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Vallée des Reines

Situation

1 Vallée des Reines      2 Vallée des Rois      3 Temple de la Reine Hatshepsout     4  Ancien village de Deir el-Médineh

 

La Vallée des Reines s’appelait « Site de Beauté », dans l'Antiquité mais aussi « Site des épouses et des enfants royaux ». Au Nouvel Empire, la Vallée des Reines fut le lieu de sépulture de plusieurs épouses royales, des membres de la famille royale et dignitaires de haut rang.

C'est un, petit oued en forme de U esquissant des courbes au sud et à l'ouest, dominé par des falaises escarpées contrastant avec les lits horizontaux des autres collines thébaines

A la base de ces falaises une immense grotte recueille les eaux de pluie pour les déverser dans la vallée, d'où son nom la cascade.

Façonnée à l’image d’un utérus géant d’où renaissaient les trépassés royaux après leur périple chtonien, la grotte était vouée au culte d’Hathor, vache divine, maîtresse du domaine des morts. Elle était le le symbole du ventre d'Hathor, de l'eau, de la fertilité. Elle jouait un rôle essentiel dans la naissance divine de Pharaon.

Certains égyptologues sont convaincus qu’elle fut à l'origine du choix de cette vallée pour les inhumations royales .Les inhumations faites en ce lieu symboliseraient donc la renaissance physique dans l'Autre Monde


© Dalbera Creative Commons

Les premières fouilles de la vallée des reines ont été faites par John Gardner Wilkinson, puis par Jean-François Champollion en 1829, Karl Richard Lepsius en 1844, Ernesto Schiaparelli en 1903 qui a découvert la tombe de Néfertari.

En 1984, grâce à la donation de Germaine Ford de Maria, la vallée est déblayée et aménagée sous le contrôle scientifique de Christiane Desroches Noblecourt assistée par Christian Leblanc

On recense aujourd'hui près de 100 tombes. Seules trois ou quatre tombes sont aujourd'hui ouvertes au public : les tombes des deux fils de Ramsès III et la tombe de Tyti, épouse de Ramsès X. La tombe de Nefertari est ouverte aux privilégiés ( plus de 1000€ l'entrée )

Les Tombes contemporaines de Ramsès II


Photographies

                                     QV1T                   QV2T                  QV3T

 

Les Tombes Secteur Nord

Bentanat   Elle est l'aînée des filles de Ramsès II et de la grande épouse royale Isis-Néféret. Son nom, d'origine asiatique, signifie fille de la déesse Anat.

Mérytamon.  Elle est la quatrième fille et l'épouse du pharaon Ramsès II, et la troisième fille de la reine Néfertari. Parce qu'elle occupa un rang privilégié dans l'imagerie officielle, elle naquit sûrement avant le couronnement de Ramsès II et fut probablement la plus vieille des filles de Néfertari qui lui ait survécu.

Nebet -Taouy  Maîtresse des Deux Terres   Elle est la sixième fille de Ramsès II que lui donna soit la reine Isis-Nofret , soit la reine Néfertari.. Après Bentanat et Méritamon, elle est la troisième des filles de Ramsès II à devenir son épouse, après la mort de Méritamon.

Hénout-mi-Rê, « La souveraine qui est pareille à Rê »   Vraisemblablement la quinzième fille de Ramsès II. Troisième grande épouse royale de son père auquel elle est mariée vers l'an 542 du règne, à seize ans alors qu'il en avait soixante. On ne sait pas pourquoi, mais elle n'apparaît pas dans les listes des filles de Ramsès II ; on a longtemps cru, à tort, qu’elle était la fille de Séthi Ier et de la reine Touya.

Les tombes des deux fils de Ramsès III

  KamaT Khâemouaset   est le quatrième fils de Ramsès II et le deuxième de la seconde grande épouse royale Isis-Né féret. Il occupa la haute responsabilité de prêtre Sem de Ptah. Ilt a survécu à son père comme le suggère les inscriptions de son sarcophage retrouvé dans son tombeau. Ci dessous quelques scènes de sa tombe

                                                                       NeithT                               ReT                            ThotT              

Amon her khépeshef  Fils aîné de Ramsès III et de la grande épouse royale Iset, Amonherkhépeshef est né avant l'accession au trône de son père. Un temps désigné héritier en titre du trône d'Horus, il ne survit pas à son père et cède la place en qualité de prince héritier à ses frères

En tant qu'héritier du roi, Amon-her -khépeshef a eu le privilège de se faire aménager une sépulture dans la vallée des Reines. La tombe très bien préservée est conçue sur un plan rectiligne menant après la descenderie et plusieurs corridors, à la salle du sarcophage qui est toujours en place.

Les fresques du tombeau mettent en scène le prince dans différents costumes, dont celui classique des enfants royaux avec le crâne rasé orné d'une longue natte pendant sur un côté de la tête. Il accompagne son père Ramsès III faisant des offrandes aux dieux ou est introduit auprès des divinités souterraines par pharaon.

La construction des Tombes

L’équipe affectée au forage et a la décoration des tombes devait comprendre un personnel spécialise dont le nombre n'était pas nécessairement élevé

On peut l’imaginer ainsi :

l’architecte chargé d'élaborer et de superviser les programmes. Un chef de chantier, plusieurs tailleurs de pierre, des plâtriers. Des sculpteurs dont la tache consistait ici à modeler les scènes pariétales dans la mouna. Des dessinateurs places sous l’autorité d'un supérieur qui, au besoin, intervenait pour les corrections ou retouches. Des ouvriers pour l’exécution de travaux sans doute moins nobles mais essentiels, comme l’évacuation des déblais de taille, la préparation de la mouna à laquelle venait s'ajouter la corvée d'eau, ou même encore l’entretien de l’éclairage dans les tombes ou travaillaient les artisans.

 

A en juger par les chantiers qui ne furent jamais achevés, il apparait que certains corps de métiers, tels ceux des tailleurs et des plâtriers opéraient presque simultanément : à peine avait-on engage le creusement d'une première salle que, les enduits de mouna étaient appliqués sur les parois latérales de la descenderie et sur les montants et linteau de la porte d'accès de la sépulture.  Mouma : Enduit de terre et de paille et de plâtre.

Les surfaces une fois nivelés, le sculpteur prenait alors le relais en modelant, d'après une ébauche dessinée, les scènes qui avaient été retenues par les prêtres pour orner les parois de la tombe.

C'est à ce stade du travail que sont demeurés les murs de la sépulture de la reine Sartre (QV 38), sur lesquels les esquisses en rouge corrigées en noir devaient servir de canevas au sculpteur

Puis les dessinateurs-coloristes enchainaient presque aussitôt sur le travail du sculpteur. S'il pouvait dépendre du nombre de l’effectif des artisans ou de la disponibilité de l'équipe, le temps que réclamait la préparation d'une tombe variait surtout selon l'importance de la commande royale.

II est évident que des sépultures comme celles de Nefertari ont du nécessiter des délais assez longs. D'autres tombes, en revanche, soit du fait de leurs dimensions plus restreintes ne durent pas exiger de très nombreux mois pour être achevées En tenant compte des absences répétées d’ouvriers, des nombreuses fêtes religieuses durant lesquelles les chantiers étaient arrêtés, on peut penser que deux ou trois années devaient suffire pour forer des tombes royales de dimensions moyennes.

Dans la vallée des Reines, une difficulté majeure a du souvent entraver la bonne marche des opérations. En cet endroit de la montagne la veine calcaire de qualité particulièrement médiocre n'a pas été sans causer de sérieux soucis aux tailleurs et aux sculpteurs. Ils ont dû se plier a certaines contraintes. Il a fallu, en raison de la  défaillance de cette couche géologique, appliquer régulièrement et systématiquement des enduits de mouna pour y modeler le décor. Plus facile à travailler, ce matériau de par sa fragilité, limitait les moyens d'expressions des artistes, diminuant ainsi le rôle du sculpteur au profit de celui du dessinateur-coloriste.

 

LES TOMBES ELABOREES

Au nombre de sept (QV 60, 66, 68, 71, 74, 75, 80) elles se différencient par l'adjonction régulière d'une antichambre à la salle sépulcrale et par le développement d'annexes latérales destinées à contenir le mobilier funéraire.

Ce type de tombe fut adopté pour la première fois par Sethi Ier pour la vaste sépulture de la reine Touy QV(80), elle est reprise par Ramsès II, pour la tombe de la grande épouse royale Néfertari (QV 66), pour celles de trois de ses filles.

Outre la descenderie traditionnelle munie à partir du règne de Ramsès II, d'une glissière centrale, le plan fait apparaitre deux salles principales, puis la chambre funéraire sur lesquelles viennent se greffer des annexes latérales.. Des banquettes, aménagées contre les murs, bordent souvent la salle d’or.

 

Le Périple du défunt

Les thèmes iconographiques et les textes funéraires qui sont reproduits sur leurs parois des tombes ramessides de la vallée des Reines suggèrent, visiblement, un périple : celui que la défunte ou le défunt devait accomplir d'abord d'est en ouest pour accéder au royaume d'Osiris, puis en sens inverse lorsque régénère, le mort, tel un nouvel astre, allait pouvoir surgir à l’ horizon oriental du ciel.

 

Suite    LE PERIPLE DE NEFERTARI

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Bibliographie

Leblanc Christian

- Architecture et évolution chronologique des tombes de la Vallée des Reines BIFAO 89 (1989), p. 227-247

- Isis-Nofret, grande épouse de Ramsès II  BIFAO 93 (1993), p. 313-333

- L'identification de la tombe de Henout-mi-Rê  BIFAO 88 (1988), p. 131-146

- Henout-Taouy et la tombe No 73 de la Vallée des Reines  BIFAO 86 (1986), p. 203-226

 

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