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Mosquée Ibn Touloun

 Schmoranz, F - 1878

 Un peu d’histoire

La mosquée Ibn Touloun est la plus ancienne mosquée de cette ville qui soit dans son état originel et d'ailleurs le plus ancien monument islamique du pays. C'est aussi la plus vaste en termes de surface au sol. Elle se trouve non loin de la citadelle de Saladin et de la mosquée du Sultan Hassan. Elle a un minaret en forme de spirale qui rappelle celui de la Grande Mosquée de Samarra. Sa construction a été ordonnée par Ahmad Ibn Touloun, gouverneur abbasside d'Égypte, qui gouverna le pays de manière pratiquement autonome de 868 à 884. Selon l'historien Al Maqrîzî, la construction de l'édifice commença en 876 ; une inscription date son achèvement de l'an 265 de l'Hégire, c’est-à-dire l'année 879 de notre ère.

Touloun un esclave turc du gouverneur de Boukhara fut envoyé au service de la cour du Calife Al-Ma’mûn ‘Le Calife Al-Mamûn (Celui en qui on a confiance) était abbasside et régna de 813 à 833’. Celui-ci le promu au rang de prince après plusieurs années passées à son service.

Son fils, Ahmad, fit de longues études scientifiques et littéraires, apprit le Coran et la jurisprudence. Il fut nommé adjoint au gouverneur d’Egypte en 868. Après la mort du gouverneur, la direction de l’Egypte fut confiée à son beau-père qui le maintint à son poste. L’influence d’Ahmad Ibn Touloun augmenta progressivement jusqu’à ce que l’Egypte entière passe sous son contrôle.

En 868 Ahmad Ibn Touloun.devint le premier Sultan de la dynastie Toulounide et régna jusqu’à sa mort en 884. On peut considérer qu’il s’agit d’une des plus grande figures de l’Histoire de l’Egypte musulmane. Ahmad Ibn Touloun fit construire une immense mosquée sur un affleurement de roche appelé le Mont Yashkur, 879. Elle est la plus vieille à avoir préservé ses plans d’origine et ses éléments architecturaux.

Elle a subi plusieurs phases de restauration et de détérioration au même titre que les autres anciennes mosquées.

Vers la fin du douzième siècle de l’Hégire (XVIII ème siècle chrétien), la mosquée fut transformée en atelier pour la fabrication de gaines en laine et, au milieu du XIXe siècle, elle fut utilisée comme asile pour les infirmes. Lorsque que le Comité de Conservation des Monuments de l’Art fut établi en 1882, il sortit la mosquée de cette condition honteuse et entama des restaurations. En 1918, le roi Fouad Ier dirigea un projet de restauration complète ainsi que la démolition des bâtiments entourant la mosquée.

La mosquée consiste en une cour intérieure d’environ 92 mètres carrés, au milieu de laquelle se trouve un dôme supporté par un tambour octogonal reposant sur une base carrée, avec quatre entrées archées et une fontaine pour les ablutions au centre. Un élément curieux dans cette architecture est la présence d’une cage d’escalier menant au niveau du tambour, construite à l’intérieur du mur nord.

Visite

La mosquée mesure 118 mètres de large et 138 mètres de long. Elle est entourée, aux côtés nord, ouest et sud, par trois Ziyada dont chacune atteint 19 mètres de long. Le tout formant un carré de 162 mètres de côté. La toiture est soutenue par des arcs brisés où court un bandeau de bois sculpté en caractères kufiques transcrivant des sourates du Coran.

 

 

 

La mosquée fournit l'exemple le mieux préservé d'un Ziyada (Enceinte extérieure commune aux mosquées de la première période islamique. Le nom est dérivé d'un terme arabe qui signifie ajout ou une augmentation de la taille.

La qibla (l'orientation) était le mur qui servait à déterminer la direction de la prière dans la mosquée du Prophète à Médine. Il indiquait Jérusalem, puis plus tard la Mecque. Les fidèles se plaçaient en longues rangées face à ce mur, à la perpendiculaire.

La cour intérieure est entourée de quatre galeries, la plus profonde, celle du sanctuaire, est formée de cinq arcades, les autres galeries ne sont constituées que de deux arcades. Les arcades consistent en des voûtes pointues qui reposent sur des piliers rectangulaires, aux coins desquels se trouvent des colonnes de brique. Les quatre couloirs sont couverts de toits en bois moderne qui copient les fragments restants du toit d’origine. Sous le plafond se trouvent les fameuses frises boisées, gravées de versets du Coran en style coufique ancien.

 Au centre de l’extension ouest se trouve leminaret qui n’a pas son pareil en Egypte. La cage d’escalier extérieure de ce minaret vient très probablement du minaret d’origine de la mosquée de Samârrâ’. Le minaret actuel consiste en un étage inférieur de base carrée surmonté par un autre de forme cylindrique. Il est couronné d’un sommet octogonal avec un petit dôme cannelé. La structure mesure au total 40 mètres de haut. La partie inférieure est nue, à l’exception des entrées, tandis que la partie supérieure dispose d’une rangée de fenêtres avec des grilles en stuc aux designs variés et datant de diverses périodes, alternant avec des niches à toit cannelé. Le tout est couronné d’un sommet, comme sur les murs des extensions.

Anecdote . Ibn Touloun, qui était d'un caractère grave et qui ne se livrait jamais à l'oisiveté, enroula un jour autour de son doigt une feuille de papier. S'apercevant soudain de ce qu'il faisait et de l'étonnement de ses courtisans, il leur déclara : " Je voudrais construire le minaret de ma grande mosquée sur le modèle de ce cornet de papier ", et il demanda aussitôt à ses architectes de s'exécuter.   IBN DuqmâQ, historien égyptien, XVe siècle

A chaque entrée de la mosquée correspond une entrée au niveau des murs extérieurs des extensions. Celles-ci ouvrent sur les bazars menant aux portes de la mosquée. Une petite entrée, sur le mur de la Qibla, donne sur la Maison de l’Architecture qu’Ibn Touloun fit construire du côté est de la mosquée.

Au milieu du mur de la Qibla se trouve le mihrâb principal dont il reste la niche d’origine ainsi que les colonnes de marbre qui l’entoure de chaque côté. La baie située en face du mihrâb est couverte par un dôme en bois sur le tambour duquel se trouvent des fenêtres en stuc, percées et ornées de vitres colorées.

A côté du mihrâb se trouve une des plus belles chaires que l’on puisse trouver dans les mosquées du Caire. Elle consiste en une structure géométrique en bois dotée de panneaux gravés dont un grand nombre des panneaux aient été remplacés. Cette chaire est la plus vieille d’Egypte, après celle de la mosquée du Monastère de Sainte Catherine et celle de la Mosquée d’Al-`Atîq, à Qûs.

On peut encore voir la décoration en stuc autour des voûtes et des entrées, sous la frise en bois située sous le toit, et également sur les soffites de quelques voûtes, autour de la cour intérieure. Bien qu’elle ait été en grande partie restaurée, cette mosquée garde toujours son style toulounide.

 

 

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