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Le Mastaba de Mérêrouka 

Mérêrouka sortant du royaume des morts pour recevoir ces offrandes  (Recadrage d' une peinture de Duell)

Qui est Mérêrouka :

C’est un des vizirs du pharaon Téti de la VIe dynastie. Il épouse une de ses filles Watetkhethor avec laquelle il a un fils Mérytéti et une fille Ibnebou. Il se fait bâtir au nord de la pyramide de son maître et beau-père un mastaba qui comporte les plus beaux reliefs peints de l'Ancien Empire. Ces reliefs nous apprennent qu’il avait d’autre fils (Pepyankh, Khenti, , Nefer, Apref, Khenu) , plusieurs frères dont un certain  Ihy représenté plusieurs fois sur les murs du mastaba.

Tous ces personnages sont désigné par un surnom (le beau nom)qu’ils s’étaient choisi eux-mêmes ce sont : Seshséchet pour Watetkhethor, Meri pour Mérêrouka, et Mérytéti

Le Mastaba

 

Situé au nord de la pyramide de Téti à Saqqarah, c’est un vaste complexe qui comporte les tombes de Mérêrouka, Seshséchet, et Mérytéti. Trente-deux salles sont réparties en trois groupes A, B, C.

Tombe de Mérêrouka

Le groupe A qui constitue l'essentiel du mastaba est le tombeau de Mérêrouka. Fait inhabituel son entrée se trouve au Sud, et non à l'Est. Il comprend dix pièces décorées (1, 3 4, 6 ,8 13), le serdab (7), et un passage (14 +16) menant à une série de chambres (17à 21). Les pièces (2, 5 et 15) sont sans décoration et semblent avoir servi de magasins.

Les salles décorées

Salle 1

Le mur Nord est décoré de deux scènes se déroulant dans les marais du Delta. Sur la première près de l’entrée menant à B1, Mérêrouka sur une barque de papyrus, accompagné de son épouse, pêche avec un harpon. Plus loin, en eau profond et peu profonde nagent plusieurs espèces de poissons, des hippopotames, des crocodiles. L’artiste a surtout bien détaillé les poissons pour qu’on puisse les identifiés, toutefois il n'a pas respecté leurs tailles respectives. A Gauche on voit des chasseurs d'hippopotames. Détail de la scène

 Sur le mur Sud, une multitude d'oiseaux aquatiques s'envolent au-dessus des roseaux. . Dans l’eau un hippopotame t attaque un crocodile.

Salle 3

 

 

Paroi Ouest  Des chiens attaquent des antilopes, au centre de la scène un lion attaque un taureau Dans la végétation on peut apercevoir deux hérissons, une antilope, et un lièvre

 Paroi Est

C’est la mieux conservée de la salle. Près de la porte conduisant à la salle A4 Mérêrouka, porte un pagne orné d’une peau de léopard. Il tient dans ses mains sa canne et un sceptre Sekhem. A ses pieds, toute petite Seshséchet, semble apprécier les senteurs’ une fleur de lotus. La scène suivante comportant plusieurs registres, montrent d’en bas vers le haut

Photo

A Joailliers confectionnant des colliers et des pectoraux, certains sont des nains. B Etagère, sur laquelle sont rangés des pectoraux, des colliers, des repose-têtes.

C (1) un métallurgiste pèse du minerai tandis qu’un scribe en note la quantité. (2) Six ouvriers fondent du minerai d'or, ils activent le foyer en soufflant dans de longs tuyaux. (3) Deux ouvriers à la coulée de l’or dans un moule ; derrière l’opération du battage du métal le transformant en fines feuilles d'or. Au-dessus une étagère ou sont rangés de nombreux vases.

Au-dessus de ces scènes, des serviteurs traînent sur des traineaux des naos contenant des statues de Mérêrouka vers sa tombe.

 Salle 4

 Sur le mur Ouest, cette scène, nous apprend que déjà à cette époque certains ne payaient pas leurs impôts. Apparemment la bureaucratie égyptienne était très efficace, elle retrouvait rapidement les coupables et les punissait sévèrement. Des chefs de village qui n'ont pas payé leurs taxes, sont amenés devant les collecteurs d'impôts, après avoir enregistré leur nom et leur titre ils se voient infliger une punition. Certains sont bastonnés,  d’autres attachés à un pieux seront fouettés 

Sur le mur Est, le mieux préservé de la pièce, près de l'entrée, Mérêrouka et son épouse suivis par de nombreux serviteurs et scribes reçoivent des offrandes provenant de la pêche et de la chasse. On voit sur la scène ci-dessous les poissons qui sont pris dans des filets en forme de nasses.

 

Détail                                                                             Détail

A l’extrême gauche de cette scène de pêche Ihy le frère de Mérêrouka est assis confortablement à l’arrière de la barque. Dans une main il tient un poisson qu’il est en train de manger, de l’autre il boit dans la coupe que lui présente un serviteur. On remarquera son embonpoint par aux autres personnages.

 

Détail 

Salle 6

Mur Sud Est  Scribes enregistrant le nombre et la nature d’animaux domestiques engraissés. La liste de ces  offrandes sera présentée  par l’intendant à Mérêrouka qui se tient, avec son épouse Seshséchet, à droite de la scène

 

Mur Sud-Ouest  Des servantes portent sur leurs têtes des paniers remplit de produits  provenant des domaines de Mérêrouka, la plupart portent dans leurs mains libres des volatiles. Derrière fermant la marche des serviteurs  sont lourdement chargés. Détail

 

 

Salle 8

Mur Sud

Des vestiges de bas-reliefs montrent des files de serviteurs transportant de la nourriture, des volailles, des veaux qu'ils amènent à Mérêrouka et sa femme Seshséchet

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Détail du bas-relief

Mur Ouest

Toute sa surface est occupée par une stèle fausse porte, réalisé d’un seul bloc de calcaire blanc. Sur la partie centrale haute le défunt est assis devant une table d'offrandes sur laquelle se dressent les demi-miches de pain habituelles. Sous la table, deux vases se dressent dans un présentoir. Sous cette scène, sont énumérés sur deux lignes plusieurs de ses titres, ainsi que son nom

 

Salle 13

Représentant la partie centrale du culte funéraire, elle comprend, aménagée dans son mur nord, une niche abritant la statue de Mérêrouka (l'originale est conservée au musée du Caire). Debout, dans l’attitude du marcheur, il semble sortir du royaume des morts pour recevoir ses offrandes. Sa main gauche tient un rouleau, signe de sa haute charge royale. Il est paré d’une perruque ronde bouclée, d’un lourd et volumineux bijou lui couvrant les épaules et de bracelets aux poignets. À ses pieds se trouve un petit escalier menant à la table d’offrande en forme du signe hotep. La niche est encadrée par des textes indiquant les formules à réciter en l’honneur du mort ainsi que le détail des offrandes qui fallait lui porter pour lui assurer une vie prospère dans l’au-delà

 

De part et d’autre de la niche, Mérêrouka est représenté accompagné de son épouse figurée à une petite taille contemple le décor de la salle. Le décor tout entier de la salle et plus généralement de l’ensemble de l’édifice reprend ce principe en dépeignant les scènes de la vie quotidienne de domaines méticuleusement exploités pour le compte du maître des lieux.

D’un côté une scène de fête où s’égayent danseuses, musiciens et convives. Vers la gauche, un long défilé des troupeaux de bovin tandis qu’en bas est représenté le gavage des hyènes. En plus de leur aspect narratif et d’une profusion de détails touchant au pittoresque, ces reliefs peints avaient une valeur symbolique. Ainsi des chasses et pêches dans les fourrés de papyrus ou le désert, symbolisent la maîtrise de la nature désordonnée. Ses animaux sauvages sont capturés et ramenés vivants. Ils seront gardés ou gavés, assurant ainsi la prospérité du domaine qui symbolise le pays tout entier

 

De même de grandes scènes montrant les travaux des champs depuis le semis jusqu’à la récolte outre leur aspect descriptif symbolisent par la succession des scènes les trois saisons qui rythmaient la vie au bord du Nil. Mérêrouka figuré plusieurs fois souvent dans l’attitude de la marche, rappelant ainsi la statue dans la niche, semble ainsi être le cœur de cet univers symbolique, son apparition étant à chaque fois placée en meilleure position dans chaque scène.

Le reste du mastaba est occupé par différentes salles également historiées et des magasins laissés vierge de toute décoration. On y trouve une stèle fausse porte en granite rouge placée au fond d’une pièce précédant la grande salle à piliers ainsi qu’un serdab qui contenait autrefois une autre statue de Mérêrouka.

La complexité du monument ainsi que son décor en font l'un des exemples les plus aboutis et achevés des tombes de courtisans de l'Ancien Empire.

Bibliographie

THE UNIVERSITY OF CHICAGO ORIENTAL INSTITUTE PUBLICATIONS VOLUME XXXI Sakkara Expedition: Les peintures et les dessins originaux sont de Shuford. Les photos de Leslie F. Thompson

PORTER, B and MOSS, R : Topographical bibliography of Ancient Egyptian hieroglyphic texts, reliefs and paintings, volume III, part 2, pp.525-534

Photos Anfabéou Guillén Pérez HoremWeb kairoinfo4u Marcel Doowe Dekker

Dessins originaux Clyde R Shuford   Stanley R Shepherd   E A Warren Vcvold Strekalvovsjy Prentice Duell

 

Peintures de Shepherd A1 P10

 

 

 


 



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