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LES SITES DE L’ILE DE MEROE

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 Pyramides à Méroé  Lepsius-Project Domaine public  

Un peu d’histoire

En -591, le pharaon Psammétique II de la 26ème dynastie, profitant des troubles accompagnants l’accession au trône du jeune roi Aspelta, lança une expédition préventive contre le royaume koushite. Napata fut atteinte et dévastée. À la suite de cet épisode tragique, Aspelta prit la décision de déplacer la capitale administrative du royaume à trois cents kilomètres au sud-est, sur le site de Méroé, afin de se protéger d’éventuelles invasions venues du nord. Napata garda ses prérogatives religieuses et dynastiques, les nouveaux rois de Méroé y vinrent s’y faire couronner et inhumer, dans la nécropole royale de Nouri.

Au début du 3ème siècle av. J.-C, le roi Arkamani rompit cette tradition et érigea sa pyramide à Begrawiya à deux kilomètres de la ville de Méroé. Avec son règne commence le royaume de Méroé. C'est à partir de cette époque que l'on parle véritablement de civilisation méroïtique, même s'il s'agit de la même culture, ethnie et mêmes institutions que précédemment.

Appelé par les anciens l’ile de Méroé, cette vaste région hébergeait la capitale Méroé et ses deux centres religieux Musawwarat es-Sufra et Naga qui à partir du IIIe siècle av. J.-C., accueillit la plupart des sépultures royales dans ses cimetières.

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L’île de Méroé était délimitée par trois fleuves : le Nil, le Nil Bleu et son affluent l’Atbara Bleu.

 Méroé a développé sa propre culture en s’enrichissant des influences de l’Égypte hellénistique (332 à 30 avant J.-C), puis romaine (30 avant à 395 après J.-C.), puis byzantine (jusqu’en 640).Cet enrichissement à abouti à des créations artistiques et architecturales remarquables.

Au 3ème siècle de notre ère le royaume de Méroé amorce son déclin. Les monuments royaux se font moins nombreux et les tombeaux moins somptueux. À Méroé, la dernière pyramide royale est construite vers 320-350.

Les sites archéologiques de l'île de Méroé (paysage semi-désertique entre le Nil et l'Atbara), comprennent le site de Méroé au bord du Nil, et les sites religieux tout proches de Naqa et de Musawwarat es-Sufra. On y trouve, entre autres vestiges, des pyramides, des temples, et des bâtiments résidentiels ainsi que des installations majeures de gestion de l'eau.

 LE SITE DE DE MEROE

 Il comprend la ville Royale, et  trois nécropoles situé environ à trois kilomètre à l’Est à proximité du village de Bajrawiya.

LA VILLE

Elle fut découverte par l'explorateur français Frédéric Cailliaud en 1822.Située sur la rive droite du Ni à, 200 km au Nord de Khartoum, elle était construite sur trois buttes alluviales encerclées par un canal. Une enceinte constituée de blocs de grès de (3 à 8 m d’épaisseur) protégeait deux palais jumeaux, les bains, un observatoire astronomique (selon des bas-reliefs retrouvés), Chaque angle de l’enceinte et les côtés des portes comportaient une tour. Le bâtiment des bains  construit en briques rouges cuites abritait en son centre un profond bassin carré alimenté par plusieurs canalisations d’eau. Celle-ci s’évacuait dans un canal voûté passant sous la ville en direction du Nil. La ville était un grand centre de commerce, elle était réputée pour ses fonderies de fer dont le minerai abondait dans les collines environnantes.

 

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Le Site de Méroé   carte inter active ( n'oubliez pas de fermer la fenêtre après consultation)

 

La ville s'étendait sur plus d'un kilomètre carré avec des faubourgs au nord comme au sud. Aujourd'hui, on y peut admirer les vestiges de plusieurs temples et sanctuaires.

Le Temple d’Isis.

Le temple d'Amon construit en pierre précédé d'une allée de béliers.

Le Sanctuaire d'Apedemak, dieu de la guerre et des forces de la vie.

La Table du Soleil comportant un pylône d'entrée et un sanctuaire.

Begrawwiya (trois nécropoles.)

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1   Au Nord-Ouest la nécropole des nobles avec environ 500 tombes et 100 pyramides correspond au cimetière des nobles et des personnages secondaires de la maison régnante.

2   A l’Est la nécropole royale. Les pyramides royales étaient encore quasi intactes avant qu'en 1834, Giuseppe Ferlini, un médecin militaire au service de Méhémet Ali, ne découvre un trésor dans la pyramide de la reine Amanishakhéto. Pour y parvenir, Ferlini ordonna le démantèlement de la pyramide, la transformant en un amas de pierre. Les bijoux de la reine sont actuellement exposés à Munich et à Berlin. Toutes les tombes furent ensuite systématiquement pillées.

3   Au Nord et au Sud, la nécropole destinée aux rois et reines qui compte environ une quarantaine de pyramides.

 

Musawwarat es-Sufra

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Découvert en 1822 par Frédéric Caillaud, Musawwarat es-Sufra est un site d’une grande beauté situé dans un plateau semi-désertique entouré de collines brun-rouge contrastant avec les épineux verts de la plaine. Résidence royale, c’était à la fois un centre de commerce et de pèlerinage. Il comprenait :

- Une grande enceinte de hauts murs longue de 1200 mètres. Celle-ci comprenait trois sanctuaires (MUS 100, 200, 300),de nombreuses petites chapelles, des logements (dortoir, sacristies, entrepôts, ateliers), érigées sur des terrasses artificielles. Celles-ci étaient entourées de grandes cours de forme irrégulière .Un labyrinthe de rampes, de couloirs à haut mur et à ciel ouvert reliait les bâtiments. Ce complexe s’étendait sur 45.000 mètres carrés.

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A l’intérieur de la grande enceinte

- Le temple d'Apedemak « Apedemak était une divinité importante méroitique.Dieu de la guerre, et de la fertilité, il était représenté sous les traits d'un homme à tête de lion ou doté de trois têtes et de quatre bras. Il est également parfois représenté sur le dos d'un éléphant »

Construit pour le culte de la puissante divinité locale Apedemak, (Le Temple du Lion) remonte à la fin 3ème siècle avant JC, sous le règne du roi Arkamani (235-218 BC). Avec son pylône et six colonnes intérieures c’est le seul temple méroïtique comportant une seule pièce.Les parois intérieures et extérieures du Temple ainsi que ses colonnes ont été décorés de bas-reliefs.

A l’intérieur Il ne comporte qu'une seule salle. Les colonnes sont ornées de vignettes montrant le roi devant les dieux ainsi que des scènes comportant des êtres mythiques comme des sphinx. Les reliefs muraux intérieurs montrent le roi devant les dieux Amon et Apedemak ainsi que diverses scènes d’offrandes et de couronnement.   relief 1     relief 2  .

A l’extérieur

La moitié Nord du temple a été consacrée à la paix et à la fertilité comme l’indique la bouche lié d’un crocodile sur le pylône nord et les reliefs montrant des divinités féminines et masculines en couple donnant ainsi une impression paisible.

La moitié Sud du temple été consacrée à la destruction et à la guerre comme l’indique les reliefs comportant des divinités masculines guerrières.

A la base de l'extrémité arrière du temple sont très belles sculptures d'une procession d'éléphants menés par des prisonniers liés.

Rappelons lors de sa découverte en 1822 le temple a été trouvé en ruines. En 1960 Université Humboldt de Berlin a commencé les fouilles, puis en 1970 à commencer sa restauration?

 Panorama

 

Le Site de Naga

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Le site de Naga se trouve à environ 140 km au nord de Khartoum dans le désert oriental à 30 km du Nil

 Il comporte plusieurs temples, faisant partie d’un ensemble architectural en briques crues et cuites, incluant potentiellement plusieurs structures palatiales ainsi qu’un cimetière au nord-est. Il convient de mentionner la taille considérable du temple d’Amon présent sur ce site, et dont l’entrée est bordée de statues de bélier. Les structures encore en place sont probablement érigées par le roi Natakamani, comme le démontre une base d’autel découverte à l’intérieur du temple et inscrite au nom du roi et de sa « mère, sœur ou épouse » Amanitore. Les reliefs du temple du Lion, dédié à la divinité Apedemak, représentent également le « couple » royal et un de leur successeur, peut-être leur fils.

Le temple d'Amon

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Le Temple d'Amon a été construit par le roi Natakamani vers 50 avant JC sur une terrasse naturelle au pied du Djebel Naga. Une rampe comportant un dromos de 12 statues de bélier interrompu par un kiosque conduisait au temple. Toutes les statues se sont effondrées puis ont été avalées par le sable, quelques-unes ont été restaurées et ont retrouvé leurs aspects et emplacements d’origine.

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Le Temple suit le plan traditionnel égyptien. Cour extérieure à colonnades, salle hypostyle, sanctuaire. Il a été partiellement reconstruit par des archéologues allemands. Plusieurs statuettes du roi et de son épouse Amanitore ont été récupérées sur le site.

Le temple d’Apédémak     vue1    vue2    vue3   vue4

 Situé à Ouest du temple d’Amon le temple Lion d’architecture koushite classique est bien préservé.. La façade du temple est un pylône massif orné à gauche d’un relief du roi Natakamani et à droite d’un relief de son épouse reine Amanitore tous deux sont représentés dans des poses triomphales. A leurs pieds des Lions dévorent des ennemis

Sur les côtés latéraux du pylône on peut voir de beaux reliefs Apédémak, représenté avec une tête de félin et des bras humains, au-dessus d'un corps d' un immense serpent qui sort d'une fleur de lotus.

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Sur les côtés du temple du roi est présenté dans la compagnie des dieux Anuin, Horus et Apedemak.

Sur le mur arrière du temple Apédémak est représenté avec trois têtes et quatre bras évoquant des influences indiennes. Il reçoit des offrandes de Natakamani et d’Amanitore.

Les murs extérieurs font référence à des divinités comme Amon sous la forme du bélier avec la présence du roi, de la reine et du prince richement vêtus et parés de bijoux. Sur ces parois, Apédémak s'affiche d'une part en tant que dieu de la vie avec le signe ankh et d'autre part en tant que dieu guerrier avec l'étendard.

le kiosque        vue vue 2

Situé près du temple d'Apédémak, c’est un singulier mélange de motifs pharaoniques et gréco-romains.. L'entrée est de style égyptien avec son linteau surmonté d’une rangée de uraeus sacré . Les côtés se composent de colonnes à chapiteaux corinthiens agrémentés de fenêtres cintrées de style romain. Des fouilles récentes dans le bâtiment ont montré qu'il était probablement voué au culte d’Hathor.

Les candaces

Chez les Koushites une candace est une reine pharaon. Plusieurs femmes accédèrent au pouvoir sous le titre de candace. La plus connue est Amanishakhéto, reine du royaume de Napata et de Méroé. Contemporaine d'Auguste elle refusa  de se soumettre et harcela les légions romaines. En l'an -20, elle fit une incursion en Égypte en pillant toutes les villes jusqu'à Éléphantine. Arrêtée par les troupes romaines, elle conclut  avec l'empereur Auguste un traité de paix qui permit à son royaume de prospérer durant  plus de deux cents ans.

 

Bibliographie

Claude Rilly, « Le royaume de Méroé »

Michel Baud,   Méroé - Un empire sur le Nil, Officina Libraria, 2010.

Musawwarat_ ArchMissionTo Musawwarat Es Sufra

Photos

Fabrizio Demartis CC BY-SA 2.0  TrackHD CC BY 3. Bains royaux - temple d’Amon - Royal city

 Lepsius-Project Domaine public   Musawwarat es-Sufra   M. Casanova   Nubia- 2008- Piramidi Khartoum-2CC BY-SA 3.0

 © gordontour   © Scott D. Haddow © Sven-Steffen Arndt   © LassiHU   © chriskean1    © COSV  

 


 

 

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