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Les Souks du Caire

Souk de la soie 1839

Les souks par le passé se distinguaient notamment par leurs dômes et piliers massifs et monumentaux. Situé dans des rues commerçantes, dont l’activité économique était permanente et prenait place dans des boutiques fixes les souks prenait le nom de la marchandise principale qui s’y vendait.

Période fatimide 969 à 1171 et Ayyoubide, 1172 1250

Situés à la croisée des routes terrestres et des canaux fluviaux, le vieux Caire vit fleurir une multitude de boutiques sur les rives du Nil. Par la suite des souks spécialisés dans une marchandise furent crées à l’intérieur de la ville. Les rues portaient le nom du souk qui s’y trouvait comme qaysâriyya al ‘asal (la rue du miel), qaysâriyya al-bazz (la rue de la toile à tisser) ou encore le souk des lampes.

La très longue rue principale al-Qasbad’une largeur de huit mètres était la colonne vertébrale du Caire. Elleétait divisée en zones où se trouvait les principaux souks, chacun avait sa spécialité (des tentes, du cuivre, des parfums, etc.). Elle était traversée par des ruelles abritant des souks plus petits,(des tisserands, des bougies, des poulets, des armes, des cages, des drapiers, des sucreries, des savons, des coffres ou encore de la soie).

.Durant cette période les souks ont contribués à développer les vois commerciales maritimes e (Méditerranée, mer Rouge

Période Mamelouke 1250 1517

Les routes commerciales d’Orient qui traversait l’Egypte pour aller jusqu’en Europe augmentèrent considérablement les activités commerciales de l’Egypte. Une multitude d’auberges, d’hôtels de Khân(caravansérail)et de marchés furent construites. Ces auberges et hôtels accueillaient les commerçants musulmans venant du Châm (Cambodge Vietnam) avec leurs montures et leurs marchandises.

C’est en 1384, sous le règne d’al-Zahir Barquq qu’une auberge fut construitesur le lieu de sépulture des califes fatimides par le maître de cavalerie du sultan, l’émir Amir al-Khalili. En 1511 lesultan al-Ghouri démolit l'original Khan pour le reconstruire en y intégrant sa Wakâla et son complexe religieux qui existent encore aujourd'hui. Le nouveau kan se vit doté de rues perpendiculaires et de trois portes monumentales. De nos jours, seule Bab al-Ghouri, également appelée Bab al-Badistan (Badistan signifiant coton en turc) subsiste. On peut la voir à deux pas de la mosquée al Hussein

Souk du Cuivre  David Roberts 1839

Elle consiste en une arche ornée d'un magnifique décor sculpté dans la pierre. Le linteau est décoré de motifs géométriques en marbre blanc et noir au milieu duquel figure le blason du commanditaire. Orné de superbes motifs végétaux, un arc trilobé couronne l'ensemble. Trois moucharabiehs masquent les fenêtres.

Le quartier du khan fut négligé pendant la période ottomane, mais reprit vie sous Mohammed Ali Pacha (1805-1848). Au début du XXème siècle, des personnalités égyptiennes fréquentaient les cafés du khan lorsqu'ils étaient encore étudiants. Dans ses écrits, en Saad Zaghloul (1860-1927)a évoqué ses souvenirs du khan à l'époque où il étudiait à al-Azhar.

Le Khân al-Khalili d’aujourd’hui

Situé au cœur de la ville historique du Caire, proche des grandes mosquées al-Hussein et al-Azhar et bien que transformé considérablement aux XIXe et XXe siècles, il est considéré comme le plus ancien souk du Caire.

Il se compose d’un dédale de passages et de ruelles étroites, exclusivement piétonniers, où se succèdent de manière continue des artisans, des boutiques, des vendeurs de parfums et d’épices. Si vous y venez pour la première fois vous risquez de vous perdre, car c'est un labyrinthe d’allées, de culs-de-sac, d’étages, de sous-sols et des boutiques à perte de vue. Une multitude d'objets et articles exposés, abondants et chatoyants y sont disposés avec un art consommé.

Discuter, fouiner, marchander, palabrer, chiner autant de mots qui peuvent s'adapter à cet endroit où les gens sont souriants et prêts à vous faire croire que vous faites la meilleure affaire si vous avez la bonne idée de regarder vers leur boutique ou d’y toucher un article. Ils trouveront la phrase qui vous fera forcément sourire en vous inventant des formules magiques. Ils sont capables de dire quelques mots en français, anglais, allemand, espagnol, portugais, chinois, entre autres pour vous faire entrer dans leur caverne d'Ali Baba.

Au souk des perles, il est impossible de rentrer chez soi les mains vides, des milliers de perles pour tous les goûts, des fils de toutes les couleurs, de toutes les matières, des breloques vous y attendent.

 

Le quartier de Gamâliyya concentre l'essentiel des ateliers où l'on travaille le cuivre et la marqueterie. Le quartier d'al-Sâgha est spécialisé dans l’orfèvrerie. Les bijouteries, orfèvreries et joailleries représentent 30% des emplacements du souk. Les bijoux sont essentiellement en or, les parures, petits objets, boîtes, ainsi que de la vaisselle sont aussi façonnés en argent.

Le souk des étoffes (vêtements, linge de maison, les tapis, les chaussures, maroquinerie, blousons) est réparti diffusément dans tout le Khan. Leurs boutiques côtoient la vente des épices, des aromates, des parfums et des bougies. Vous trouverez également des boutiques de verre soufflé, d'objets en os et en ivoire, de statuettes de terre, d’antiquités.

Un autre groupe de commerces (cafés, restaurants, buvettes, pâtisseries)se concentrent sur les abords la place al-Husayn faisant de ce secteur un lieu animé jour et nuit. Vous pourrez y manger dans un endroit typique. Commandez des fallafels et installez-vous au Café El Fichaoui pour prendre une boisson ou des sandwichs ou une petite chicha entre amis dans le café préféré de l'écrivain Mahfouz !

Une autre opinion du Khan

C’est Khan El-Khalili, dont les guides de toutes couleurs vantent « les productions typiquement orientales », « la foule bigarrée » et « les odeurs épicées et entêtantes ». Eh bien non !les pierres précieuses du Khan sont fausses, archifausses comme ces pièces pharaoniques ou romaines qu’on vous a montrées avec mystère dans les arrière-magasins, ses colliers d’ambre sont en plastique et ceux de lapis-lazulis déteignent sur les robes. Ses parfums sont artificiels et viennent tous, sans exception, de France. Les petits marteleurs de plateaux de cuivre à frises de sphinx ou de chameaux, les fabricants de coffrets à cigarettes soi-disant marquetés de nacre, sont hâves et figurent parmi les travailleurs les plus exploités du pays. Enfin, le Khan empeste l’urine fermentée et l’écorce d’orange pourrie. »

Jean-Pierre Péroncel-Hugoz, « Le Caire : la douceur chaotique », Géo magazine 7, 1979

Bibliographie

Hal  archives ouvertes Anna Madoeuf : Le Khan al Kkalili

Le Khan al Kkalili discoverislamicart.org

 

 

 

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