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LE VIEUX CAIRE

 

1 Mosquée Amr Ibn El Aas   2 Eglise St Georges 3 Musée Copte 4 Eglise St Marie 5 Forteresse

Un peu d’histoire  

Le quartier du vieux Caire est établi sur l’ancienne ville de Fostat qui fut la première capitale de l'Egypte à l'époque omeyyade. Sur ses fondations se trouvait la forteresse de Babylone érigé en par l'empereur Auguste et agrandie en 97 par l'empereur Trajan. La religion chrétienne était la religion officielle du pays, les Egyptiens ne connaissaient pas encore la langue arabe et parlaient la langue copte.

La ville fut fondée en 642 par le général en chef du Khalife Omar, Amr Ibn El Ass, après qu'il ait soumis la Syrie et Jérusalem en 637. C’était à l’origine un simple campement de tentes protégé par un fossé abritant troupes groupées par tribus d’où son nom Fostat « Tente en arabe ». Par la suite, elle allait devint la toute première capitale de l'Egypte musulmane. Au 10ème siècle, un Iraquien visitant Fostat nous donne une description de Fostat : c'est une ville très grande, d’une superficie égale à un tiers de Bagdad; ses quartiers possèdent de splendides parcs verdoyants, d'énormes marchés, d'imposants centres de commerce.

Entre 969 et 985, d’autres descriptions, nous disent : « Je ne connais point en Islam de ville plus imposante... Al Fostat a éclipsé Bagdad… Elle est la gloire de l'Islam… Elle est le centre commercial de l'univers... Il n'est pas de port fluvial plus fréquenté par les navires que les siens ».

Au 11ème siècle, Nasir Ibn Khousrou décrit Fostat en disant «On y trouve des objets rares et précieux de tous les coins du monde. J'y ai vu des ouvrages en écaille tels que coffrets, peignes... J'y ai vu du Cristal de roche de toute beauté... J'ai vu des défenses d'éléphant provenant de Zanzibar...... J'ai vu des vases si brillants qu'on les prendrait pour de l’or…on y trouve des artisans venus d'Espagne, du Maroc, de Byzance, de Palestine, du Liban, d'Irak, d'Iran et même de Tiflis».

L'Egypte exportait du lin vers la Sicile et la Tunisie, recevait de la soie d'Espagne et de Sicile, des tissus de Tunisie et de Sicile, d'Iran ; les cuirs et peaux venaient de Tunisie. Les produits d'Orient passaient par l'Egypte : épices orientales, aromates, parfums et gommes, produits utilisés pour la teinture, le tannage ou le vernissage, métaux et pierres précieux. Ainsi que des produits chimiques et pharmaceutiques, alimentaires et agricoles (huile d'olive, savon, cire, sucre...) ». Peu à peu, Fostat va perdre son importance ; d'abord, avec son vizir Chawer qui va y mettre le feu pour décourager l'invasion des croisés. Suivront plusieurs époques de troubles, famines et pillages. Et finalement, c'est le Caire qui prendra de l'ampleur à partir de l'époque Ottomane au cours du 16eme siècle

Mosquée Amr ibn al-As

Erigée à partir de 642 par le fondateur de Fostat cette mosquée très rudimentaire était un petit édifice en terre crue, couvert d'une toiture de palmes supportée par des troncs de palmiers. Elle ne comprenait aucun mobilier, avait un sol en terre battue. Elle fut la première mosquée construite sur le continent africain. De nos jours la mosquée qui n’a cessé d’être restaurée jusqu’en 2002 mêle des éléments de différentes époques. Elle se compose d'une cour (sahn), enrichie d'une fontaine aux ablutions, et entourée par quatre portiques (riwaq). La salle de prière conserve ses rangées d'arcades portées par une véritable forêt de colonnes, la tradition assurant qu'aucune d'entre elle n'est véritablement identique à une autre, du fait des reconstructions successives. Porte d'entrée

Forteresse de Babylone

Construite face à l’île de Rhoda dès l’époque d’Auguste, elle fut agrandie par l’empereur Trajan (98-117) et fortifiée par Arcadius (395-408), elle est constituée de tours rondes et de bastions reliés par un mur en briques. Située à un emplacement stratégique, elle permet de contrôler le delta tout en dominant le point de passage le plus commode pour traverser le Nil, à la jonction entre la Haute et la Basse-Égypte. Lors de la conquête de l'Égypte, par les arabes en 639, elle est intégrée à la ville de Fostat tout en gardant son indépendance. Elle s’est transformée très tôt en enclave chrétienne et juive.

Eglise St Georges

L'église de Saint Georges, unique en son genre, est la seule église ronde en Égypte. Construite au Xème siècle sur une tour romaine de la ville fortifiée du nom de Babylone, l'église est rattachée au monastère de Saint Georges et est le siège du Patriarcat Grec d'Alexandrie. D’une forme exclusivement circulaire l’église impressionne par sa taille et sa forme d’une originalité peu commune. En effet, il s’agit bien de la seule église ronde en Egypte. Surmontée d’une coupole aux couleurs vives, ce lieu de culte doit son nom à l’un des saints les plus populaires du Moyen Orient qui fut exécuté en 303 pour avoir désobéi à un décret interdisant la pratique du christianisme. Quelques marches permettant d’accéder aux portes, cheminent en surplombant les ruines de l’ancienne tour où le bas-relief est flanqué d’une représentation de Saint Georges terrassant un dragon. L’intérieur s’orne de portraits du Saint accomplissant sa lutte pour le Christianisme.

Musée Copte

Fondé en 1910 par Marcus Simaïka pacha il est le plus riche musée du monde en art copte grâce à une collection de 16 000 pièces d’objets, de tissus, d’icônes, de manuscrits, d’artéfacts couvrant la période 300-1000. Près, disposées chronologiquement, sont exposées dans douze sections différentes. Le musée abrite une collection de textes de la période paléochrétienne, retrouvés en 1945, dont le plus célèbre est le seul exemplaire complet de l'Évangile selon Thomas. La vieille aile du musée abrite une collection de meubles en bois et de portes incrustées. On peut voir notamment l'écran en bois de sycomore de l'église de Sainte Barbara dont les panneaux ont été réalisés pendant la période fatimide, au cours du onzième ou douzième siècle. La nouvelle aile contient des objets faisant partie de l'héritage hellénistique et copte. La plupart sont ornés de motifs géométriques, de rouleaux de feuilles de vigne ainsi que des frises montrant des scènes rupestres et d'animaux tels que des lapins, des paons et des oiseaux.

L'Eglise Sainte-Barbe 

Sainte-Barbe est une martyre chrétienne. Fille d’une riche famille païenne, elle se convertit contre l’avis de son père au christianisme. Elle fut battue à mort par son père et ses reliques reposent aujourd’hui dans cette église. A l’intérieur de l’église, il y a comme une petite chapelle, séparée du reste de l’église par une cloison en bois avec une ouverture arquée, à l’intérieur de laquelle repose les reliques de Sainte-Barbe et dont les murs sont ornés de très belles icônes Coptes.

L’église Sainte Marie

On nomme L'église Al Moallaqa (suspendue) car elle fut érigée sur l’emplacement de la tour sud de la forteresse de Babylone. Elle est la plus célèbre église chrétienne copte du Caire construite au cours du patriarcat de Isaac (690-92) L'église a été en grande partie reconstruite par le patriarche Abraham (975-78) et a vu beaucoup d'autres restaurations dont une très récemment, ou le mobilier et les objets d'intérêt historique ne servant plus aux services religieux sont allé au Musée d'art copte. Au 11ème siècle, elle est devenue la résidence officielle des patriarches coptes d'Alexandrie.

L'église mesure 23,5m de long, 18,5m de large et 9,5 un escalier de 29 marches conduit à une cour ouverte. Dans la cour des mosaïques (  1    2  ) dépeignent le voyage de la Sainte en Égypte durant la chasse aux nouveaux-nés qui avait cours en Judée.

L'entrée de l'église sous un porche extérieur orné de motifs géométriques et floraux en relief. Elle a été construite comme une basilique traditionnelle à trois nefs, un narthex et le sanctuaire tripartite. Une autre chapelle, dénommée la petite église, a été construit sur la tour orientale de la passerelle sud de la forteresse de Babylone. C’est la partie la plus ancienne de l'église. Plus tard, au cours du 19e siècle, une quatrième nef a été ajoutée. Le corps principal a une nef et deux étroits bas-côtés, séparés par deux rangées de huit colonnes en marbre blanc (sauf une en basalte noir) empruntées à d'autres édifices, chacun avec une charpente voûtée.

Dans la nef une cuve aujourd'hui bouchée servait autrefois aux lavements de pieds du jeudi saint. Des trois haïkaïs « sanctuaires », celui du milieu est dédié à la Vierge, comporte un panneau de bois d'ébène incrusté d'ivoire datant du XIIe siècle, il est surmonté d'un registre de sept grandes icônes, (de saint Georges à saint Jean-Baptiste). Un ambon (pupitre où sont lus les textes sacrés) de marbre blanc et coloré, supporté par quinze gracieuses colonnettes, date du XIe siècle. Une petite porte en bois de pin incrusté de nacre conduit à une chapelle appelée la petite église qui est la partie la plus ancienne de l'ensemble actuel.

Aqueduc

C’est Saladin al-Ayyoubi qui lorsque il érigea les remparts du Caire eut l'idée d’y construire un aqueduc pour acheminer l'eau jusqu'à la Citadelle. Un canal fut aménagé au sommet du rempart. L’eau extraite des puits par des norias servait à la consommation des hommes et des bêtes et à l'irrigation des cultures

En 1312 BC, près de Fostat, le sultan Qalawun ordonna la construction d'une grande tour pour protéger quatre norias sur la rive du Nil (aujourd'hui près de la rue Qasr al-Aini). Ces norias élevaient l'eau jusqu'à un aqueduc constitué d'une série d'arches soutenues par d'importants piliers de pierre. Il suivait une légère pente afin de se connecter au système hydraulique de Saladin.

Le sultan Qaytbay (1468-1496) entreprit d'importants travaux de rénovation de cet ouvrage en 885 H / 1480 J.-C., de même que le sultan Qansuh al-Ghouri, qui restaura également la tour de la noria, sur laquelle il apposa son emblème. Il modernisa le système, l'eau se jetant dorénavant dans un bassin au pied de la citadelle avant d'être élevée par d'autres norias vers des citernes.

L'aqueduc resta en fonction jusqu'àu XIXe siècle. Il fut désaffecté lors de l'expédition française en Égypte lorsque les soldats français en transformèrent certaines parties en fortifications en obturant certaines arches. La longueur subsistante de l'aqueduc est d'environ 3 km. L'ouvrage est considéré comme l'un des plus beaux de ce type aussi bien en Égypte que dans le monde islamique

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