TT 320  LA CACHETTE ROYALE

 

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© Luna92

La tombe était prévue pour être la dernière demeure du premier prophète d'Amon Pinedjem II et plusieurs membres de sa famille. II meurt vers -969 au moment du déclin du royaume. À ce moment, les momies des précédentes dynasties sont vulnérables aux vols et sont transportées dans cette tombe pour protéger les restes de ces personnages royaux.

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 Pinedjem II British Museum

La découverte

Pendant l'été de 1871 une chèvre appartenant à Ahmed Mohammed el-Rassoul un Villageois de Gournah s'était éloigné de son troupeau sur les falaises de Deir el-Bahari. Ahmed alerté par les bêlements de son animal, constata qu'elle était tombé dans un puits vertical de la falaise. Il maudit sa chèvre, et descendit auprès d’elle dans un couloir étroit encombré  de formes sombres. Après avoir allumé une bougie, il aperçut une collection de cercueils en bois poussiéreux, qui s'étendait aussi loin qu'il pouvait voir, entassés les uns sur les autres. La plupart étaient couverts de cartouches et portaient l'uraeus au front. Ahmed savait que c’étaient les marques de la dignité royale, sa chèvre lui avait livré un plein souterrain de Pharaons.

Cette découverte si précieuse fût-elle, était très difficile à exploiter. Les cercueils étaient nombreux et lourds, le seul accès était un puits profond, il fallait, pour le vider de son précieux contenu, installer au-dessus de celui-ci un appareillage impossible à dissimuler. Il devrait mettre les voisins dans la confidence, partager le trésor avec eux, certains pourraient tout révéler au directeur des fouilles.

Le Villageois se résigna à ne pas tirer un parti immédiat du trésor. Deux de ses frères et un de ses fils l'aidèrent à démailloter quelques momies, à enlever deux ou trois couffes de figurines funéraires, des scarabées, des canopes, des Osiris en bois peint, une demi-douzaine de papyrus, une collection d'objets aisés à emporter et à cacher.

En dix ans, Ils descendirent de nuit trois fois au fond de leur cachette durant quelques heures seulement, si bien que personne autour d'eux ne soupçonna leur découverte.

Chaque hiver, ils vendaient aux voyageurs une partie du butin attendant une opportunité pour vendre la plus grosse à un touriste assez riche pour les acheter et obtenir les laisser-passer de la douane égyptienne.

Cependant, une partie des objets vendus était parvenue jusqu'en Europe. Dès 1874, quelques figurines avaient fait leur apparition sur le marché de Paris. En 1878 on pouvait affirmer qu’une ou plusieurs hypogées royales avaient été découvertes. En 1881 une longue enquête, menée patiemment auprès des acquéreurs et des touristes mis en évidence que les principaux vendeurs des antiquités étaient Abderrassoul Ahmed, son frère Mohammed et un certain agent consulaire Moustapha Agha Ayat.

Le 4 avril 1881 la police de Louxor arrêta Ahmed Abderrassoul. Il fut interrogé par Maspero et le conservateur adjoint du Musée de Boula.

Protégé par l’agent consulaire Moustapha Agha Ayat et tous les notables de son village Abderrassoul nia tous les faits que l’on imputait, et fut mis en liberté provisoire et rentra chez lui, vers la mi-mai avec le brevet d'honnêteté immaculée que lui avaient décerné les notables de Gournah.

Cependant des dénonciations timides, des renseignements nouveaux mirent la discorde dans la famille d'Abderrassoul. Les uns croyaient le danger passé les autres estimaient qu'il serait plus prudent de se dénoncer et de livrer leur secret. Après un mois de discussions et de querelles, l'aîné des frères, Mohammed Abderrassoul, voyant qu'une trahison des siens était imminente, se rendit secrètement à Qenéh, le 25 juin annonça au gouverneur qu'il connaissait l'emplacement si longuement et si inutilement dissumulé.

Le mercredi 6 juillet MM. Mohammed-Bey, et des fonctionnaires de la Société des Antiquités furent conduits par Mohammed Abderrassoul à l'entrée du caveau funéraire. L'ingénieur égyptien qui l'a disposé jadis avait pris ses précautions de la manière la plus habile jamais cachette ne fut mieux dissimulée. La chaîne de collines qui sépare en cet endroit le Bab el-Molouk de la plaine thébaine, forme, entre l'Assassif et la Vallée des Reines, une série de cirques naturels, séparés l'un de l'autre par des contreforts, dont l'épaisseur varie entre quatre-vingt-sept deux cents mètres. Celui d'entre eux qui s'ouvre au sud du vallon de Deir el-Bahari présente un aspect particulier.

La Tombe        1      2 

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Le puits (A) a 12m environ de profondeur sur 2m de largeur. Au fond dans la paroi ouest, on pratiqua l'entrée d'un couloir qui mesure 1,4m de large sur 0,8m de haut dans son état actuel. La baie était formée jadis par des battants en bois qui ont disparu après chaque cérémonie on les assurait au moyen de grosses pastilles d’argile sur lesquelles les gardiens de la nécropole apposaient leur cachet d'office.

Après un trajet de 7,5m (B), le couloir (C) tourne à 90° vers le nord et court pendant près de 60m sans conserver partout les mêmes dimensions. En certains endroits, il atteint 2m de large, en d'autres il n'a plus que 1,3m. Vers le milieu, cinq marches grossièrement taillées accusent un changement de niveau sensible, et, sur le côté droit, une sorte de niche inachevée (E), profonde de 3 m, montre qu'on a songé à changer une fois de plus la direction de la galerie. Celle-ci (F) débouche enfin dans une sorte de chambre oblongue, irrégulière, d'environ 8m (G) Tout était rempli de sarcophages en bois, de momies, d'objets funèbres. Un cercueil blanc et jaune, au nom de Nibsni, barrait le couloir à 0, 6m au plus de l'entrée.

Les cercueils, entrevus rapidement à la lueur d'une bougie, portaient des noms historiques, Amenhotep 1er, Thoutmosis II. Dans la chambre du fond, le pêle-mêle était au comble. Le succès dépassait toute espérance où je m'étais attendu à rencontrer deux ou trois roitelets obscurs, les fellahs avaient déterré des familles entières de Pharaons. Et quels Pharaons ! Les plus illustres peut-être qui aient régné sur l'Égypte. (Amenhotep 1er, Thoutmôsis II. Thoutmôsis III, Séti I, Ramsès II)

Les frères Abderrassoul avaient si bien gardé leur secret que les habitants de Louxor et de Gournah furent aussi surpris que les Européens par le nombre et l'importance des momies. Déjà leur imagination s'échauffait ils parlaient de caisses remplies d'or, de colliers en diamants et en rubis, de talismans. Il fallait agir vite, si l'on ne voulait pas s'exposer à des tentatives de vol ou peut-être même à des attaques à main armée.

Quarante-huit heures d'un travail énergique suffirent à tout exhumer, mais la tâche n'était qu'à moitié terminée. Il fallait mener le convoi, à travers la plaine de Thèbes et au-delà de la rivière, jusqu'à Louxor. La plupart des cercueils, soulevés à grand' peine par douze ou seize hommes, exigèrent sept ou huit heures de transport entre la montagne et la berge; on se figurera aisément ce que dut être ce voyage dans la poussière et la chaleur de juillet. La quantité des menus objets était si considérable, que plusieurs des gens auxquels on les avait confiés tentèrent d'en détourner une partie, espérant qu'on ne s'apercevrait de rien.

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Dessin d'après Emile Bayard  http://www.egyptedantan.com/egypt.htm

Enfin, momies, cercueils, mobilier dûment enveloppés de nattes et de toiles furent chargées sur un bateau qui partit pour Boulaq à toute vapeur. C'est alors qu'advint un fait étrange et émouvant à la fois: à la nouvelle que les pharaons retrouvés quittaient leurs tombes séculaires, les fellahs et leurs femmes se rassemblèrent sur les rives du Nil et, au passage du cortège, rendirent un hommage spontané à leurs rois antiques, les hommes en déchargeant leurs fusils en l'air et les femmes en poussant des cris perçants, se couvrant le visage et la poitrine de poussière.

Après avoir retiré les rois de l'oubli, il fallait les loger convenablement, le musée, déjà trop petit ne pouvait les recevoir. La plupart des objets mobiliers, les figurines, les papyrus furent déposés dans des magasins, les momies furent placées côte à côte, dans une salle. Ce ne fut qu’en 1886 qu'elles furent vraiment mises à l’abri dans des cercueils de verre.

 

 BIbliographie

G Maspero Les momies royales de Deir El-Bahari 1889

 Photos

http://www.egyptedantan.com/egypt.htm  -  © Luna92   ©  Keith Hazell  ©  kairoinfo4u  ©  Graf Ernesto

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le temple mortuaire de Montouhotep II

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Un fragment du mur du Sanctuaire du Temple of Montouhotep domaine public

Ce fut le premier temple à Thèbes Ouest à abriter un culte pour honorer la déesse Hathor, et préfigure le concept théologique des «temples de millions d'années». Il fut découvert dans les années 1860. Entre 1903 et 1907 Henri Edouard Naville  fut un des premiers égyptologues à effectuer des fouilles sur ce site.  Elles furent reprisent par Herbert Winlock entre 1920 et 1931 et par Dieter Arnold  entre 1968 1971

Le nom de Montouhotep signifie "puisse Montou être satisfait". Cependant pour souligner l'importance de son règne il prendra le nom plus significatif de : "celui qui réunit les Deux Pays".

Montouhotep II choisit de construire son complexe funéraire au pied d’une colline rocheuse, où certains de ses prédécesseurs avaient construit leurs tombes. Sa construction se déroula en trois ou quatre phases.

Le Complexe funéraire

1 Le temple de la vallée. Ses ruines sont toujours enfouies sous les terres cultivables du Kôm el-Fessad en bordure bord du Nil.

2 La Chaussée.   Une chaussée de 1200m le reliait au temple funéraire. Elle était pavée de briques et limitée par des murs en calcaire. Elle était bordée, à peu près tous les 9 m, par des statues du roi représenté en Osiris. Elle donne accès à l’avant cour.

3 Le Temple funéraire

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Plan du temple de Montouhotep II

Avant Cour Elle est entourée de murs sur trois côtés, elle mène à l'entrée du temple située sur l'axe principal. A l'intérieur de l'avant-cour, , se trouve un cénotaphe nommée Bab el-Hassan (la porte du cheval), qui est reliée par un long passage souterrain à un tombeau royal inachevé.

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En 1899, le cheval d’Howard Carter trébucha dans la cour initiale du complexe. Carter descendit pour voir si son cheval était blessé et découvrit une tranchée ouverte qui conduisit à un couloir voûté. A quelques dix-sept mètres de profondeur, Carter découvrit une porte fermée par un mur de briques crues épais de quatre mètres. Elle conduisait par un long couloir de 150 m creusé dans le roc vers l'ouest, à une chambre voûtée située sous le noyau central. Dans cette chambre, une statue royale anonyme en grès peint, représentant le souverain en costume de la fête du Sed et un sarcophage, anonyme accompagné de quelques offrandes. Du caveau, un puits vertical conduisait à une autre chambre, trente mètres plus bas. Dans cette seconde pièce, des vases et trois modèles de bateaux. Le nom de Montouhotep n'apparaît que sur un coffre en bois trouvé dans un autre puits, situé au milieu du premier couloir. La statue de Montouhotep II en grès qui est maintenant au Musée égyptien du Caire.

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 © Didia

Vestibule Inférieur. C’est un double portique coupé en son milieu par la rampe d'accès qui était bordée de de 55 tamaris et de deux rangées de quatre sycomores abritant chacun une statue assise du roi en costume de fête-Sed. Chaque portique, dont le plafond est soutenu par 24 piliers carrés, abrite un mur revêtu de calcaire, dont les reliefs représentent une campagne asiatique et des scènes de navigation cultuelle. La reine Hatchepsout reprendra dans les moindres détails ce modèle pour le temple qu'elle fera édifier à côté.

Terrasse supérieure. Située à 12 m au-dessus de l’avant cour, elle est bordée sur trois de ses cotés par un constitué de piliers carrés. Elle supporte la structure centrale du temple.

Sur le côté ouest des murs du déambulatoire on trouve six chapelles une rangée de six tombes creusées dans la roche a été découverte. La partie souterraine des tombes était constituée de chapelles construites avec des blocs de calcaire, des fausses portes et des statues de culte.

Elles sont décorées de scènes qui montrent les reines faisant leur toilette, visitant leurs fermes, festoyant, mais aussi buvant le lait des vaches d'Hathor.

Ce sont des femmes appartenant à la famille royale qui y ont été inhumées, elles sont toutes mortes jeunes (de 22ans à 5ans pour la plus jeune). Fait intéressant elles seraient décédées à peu près au même moment à cause d'un accident ou d’une épidémie. Derrière chaque chapelle, un puits donne accès à une tombe.

La structure centrale C’était le temple proprement dit, il comportait un noyau central qui était dédié à Montou-Ré. Celui-ci était encerclé de 140 colonnes octogonales. Sur son côté Ouest cette structure logeait des puits funéraires et les chapelles des membres de la famille.

Le noyau central est presque complètement détruit et son architecture est toujours un sujet de discussion. On est maintenant certain que c’était un mastaba et non une petite pyramide comme les égyptologues le pensaient jusqu'à présent. Naville, avait estimé que c’était une pyramide construite sur le sous-sol rocheux. Dieter Arnold a rejeté son hypothèse pour son manque de preuves (Il n'y a pas de ruines de parois inclinées). Il voit cette structure comme un mastaba plus ou moins rectangulaire avec un toit plat. Stadelmann nous offre une variation de cette vision avec une butte de terre plantée d'arbres rappelant la butte primordiale d’Osiris.

 

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La Cour Ouest

C'est dans cette deuxième cour que les fouilles ont permis de révéler une descenderie, avec un long couloir qui passe sous la salle l'hypostyle et conduit à la vraie chambre funéraire du roi sous la falaise. Elle possède un parement de granit et n'avait pas encore été pillée sous Ramsès X si l'on en croit le procès-verbal de l'inspection de la nécropole faite alors à la suite de nombreux pillages de tombes royales. On n'y a retrouvé, outre un naos de granit et albâtre, que des modèles de bateaux, des cannes et des sceptres.

La salle hypostyle.  Elle comportait 82 ​​piliers, ses murs étaient décorés de scènes d'offrandes. Au centre de la paroi occidentale une petite chapelle était consacrée au roi Amon-Ré. Elle deviendra plus tard un sanctuaire dédié à Amon. Elle finissait par un naos creusée dans la falaise et destiné à recevoir la statue du roi. Des objets de culte tel qu’une statue assise du dieu Amon y a été découverte.

Une petite chapelle située à l'angle Nord Est de la cour était dédiée au culte de plusieurs dieux tels qu’Amon, Osiris et Hathor. Une statue d’Hathor découverte dans cette chapelle réside maintenant au Musée égyptien du Caire.

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Quelques photos :Cliquer sur l'image pour agrandir

Bibliographie

Nicolas Grimal   Histoire de l'Egypte ancienne

Egypt Exploration Fund Edouard Naville Deir el Bahari Tome 2 à Tome 6   1896

 Photographies 

 © kairoinfo4u  © Virginia McLeod  © Didia  © egypte-eternelle.org

 

 

 

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Enchâssé dans un écrin de falaises de Drah Abou el-Nagga et de l'Assassif, le Djeser-Djeserou ou “Sublime des Sublimes” est l’un des ouvrages majeurs de l’architecture royale du Nouvel Empire. Longtemps considéré comme un “temple funéraire”, il s’agit en fait d’un édifice de culte royal associant Hatshepsout à son géniteur divin, Amon-Rê.

Ce monument majestueux, qui se présente sur plusieurs étages est dû au génie de Senenmout, véritable majordome de la famille royale, qui fit aménager non loin du site, sa propre tombe ornée d’un plafond astronomique.

Construit en pierre calcaire, son plan s’inspire du temple voisin de Montouhotep II. Il était accessible par un pylône précédé de sphinx, donnant accès à un vaste parvis bordé d’arbres et de bassins. Une rampe axiale, flanquée de portiques, permettait d’accéder à la terrasse supérieure où se trouvait aménagé, au fond d’une cour péristyle, le sanctuaire principal d’Amon-Rê.

Les premières fouilles débutèrent entre 1905 et 1908 sous la direction de Naville puis de Baraize. En 1927, une mission américaine dirigée par Winlock poursuivit les recherches. Depuis 1961, une équipe égypto-polonaise travaille sur le site.

De son Temple de la Vallée ou très peu de choses ont survécu, un canal, puis un Dromos pavé d’environ 37 m de large conduisait au temple de Djéser Djeseru. Sur ses deux côtés, tous les 17 mètres deux rangées de 70 sphinx bordait la voie. Sculpté dans le grès de Gebel Silsileh les corps de lion avaient la tête de la reine portant une coiffure différente. A mi distance de la voie se trouvait une chapelle abritant une barque. La voie processionnelle se terminait à la a porte monumentale de la grande cour. Elle était comme le temple tout entier entouré par un mur.

Gebel Silsileh Dès le Moyen-Empire son grès fut utilisé pour les statues et la construction de la plupart des temples de Haute-Égypte

La grande cour 

       VI04 Rampe            VI06  Bassins           VI08  Reste d'un arbre          VI10  Lion sculpté

 

Elle comportait une porte, deux arbres perséa avaient été plantés de part et d’autre. Devant l'entrée du parvis sur la droite et sur ​​la gauche, Naville découvrit les restes d'un arbre et d’un tuyau en grès utilisé pour l'irrigation de l'arbre. Les restes des 2 arbres ont été identifiés comme des Perséas.

Depuis la porte monumentale une nouveau dromos conduisait à la première rampe d'accès. Il comportait deux rangées de sept sphinx monumentaux en grès. Au pied de la rampe Winlock découvrit les restes de deux bassins peu profonds en forme de T. Les bassins, vestiges du jardin qui agrémentait cet espace, étaient disposés des deux côtés de l'axe principal.

Ces deux bassins étaient entourés par 66 fosses rondes profondes que l’on peut toujours reconnaitre aujourd'hui. Découvertes par Naville elles avaient été remplies avec de la boue du Nil. Dans deux d’entre elles il a découvert les restes de deux palmiers.

Une rampe en grès de 50 mètres nous conduit à la cour intermédiaire. De chaque côté de sa base elle est ornée d'un lion sculpté. Elle coupe en son milieu le premier portique.

Le 1er portique

Il est constitué de chaque côté de la rampe par deux rangées de onze colonnes et piliers. Un élément important de la décoration est formé par deux statues colossales d’Hatchepsout placés aux deux extrémités extérieures du portique. L’extérieur des piliers donnant sur la cour sont décorés.

Aile Sud (à gauche) Les thèmes iconographiques relatent sur la partie le transport depuis les carrières d’Assouan, de deux obélisques que la reine avait fait tailler pour embellir le Temple. Une autre scène évoque leur érection dans le temple de Karnak.

Aile Nord (à droite) ce sont surtout des scènes de rituels de chasse et de pêche qui occupent une grande partie de la paroi. On peut aussi y voir a procession des quatre veaux rituels ainsi que Hatchepsout sous l'aspect d'un sphinx piétinant les ennemis de l'Égypte.

 

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Voir le plan à vol d'oiseau

La Deuxième cour

La cour intermédiaire est composée du 2ème portique et deux chapelles indépendantes : celle d’Hathor à gauche et la Chapelle Basse d'Anubis à droite. Sous le portique de la seconde terrasse, des thèmes retracent certains des grands événements de la vie d’Hatshepsout.

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Aile Sud, Le thème iconographique comprend douze scènes qui relatent l'expédition envoyée par Hatchepsout au Pays de Pount, la rencontre avec les souverains de cette étrange contrée, l’échange des produits égyptiens contre des produits exotiques, puis le retour de l’expédition vers la Vallée du Nil. La mission, conduite par Néhésy le chancelier du roi avait pour but principal de prélever des arbres à ântyw destinés à être plantés « dans le jardin des deux côtés de son temple .L'ântyw, utilisé dans la fabrication des onguents, était indispensable à l'exercice du culte quotidien dans les temples. L'importation de ce produit, attestée depuis la Ve dynastie, nécessitait de coûteuses et lointaines missions. L'originalité de l'expédition d'Hatchepsout est d'avoir rapporté les arbres producteurs pour les acclimater, afin de garantir à moindre coût l'approvisionnement et la qualité de la substance.

 Voir l'article sur le pays de Pount  ici

Aile Nord le thème est celui de la théogamie, relatant la naissance divine d’Hatshepsout, préfigurant les monuments que l’on désignera plus tard sous le nom de “mammisi” (maison de la naissance).Sur ces tableaux, on assiste comme dans un film, aux différentes étapes de la conception.

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Amon annonce à l’Ennéade son intention de doter l’Égypte d’un nouveau roi. Thot, le greffier divin, lui recommande l’épouse de Thoutmosis Ier la reine Ahmès (1). La reine Ahmès est devant Amon et s'unit au dieu (l'union sexuelle est pudiquement symbolisée par les deux figures assises) Amon prenant la main de la reine lui fait savoir qu’elle mettra au monde une fille issue de lui, (2)   Dès lors, Khnoum, le dieu-potier, modèle sur son tour de potier Hatshepsout et son ka. Le corps est celui d'un jeune homme car la future reine est en fait un roi aux prérogatives masculines en dépit de son sexe féminin. Heqet présente le souffle divin à la future reine (3). Puis la reine, enceinte, est conduite vers le lieu de l'accouchement par Khnoum et Heqet. (4).  La reine accouche avec l'aide des divinités. La mère tient le nouveau-né dans ses bras, une nourrice s’apprête déjà à accueillir l’enfant, tandis que dieux et génies tendent le signe de vie, ankh, et de durée, djed. (5) . Suivent l'allaitement par les divinités, la présentation d'Hatshepsout aux dieux du pays et la prédiction des années de règne par Thot. (6)

 

C’est à ce niveau du temple, aux deux extrémités du 2èm portique que prennent place deux édifices de culte: La chapelle d'Anubis au Nord, La chapelle d'Hathor au Sud.

 

La chapelle d'Hathor

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PLAN

 

A partir de la 2èm cour on y accède par une passerelle .Sorte de spéos, cet édifice comprend plusieurs chambres précédées de salles hypostyles dont le toit était soutenu par de fort belles colonnes à chapiteaux hathoriques. Les reliefs, d’une grande délicatesse, se rapportent aux fêtes célébrées en l’honneur de la déesse, mais représentent également Hatshepsout faisant offrande à plusieurs divinités et notamment à Hathor, sous l’apparence d’une vache.

La façade : Sur les côtés extérieurs Sud et Nord, la vache Hathor, déesse de l'Occident est représentée par deux beaux reliefs : A droite (Nord) Hathor suivi d'Anubis, lèche la main de la reine, qui est assise sur un trône sous un dais. Elle porte une couronne Atef. : A gauche (sud) La représentation de la reine diffère, Hathor est coiffée de deux hautes plumes, d'un disque solaire et d'un uraeus. Elle porte au cou l'image de la déesse Hathor sur le côté nord une couronne Atef.

Au sein de cette chapelle, la nature féminine de la reine permet à Hatchepsout de nouer des liens uniques avec la déesse et de réaliser son destin funéraire de façon exceptionnelle. Elle y apparaît comme la fille d’Hathor, nourrie du lait vivifiant de la déesse.

Vestibule : Entre les deux murs de la façade quatre piliers forment l'entrée du vestibule. Ils sont entourés de colonnes protodoriques (colonne très massive a fût polygonal et seize faces Moyen Empire. En son centre nous trouvons 4 colonnes coiffées de chapiteaux hathoriques centrées sur l'axe est-ouest. Les chapiteaux comportent deux visages de la déesse Hathor. L’un est tourné vers l'est pour saluer le soleil levant et l'autre vers l’ouest pour l’honorer quand il se couche derrière la vallée. La tête de la déesse a des oreilles de vache.

Au-dessus de la tête de la déesse à oreilles de vache, une châsse carrée entourée de deux volutes évoquant les cornes d'Hathor contient deux uraei. Sur les côtés, une ombrelle du papyrus évoque les marais que traverse la vache divine durant sa gestation.

Sur les parois Nord (3) et Sud (4)  deux scènes montrent Hathor la vache divine sortant de son naos.

Salle hypostyle  

Le mur nord (5) montre des reliefs colorés bien conservées décrivant un festival au cours des fêtes célébrées en l'honneur d'Hathor. La procession est divisée en 4 registres. trois rangées décrivent des bateaux .Au-dessous une rangée de plusieurs groupes de soldats accompagnent les bateaux.

Les soldats munis de leurs armes, défilent au rythme du tambour, certains portent un éventail, d'autres l'insigne de leur régiment monté sur un bâton, d’autres des haches. Plus loin dans un groupe plus lourdement armé, les soldats portent des boucliers, des lances, des haches , des arcs et des flèches.

Dans une autre groupe des jeunes recrues défilent, ils portent des rameaux de saule sur leurs épaules. Torse nu, ils sont vêtus d'un pagne et coiffé d’une perruque bouclée.

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                                                       Jeunes recrues                                                                                        Groupe de Soldats

Un des membres du défilé tient en laisse une lionne probablement ramené de l'expédition de Pount.

Le mur Ouest   C’est la façade du spéos, des deux côtés de l’entrée (7-8) de la chapelle, deux scènes en miroir montrent la vache divine léchant la main de la reine qui est assisse sur un trône sous un dais. A noter qu’ici la Reine porte la couronne Atef. Au deux extrémités nord et sud du mur Hatchepsout est représentée effectuant une course rituelle devant la déesse Hathor. Sur le côté Nord Hatchepsout a été modifiée en Thoutmosis II qui court vers Hathor une rame à la main.

Le Spéos

De chaque côté de la porte de la façade, Thoutmosis nous invite à rentrer dans le sanctuaire. A droite, son cartouche a été remplacé le nom d'Hatchepsout.

La porte de l'entrée (A) conduit à une Antichambre (B) soutenue par deux colonnes à 16 faces avec des chapiteaux à tête d’Hathor. Le décor de la porte représente une voûte soutenue par des piliers. Ces piliers ont la forme habituelle d'un sistre; leurs chapiteaux ont la tête humaine d’Hathor avec ses oreilles de génisses. En dessous du chapiteau sur les futs des piliers du côté gauche et droit côtés de la porte, deux points près d’une corne d'une vache doivent être considérés comme deux yeux.

Dans chaque coin de l’antichambre côté porte deux niches (a-b) qui contenaient les emblèmes sacrés de la déesse et des statues la reine. Son plafond comme la plupart de ceux du sanctuaires est de couleur bleu orné d’étoiles rouges.

Le mur du fond du sanctuaire représente sous un toit voûté Hatchepsout, coiffé de la double couronne, debout entre Amon (à gauche) et Hathor (à droite.

La chapelle d'Anubis

A l'extrémité du portique, sur la droite, vers le nord, se trouve la chapelle inférieure d'Anubis, qui fait pendant à celle d'Hathor. Un dieu, une déesse, tous deux dans un rôle funéraire, assumant la fonction de gardiens de la montagne sacrée. La chapelle se compose d'une salle hypostyle avec de beaux reliefs, aux couleurs vives, d’un vestibule et d'un sanctuaire.

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 Plan

La salle hypostyle  (1) est bien conservée. Le plafond, constellé d'étoiles bleus sur fond jaune a conservé sa polychromie. Le plafond de pierre repose sur des architraves supportées par douze colonnes intactes à 16 faces. La salle comporte deux niches une au sud consacré à Amon, une au Nord consacré à Anubis.

Mur Sud Sur le côté Ouest de la niche, (2) la reine martelée se trouve entre la déesse Nekhbet déesse tutélaire de Haute-Égypte, protectrice de la royauté et le Rê-Horakhty. Au-dessus de la niche, Osiris ses mains, croisées sur sa poitrine se tient dans un linceul avec les attributs de son pouvoir : le sceptre heka et le flagellum.

Mur Ouest (3) A gauche de la porte d'entrée du vestibule Amon assis sur un trône à dossier bas, tient dans ses mains le sceptre ouas et le signe ankh symboles de son pouvoir divin .La reine qui est effacée lui présente des offrandes amoncelées sur plusieurs niveaux.

Détails     Vautour        Offrandes.

(4) A droite de la porte d'entrée du vestibule. Anubis est assis sur un trône à dossier bas .La reine qui est effacée lui présente une table d'offrandes surchargée de victuailles : pains, volailles, animaux, légumes, fruits. Des jarres de vin et de bière sont soutenues par des supports qui les maintiennent droites.

Mur Nord  Sa niche (5) est réservée à Anubis entouré des déesses protectrices du Double Pays, Nekhbet (côté gauche) et Ouadjet (côté droit). Ici on peut voir la déesse Ouadjet et le dieu Anubis. Au-dessus de la niche les titulatures de Thoutmosis III sont restées intactes .Au dessus de l'encadrement de la niche, Thoutmosis II offre du vin au dieu Sokar, .( Hatchepsout tenait à ce que le roi en titre soit également représenté dans cette chapelle).Les inscriptions du pourtour de la niche ont été sélectivement martelées. En haut de l'encadrement de la niche. A droite, les titulatures de Thoumosis III sont restées intactes, à gauche, seul le nom d'Amon subsiste.

Vestibule

Deux marches mènent à l’entrée du vestibule. Actuellement il est fermé par une grille. Sur le font de la paroi droite une porte ouvre sur le sanctuaire. Sur le tympan de la paroi ouest deux Anubis se font face : ils tendent le signe de vie à la reine (effacée) (6) .Les scènes sur les parois latérales montrent Hatchepsout  officiant devant Amon.

Sanctuaire. (7)

Le mur nord montre Hatchepsout (effacé) debout entre Anubis (à gauche) Hathor, (à droite), qui ont tous deux promis à la reine protection et longue vie. Une banquette au pied du mur était destinée à recevoir les offrandes pour les divinités.

Le mur Est montre plusieurs scènes avec différentes divinités: Anubis à qui Hatchepsout offre des grains d'encens, Osiris qui reçoit quatre vases d’Hatchepsout. Thoutmosis III officiant devant Sokar, "Seigneur de la grotte", lui présentant quatre offres quatre vases. La dernière scène montre à nouveau la reine qui ouvre les volets du sanctuaire de Ptah et dévoile du visage du dieu.

Le 3ème Niveau

La deuxième rampe nous permet d’accéder à la partie supérieure du temple devant le troisième portique. (Seuls quelques rares personnages avaient la possibilité de pénétrer en ces lieux. Il fallait être passé par l'enseignement d'Anubis et d'Hathor, avoir déjà franchi de nombreuses portes pour être admis dans ce « dernier cercle). Sur les deux départs du bas de la rampe on voit la déesse vautour de Haute Égypte à gauche et la déesse serpent de Basse Égypte à droite conciliant ce qui est double (les deux parties de L’Egypte).

Troisième portique

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Autrefois il comportait vingt-deux piliers  (1) sur lesquels étaient adossés des statues osiriaques  (2) représentant Hatchepsout en dieu Osiris momifié. Seules huit subsistent aujourd’hui. Elles tiennent les attributs de la royauté dans les mains et croisés sur la poitrine.(3) La partie inférieure du corps est enveloppé dans un linceul, la partie supérieure en forme de robe qui est utilisé dans le festival du jubilé. Elles sont couronnées de la double couronne. (4). Le thème principal des scènes décorant les murs de ce portique se rapporte aux cérémonies du couronnement.

3èmeTerrasse

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Photo originale  Roland Unger  Annotations André Fabié

Au centre du portique se dresse un portail en granit rouge qui donne accès à la 3èmeTerrasse. C’est une vaste cour où sont reproduits les épisodes de  la belle fête de la Vallée. Bordée sur ses quatre côtés d’une double colonnade couverte, cette cour comprenait autrefois six statues monumentales de la reine disposées au milieu, dans l’axe principal du portail au sanctuaire.

Elle est clairement dominée par deux axes :

L'axe processionnel (Est-Ouest) C’est celui qu’empruntait la barque divine en traversant le portail de granit pour arriver dans le sanctuaire d'Amon

L'axe royal (Sud-Nord) C’est celui qui commence à la chapelle mortuaire d’Hatchepsout du sanctuaire royal et qui se termine dans le complexe du culte solaire et la chapelle du Nord d'Amon. Il symbolise la voie posthume vers le Nord où le roi ressuscité et est accueilli dans le royaume des dieux.

Contre la falaise, sur le mur ouest  (sud - nord ) du fond de la cour, huit autres statues de la reine la représentant assise sous les traits d’Osiris, prenaient place dans les grandes niches. Ces statues de la fondatrice du temple, jouaient un rôle très important lors des cérémonies du jubilé royal.

Le côté nord du mur Est et le mur Nord sont décorés de scènes de “la belle fête de la Vallée” qui était célébrée durant le deuxième mois de la saison d’été.

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                                Mur Ouest coté sud                      Les grandes niches servaient à loger les statues                                          Entré du sanctuaire d'amon principal

La belle fête de la Vallée doit son nom à "la Vallée de Neb-Hepet-Rê" où Montouhotep II construisit son temple. Son nom sera conservé lorsque plus tard ses rites se dérouleront dans d’autres temples. Elle était célébrée durant le deuxième mois de la saison d’été et durait 11 jours. Toute la population y participait.

Le Déroulement. La barque processionnelle d'Amon portant la statue divine quittait le sanctuaire de Karnak et gagnait l'embarcadère du temple. La, Hatshepsout et Thoutmosis III procédaient au rituel de l'encensement. La barque sacrée était ensuite transférée sur la grande barge flottante, l'Ouserhat et la procession traversait le Nil en direction de Deir el-Bahari. Le registre inférieur du mur Est à droite du portail d’accès en granit décrit le début de ce voyage.

La navigation se poursuivait sur le canal reliant le Nil au temple de la Vallée' Hatshepsout. Ensuite, la barque processionnelle portée sur les épaules des prêtres cheminait vers le Djeser-Djeserou. Plusieurs haltes étaient prévues dans des chapelles-reposoirs où des chanteurs et des danseurs rejoignaient des prêtres et les familles des défunts pour célébrer la venue d'Amon

Enfin la procession arrivait au temple d’Hatshepsout. Le registre supérieur du mur Nord montre la traversée du Nil et l’arrivée de la barque d’Amon au sanctuaire principal. Ensuite, la procession franchissait les rampes et la 3ème terrasse pour déposer la barque divine au sanctuaire d’Amon. La reine procédait alors à la "Grande Offrande". Des bouquets de fleurs étaient déposés tout autour de la barque du dieu. La visite de la barque sacrée coïncidait avec le “rituel d’allumer les torches”. Assistée des prêtres, elle allumait quatre torches disposées aux quatre points cardinaux de la barque. Ces torches symbolisaient la voûte céleste et étaient censées écarter les influences néfastes. La barque sacrée contenant la statue d’Amon restait toute la nuit dans le sanctuaire.

La nuit tombée, les familles des défunts organisaient des banquets en l’honneur de leurs défunts qui étaient censés renaître. À l'aube, les fleurs imprégnées par l'esprit du dieu, étaient transportées dans les chambres d'offrandes des tombeaux de la nécropole voisine, pour assurer la revivification des esprits ancestraux.

Le lendemain la barque divine retournait dans son sanctuaire de Karnak, accompagnée par la foule en liesse. A son retour, la barque était purifiée et subissait le rituel de "l'Ouverture de la Bouche".

 

Sanctuaire Royal

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 Il loge les chapelles de culte d’Hatchepsout (1) et de son père Thoutmosis I (2). Il est accessible depuis la 3ème terrasse par la porte menant au vestibule dont une rangée de trois colonnes soutenait son plafond. Les deux entrées des chapelles dans le mur ouest du vestibule. Une des deux petites niches construites dans le mur Est était décorée avec le chapitre 148 du Livre des Morts. Celui-ci donne les noms des sept vaches célestes qui assurent l'approvisionnement et la protection du défunt dans l'au-delà. L'autre niche   montre des offrandes à 9 divinités de l’ennéade dieux (parmi eux Atoum, Ré-Horakhty, Horus, Sobek, Djed et nekhekh).

La chapelle d'Hatchepsout était sa résidence sur la terre. Sa statue assise maintenant au Metropolitan Museum of Art de New York y résidait. C’était la pièce la plus impressionnante du temple tout entier en raison de son exceptionnelle et luxueuse décoration. Le plafond était couvert d’étoiles jaunes sur un ciel bleu foncé. On y voyait la représentation du rituel des heures du jour et de la nuit, chaque heure montrant Hatchepsout en face de la déesse la personnifiant. Seule la partie Est du plafond et la partie Ouest du tympan ont été conservés. Ce dernier montre la barque solaire avec Hatchepsout accompagnée par Atoum, Isis et Nephtys.

Derrière la chapelle de Thoutmosis I se trouve la chapelle sud d'Amon (3) Toutes les scènes montrent le roi faisant des offrandes à Amon: Hatchepsout est représentée avec la couronne blanche et Thoutmosis II avec la couronne rouge. Les représentations d'Amon ont été détruites dans la période amarnienne.

Le temple du culte du Soleil

On y accede par  un vestibule  à trois colonnes qui était dédié au  défunt époux de la reine, Thoutmosis II. C'es tune cour à ciel ouvert. En son centre trône le grand autel solaire de Ré-Horakhty. Sa terrasse est accessible par un escalier sur son côté Ouest. Sur le mur Nord un petit couloir mène à la chapelle supérieure d' Anubis. Dans le couloir une niche abrite la  seule image de la reine préservée de la destruction.

 

A l’Ouest du temple solaire se trouve la chapelle d'Amon-Rê ithyphallique. C’est une longue chambre dont la décoration se réfère à Amon, sur le mur opposé à l'entrée Amon ithyphallique embrasse Thoutmosis II.

Le Sanctuaire principal d’Amon

C’est un sanctuaire souterrain (spéos) creusé dans la montagne. L’entrée se fait par la grande porte de granit   (détails )située au centre du mur ouest de la 3ème Terrasse . Il se compose de trois salles en enfilade avec des niches latérales pour le dépôt des objets rituels. La première chambre couverte par une fausse-voûte impressionne par sa taille. Sur chaque paroi latérale on trouve trois niches C’est là, sur un piédestal aujourd’hui disparu que durant deux jours de la Belle Fête de la Vallée, séjournait la barque d'Amon. Dans le fond de la chambre une petite rampe munie d’un escalier mène à une porte permettant d’accéder à la seconde salle du sanctuaire. La rampe est encadré par deux statues Osiriaques d’Hatchepsout. Sur le tympan de la paroi au-dessus de la porte, Amon est représenté deux fois assis sur son trône. A droite et à gauche d'Amon Thoutmosis III est représenté à genoux devant le dieu. Une petite fenêtre carrée a été aménagé au-dessous du tympan ainsi que sur la porte d’entrée de la salle. Au solstice d'hiver, le soleil se levait exactement dans la ligne de l'axe du temple. Ainsi, les rayons de soleil entraient dans la chambre par la fenêtre extérieure éclairant les représentations d'Amon-dessus de l'entrée du sanctuaire avant de se déplacer vers le bas en illuminant les statues d'Amon et du roi.

La seconde Chambre est comme la précédente voûtée. La décoration se réfère au un rituel de purification de la statue d’Amon-Rê qui est décrit en quatre tableaux. Le rituel est accompli par Hatshepsout sur le mur Sud-Est et par Thoutmosis III sur le mur Nord.

La troisième chambre également voûtée et la plus petite, avait fonction de “chambre des offrandes”.

 

Bibliographie

Marcelle Werbrouck Le Temple D'Hatshepsout À Deir El Bahari 1949

 

Edouard Naville Temple of Deir el Bahari . Tome 2 à Tome 6 1896

 

Auguste Mariette Bey   Deir el Bahari Documents historiques   1877

 

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Le Pays de Pount

Où se trouve ce mystérieux pays de Pount ? De nos jours on ne connait toujours pas l'emplacement précis de cette terre mythique. Il se trouve quelque part sur la côte orientale de l'Afrique, entre la Somalie, la Nubie et l’Éthiopie ou le Yémen.

L’itinéraire lui-même est sujet à polémique. A Deir el Bahari dans le temple Hatchepsout on peut lire sous les bas-reliefs du deuxième portique wad wr – (Ouadj Oïrit- la grande verte - la mer rouge ). Cette traduction nous suggère que durant la 18ème dynastie les égyptiens descendaient le Nil jusqu’à Koptos, puis démontaient les bateaux et les chargeaient sur une caravane empruntant le Ouadi Hammamat jusqu’à Qoseir sur la Mer Rouge

En 2005, Rodolfo Fattovich, eut l'idée de fouiller le site de Mersa Gawasis sur la côte égyptienne de la Mer Rouge. Il découvrit alors des cordages et des pièces de bois provenant de bateaux. Devant les abris, une pile de caisses en bois, comme déposée la veille, attendait les chercheurs, sur l'une des caisses, des inscriptions en hiéroglyphes mentionnaient "les richesses du Pount.

Pour apporter la preuve scientifique que la flotte d’Hatchepsout navigua sur la mer rouge, Cheryl Ward, spécialiste de la navigation antique, décida construire la réplique de l'un des navires de la flotte d'Hatchepsout pour vérifier s’il pouvait y naviguer.

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La plus ancienne expédition au pays de Pount a été organisée par Sahouré (5ème dynastie -2458-2446). qu'il relate dans son temple funéraire à Abousir

Ces scènes inédites représentent le retour de l'expédition formée par des navires de haute mer chargés des biens précieux rapportés depuis cette lointaine contrée, dont des animaux exotiques ainsi que des arbres à myrrhe, essence qui ne poussait pas en Égypte. Sahourê semble s'être particulièrement et personnellement intéressé à ces arbres car il s'est fait représenter dans son palais les cultivant en présence de son entourage, se vantant d'être le premier souverain à avoir réussi cet exploit.

En l'an 8 de son règne Montouhotep III (11ème dynastie -2009-1997) envoie une expédition pour le pays de Pount. Mais la plus connue est celle de la reine Hatchepsout (18ème dynastie -1473-1458).

Représentée dans le temple de Deir el-Bahari, l’expédition à Pount comporte des scènes extraordinaires et précises sur son déroulement.

La motivation d'Hatchepsout pour réaliser cette expédition fut de rétablir des routes commerciales, de trouver une indépendance économique et un moyen rentable et sûr d’approvisionnement. Elle va chercher aussi à se procurer des produits exotiques tels que l'ambre, l'or, l’ivoire, les bois précieux la myrrhe et des plans d’arbres à encens pour s’affranchir de sa dépendance vis à vis des caravaniers nubiens.

La Flotte

Hatchepsout fit construire et équiper cinq navires, les plus grands jamais construit sur les rives du Nil. Des progrès assez considérables sont accomplis. Les avirons de gouverne placés dans l'axe arrière deviennent un véritable gouvernail. Le mât autrefois composé de deux pièces en bois reliées est maintenant fait d'une seule pièce en cèdre du Liban . La voile pourvue d'une vergue à sa partie inférieure devient plus courte et plus large (rectangulaire). La vergue supérieure n'est plus solidaire du mât, on peut désormais la manœuvrer. Les cordages sont améliorés. Ces progrès techniques permettent une meilleure maniabilité du bateau. Les rameurs sont désormais assis sur de véritables sièges fixés sur le pont.

Une plate-forme bordée d’une balustrade et surélevée était érigée à la proue et à la poupe, en dessous on trouvait une sorte de refuge pour les officiers. Le pilote sur la plateforme avant tient une perche pour sonder les fonds.

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L'équipage se compose de trente rameurs, (quinze de chaque côté) quatre marins, deux timoniers, un pilote, un chef rameur et un capitaine. Un petit détachement de militaires de huit à dix soldats et d’un officier, accompagne l'expédition qui se composait donc d'environ deux cent dix hommes pour les cinq navires.

L'expédition au pays de Pount

Nous allons prendre l’hypothèse la plus probable quant à l’itinéraire et la localisation de Pount

L’expédition, conduite par le noble prince, chancelier du roi de Basse Egypte et Ami unique Néhésy, avait pour but principal de prélever des arbres à encens destinés à être plantés dans les jardins du temple d’Hatchepsout. L’encens, utilisé dans la fabrication des onguents, était indispensable à l'exercice du culte quotidien dans les temples. L'importation de ce produit, nécessitait de coûteuses et lointaines missions. L’expédition d'Hatchepsout devait rapporter ces arbres producteurs pour les acclimater afin de garantir à moindre coût l'approvisionnement et la qualité de l’encens.

La première étape(1) fut de prendre à Koptos (ou Coptos) la route caravanière qui suit l’oued Ouadi Hammamat pour aller à Quseir sur la mer Rouge

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La deuxième étape(2) fut de naviguer sur la mer rouge et rejoindre la région de Kassala, à l’extrême est du Soudan actuel, entre l’Atbara (affluent du Nil) et le delta du Gash, ou les ramifications de cette rivière se perdent dans les terres

L’arrivé à Pount

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Les 5 navires arrivés à destination

les navires naviguent sur des eaux peuplées de poissons, on y voit des espèces communes au eaux du Nil et des espèces marines (poissons-coffres, des espadons, des raies, des crustacés typiques de la Mer Rouge) qui plaident en faveur d’un itinéraire par la Mer Rouge.

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Cette scène du temple de Deir el-Bahari nous montre la délégation égyptienne (1) apportant des cadeaux de bienvenu. Ils sont accueillis par Parahou le roi de Pount suivi de son épouse obèse Aty et de leurs enfants (2) qui les saluent en signe de respect. Derrière eux un âne portant un coussin est ironiquement désigné comme la monture de la reine (3). Plus loin, on aperçoit les Huttes des indigènes sont construites sur pilotis et accessible par des échelles. Les arbres sont deux dattiers, et trois sycomores odorants (4). En réalité, la transaction se déroule entre la déesse du pays de Punt à qui on apporte les présents et Amon qui en retour obtiendra des denrées précieuses pour ses temples.

Les présents sont constitués de colliers de perles, bracelets, colliers, d’une hache et d’un poignard. L'émissaire royal vêtu en civil, se penche sur son bâton de commandement. Les soldats sont armés de lances, de haches, et portent un grand bouclier arrondi. Leur capitaine ne porte pas de bouclier, il est armé d'un arc, d’une lance et d’une hache. 

 

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Le chef indigène, accompagné de sa famille et de ses disciples avancent les mains levées, en signe de respect et d’hommage. Le chef porte un collier de grosses perles, un petit poignard à la ceinture. Une inscription indique qu'il est «Parihu le Grand de Pount. Il est suivi par sa femme, ses deux fils, et sa fille. Les deux jeunes gens sont décrits comme «ses fils», et la jeune fille comme sa fille." Son épouse est dénommée Aty. Elle porte des bracelets à ses poignets, et sur ses chevilles. Ses traits sont répulsifs, sa joue est défiguré par deux lignes de tatouage de chaque côté de la bouche. Elle est affreusement obèse, ses membres et le corps étant alourdis par des bourrelets de graisse. 

Le retour

En plus de l’objectif principal qui était de rapporter des arbres à encens, l’expédition ramène des bois précieux (ébène), des métaux précieux (or, électrum), des résines aromatiques, des animaux, (singes, panthères, bétail).

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Les marins égyptiens, chargent les navires, des groupes de 4 portent des plants d’arbres dans des paniers, d’autres ont de grandes jarres sur les épaules, ils montent à bord du navire sur des planches inclinées. Les ponts sont déjà empilés avec leur précieuse cargaison, parmi lesquels on peut observer 3 grands singes, qui semblent être parfaitement à l'aise. Le capitaine sur la plate-forme à la proue du navire dirige les opérations.Les chefs de Pount suivront les Égyptiens à Karnak, et rendront hommage à la reine.

 

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Bibliographie

Amelia Ann Blanford Edwards    Pharaons fellahs et les explorateurs New York: Harper & Brothers, 1891.

Jacke Phillips The Journal of African History  V38, no 3 (1997)

Dessins   Originaux :  Auguste Mariette   Deir el Bahari Documents historiques  1877  -   Egypte Eternelle

Photos      Neithsabes   kairoinfo4u  Olaf Taush   Fondation du patrimoine maritime et fluvial

 


 

 

Deir el Bahari

 

Le site de Deir el-Bahari est un complexe funéraire, composé de temples et de tombes, situé sur la rive gauche du Nil face à la ville de Louxor et des temples de Karnak, légèrement au sud de la vallée des rois, adossé à la paroi rocheuse de la montagne de Thèbes. C'est un complexe funéraire, composé de temples et de tombes datant de la XIe dynastie

 

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Photos du Site

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Le complexe funéraire de Montouhotep II  (C)

Nous ne savons rien de précis sur le site de Deir el-Bahari avant le règne du roi Montouhotep ( vers -2050 ). Cinq siècles avant Hatchepsout, ce pharaon est enchanté par ces lieux d'apparence inhospitalière et décide d'y construire son temple funéraire. Surnommé « le grand », ce pharaon d'une exceptionnelle envergure, au terme d'une période trouble, a réunifié une Égypte divisée. Il est originaire de Thèbes et impose sa ville comme la cité désormais essentielle pour la civilisation égyptienne. Le roi fut aimé au point d'être considéré comme un nouveau fondateur de l'Égypte.

 

Le temple d'Hatchepsout (E)

Deir el-Bahari est le chef-d'œuvre de la reine Hatchepsout et de son Maître d'Œuvre, le génial Senmout, ils se consacrent à la création d'un temple d’une grande originalité, tant par son emplacement que par sa conception. Il se trouve sur la rive occidentale du Nil, en face de Karnak, dans un grand amphithéâtre naturel dessiné par une falaise appartenant à la chaîne libyque. Au sud, une montagne sacrée entre toutes, la cime d'Occident, où veille une déesse accueillante aux morts justifiés. En ces lieux, le soleil est d'une rare intensité. Tout resplendit d'une blancheur aveuglante qui, en plein midi, fait se confondre le temple avec la montagne contre laquelle il est adossé. En réalité, le temple est montagne ou, plus exactement, la montagne est devenue temple. Ce fut le pari du Maître d'Œuvre : utiliser cette nature sauvage, rébarbative, pour composer cette œuvre admirable le Temple d’Hatchepsout.

 

La Cachettes royale (B)  Elle contenait un trésor encore plus fabuleux. Elle se trouvait près du temple, sur le flanc sud. Dans un puits de 12 m de profondeur était creusé un couloir de 70 m de long qui aboutissait à une grande salle. Cette dernière abritait les momies de pharaons de la XVIIIème et de la XIXème dynastie au rang desquels figuraient Sethi Ier, Aménophis Ier, Thoutmosis II et le grand Ramsès II en personne ! Déchirante fut sans doute la décision de sortir les mo­mies de leur tombeau de la Vallée des Rois et de les amener, dans le plus grand secret à l'intérieur de cette cache aménagée avec soin. Mais les troubles sociaux devaient être si graves que certains pillards n'auraient pas hésité à profaner les sarcophages. La Vallée des Rois ne devait plus être gardée et ses plans secrets, permettant d'entrer dans les tombes, avaient été dévoilés par des prêtres indéli­cats. La dernière précaution des initiés chargés de la préservation des momies royales fut la bonne : il fallut attendre la fin du XlXème siècle pour que des archéo­logues découvrent cette cachette grâce à... des pilleurs de tombes ! Ces derniers avaient vendu des objets anciens, attirant l'attention de quelques savants. En remontant la piste, après une enquête difficile, il fut possible d'arracher à l'oubli les corps momifiés de quelques-uns des plus grands monarques de l'Égypte an­cienne. 

Autres surprises de Deir el-Bahari: les fameuses « cachettes ». Il en existait une sous le dallage du vestibule qui donne accès aux chapelles de Thoutmosis Ier et d'Hatchepsout. Là furent découverts des cercueils appartenant à des prêtres d'Amon et datant de la Basse Époque. Ils sont aujourd'hui dispersés dans divers musées. Ces grands dignitaires—hommes et femmes avaient donc connu, comme dernière sépulture sacrée, le temple de la reine Hatchepsout, dans un endroit suffisamment protégé pour connaître enfin un dernier repos. Sans doute avait-on déplacé cette centaine de sarcophages en raison de risques de violations de sépultures.

Sénènmout (G)