des textiles, composé de petites échoppes flanquées sur les parois des bâtiments. Pour chacune des échoppes, l'ouverture horizontale des deux volets, à un mètre du sol, permet pour l'un de servir d'auvent et pour l'autre de présentoir. Les étoffes des échoppes renvoient une diversité de couleurs.

Le complexe a été fermé pendant sept ans au public (1998-2005) afin d'être entièrement restauré. Des travaux importants ont été entrepris, notamment le creusement de onze puits, pour empêcher des infiltrations d'eau souterraine, le nettoyage des plafonds peints et dorés, le renforcement des fondations et l'assèchement d'une citerne de 1 500 m³ d'eau en forme de croix latine. Des sondages au sonar ont été pratiqués dans la salle Khanqah, sous laquelle l'épouse et la fille du sultan reposeraient. Ils ont mis en évidence des salles souterraines qu'il n'a pas été possible d'atteindre

La Wakâla

On entre à la wakâla par un énorme portail unique surmonté d'une demi-coupole et l'on se trouve ensuite devant un magnifique bâtiment aux murs en pierres finement sculptées. En fait, c'est l'un des plus beaux wakâla du Caire qui a résisté aux outrages du temps et des homes. Autrefois, c'était dans cette wakâla que s'effectuait le commerce de gros. Elle servait d'autre part d'entrepôt pour les marchandises et les produits avant leur distribution dans les boutiques ou leur exportation vers l'étranger ou le reste du pays.

Au rez-de-chaussée se trouvaient des magasins voûtés, qui étaient utilisés comme boutiques ou ateliers. En effet, la plupart des wakâlas du Caire étaient spécialisées dans la vente d'une marchandise, selon l'activité principale du marché où elle était située (café, tapis épices etc.). Au pied de la wakâla d’Al-Ghouri se trouvait le marché du textile et de la soie.

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Le bâtiment d’une une structure de cinq étages s'organise autour d'une cour centrale. Ses deux niveaux inférieurs sont en pierre et servaient de réserves pour les marchandises. Les trois niveaux supérieurs construits en briques, ils sont occupés par 29 appartements, chacun disposé verticalement pour former un triplex. L’accès se fait par un escalier menant de la rue au troisième étage. Ces triplex logeaient les commerçants ainsi que les gens de passage, (marchands étrangers, pèlerins, et voyageurs esseulés.) Dans la cour centrale il est encore possible d'admirer les danses et les chants religieux, trois fois par semaine.

- Le Mausolée

Le portail principal mène à un vestibule avec deux entrées en vis-à-vis, l'une sur le côté droit mène au mausolée et l'autre à gauche mène a une salle de prière avec trois iwans distribués uniformément autour de la partie surélevée et couverte d'une lanterne au Khanqah. Le mausolée sur le côté sud de l'intérieur a actuellement que sa base rectangulaire et zone de transition. Le dôme complètement effondré était en briques et recouvert de tuiles vertes, au début du siècle. Le mausolée n'est pas le lieu du repos éternel du Sultan, dont le corps ne fut jamais récupéré après la bataille d'Alep.

- Le Khanqah

Sur le côté gauche ou au nord de l'entrée se trouve le Khanqah, aucun logement ne lui est attaché. Les soufis y avaient leurs réunions, mais les logements ne leur étaient pas fournis. Cependant, quelques-uns leur étaient réservés de l’autre côté de la rue. Le Khanqah est une salle en forme de T avec un mihrab, décoré comme le mausolée et de la mosquée avec un dado de marbre polychrome et la chaussée. Chacun des trois mihrab du complexe a un modèle distinct de mosaïques de marbre.

- Le Sabil Kuttab

Au nord donnant sur la rue le Sabil-Kuttabmontre ses trois façades. Les Sabil-Kuttab sont, en fait, les fontaines traditionnelles qui étaient d'habitude construites au Caire par des bienfaiteurs de fondations charitables qui incluaient souvent une école publique religieuse. Au cours des années et parce que l'accès à l'eau était essentiel, beaucoup de sultans et nobles érigèrent leur propre Sabil-Kuttab, au point que vers la fin du 18ème siècle, il y en avait plus de 300. Quand le bâtiment de la fontaine contient aussi une école (Kuttab) au premier étage, il s'appelle Sabil-Kuttab. -

La Mosquée

La mosquée est suspendue et des échoppes avaient été aménagées sous celle-ci. Elles servaient de source de revenus pour la mosquée. Ainsi, l'entretien des bâtiments, le paiement de l'eau destinée aux ablutions et à la distribution aux plus pauvres, était assuré.

Le minaret de la mosquée a quatre étages, réplique exacte du minaret original de la mosquée Aqsunqur (la Mosquée bleue). Ce sont les deux seuls minarets du Caire dotés de quatre étages rectangulaires d'une hauteur considérable au lieu des trois étages habituels. Cette tour qui avait une structure supérieure à quatre têtes et a été le premier de son genre à être construit au Caire. Le présent sommet avec une structure à cinq têtes  est un ajout moderne après l'effondrement de la partie supérieure au XIXe siècle. L'intérieur est richement pavée et panneaux de marbre noir et blanc

Les colonnes à l'angle de la mosquée ont des chapiteaux de style copte et byzantin, indiquant que les artisans mamelouks imitaient conceptions préislamiques.

LEXIQUE

Khanqah (maison) lieu destiné à loger les spécialistes et savants religieux de l’islam (équivalent des couvents chrétiens

Kuttab ou Maktab est un type primitif d’école primaire qui enseigne aux enfants à lire et à écrire.

Maq‛ad. C’est le signe de fortune dans une belle demeure. Après la qā‛a, c’était sans doute la pièce dont le maître de maison se montrait le plus fier. A l’encontre de la grande salle, le maq’ad s’imposait aux regards, dès l’entrée dans la cour. Surélevé au niveau du premier étage, cette véritable loggia s’ouvrait entièrement sur la cour intérieure

Qā’a : Salon de réception

Riwâq : Arcade ou portique ouvert au moins sur un côté.

Sabils sont les établissements qui fournissent de l'eau fraîche gratuite pour les personnes qui sont assoiffés de passage.

 

Bibliographie

Behrens-Abouseif, Doris. Islamic Architecture in Cairo, Leiden: E. J. Brill, 1989.

Hillenbrand, Robert. Islamic Architecture. Edinburgh University Press. 1994.

Behrens-Abouseif, Doris. The Minarets of Cairo. Cairo: American University in Cairo Press, 1985.

Aga Khan Trust for Culture

 

 


 


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