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TOMBE DE ROY TT 255

 

La tombe est orientée au sud-est et creusée dans le rocher. Elle est composée d'une seule chambre de 1,85 x 4,00 m, qui est la chapelle, et dans laquelle se trouve un puits, bordé d'un petit parapet, permettant d'atteindre le caveau. Il faut noter qu'ici, c'est la chapelle qui est décorée, contrairement à Deir el-Médineh où ce sont les caveaux. Au fond, se trouve une petite niche décorée, qui a beaucoup souffert.

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LES PERSONNAGES :

Roy était scribe royal et majordome du temple d'Horemheb et d'Amon. Il aurait vécu au début de la XIXème dynastie, ce que confirme la décoration, notamment la frise avec une alternance de visages d'Hathor, de Khakérou et d'Anubis, classique sous les Ramessides. Sa femme Nebet-Taouy et porte le titre de Chanteuse d'Amon. D'autres personnages sont présents dans la tombe, leurs noms, et leur fonction ne sont pas connus. On suppose que ce sont des serviteurs ou peut être des membres de  la famille de Roy.

 

DESCRIPTION

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MUR EST

Seule la paroi Sud est décorée de 4 petites scènes inachevées et abîmées, elles représentent des activités quotidiennes et agricoles. De bas en haut : 

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Les 3 premiers registres

Premier registre . — Un intendant en longue robe blanche, appuyé sur une haute canne, surveille toute la scène. Un serviteur, représenté à bien plus petite échelle, parle et gesticule, la main droite levée vers lui. Deuxième registre. — Un laboureur conduit sa charrue attelée d’une génisse brune et d’une blanche; une semeuse le suit. A l’arrière-plan, un jeune garçon accroupi sous un arbre, tend la main vers les premières branches, sans doute pour y prendre des fruits . Troisième registre. — C’est une scène très rare de deux charrues qui se croisent. A gauche, un laboureur guide une charrue traînée par une génisse grise , il est suivi d’une jeune enfant. A l'arrière plant partant de la droite, un deuxième laboureur conduit une deuxième charrue traînée par une génisse blanche et brune . Au-dessus du groupe, une outre et un sac à provisions sont suspendus à un arbre. oeil Quatrième registre. l'arrachage du lin. Un serviteur  s’adresse à Roy surdimensionné.

MUR SUD

Il comporte deux registres et une frise. Le soubassement est constitué de deux bandes jaune et rouge. Les personnages se dirigent  vers la niche  de la tombe (l’Ouest domaine du monde inférieur).

La Frise

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Elle occupe toute la longueur du mur Sud, ce qui n’est le cas sur le mur Nord.Elle comporte en alternance: l'image d’Anubis, un emblème hathorique, un faisceau de deux Khakérou, séparés par deux colonnes de texte.  Anubis gardien de l'horizon Ouest, est couché sur un socle et paré de l'écharpe rayée et du fouet d'or du berger. Les deux colonnes de texte nous renseignent  sur  les titres et fonctions de Roy et de son épouse. L’emblème hathorique repose sur une corbeille verte,  il est coiffé d'un mortier rouge et repose sur une corbeille verte ou laissée en blanc-bleuté.

Registre médian

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Il représente les scènes d’adoration  aux divinités funéraires, le jugement des âmes, et la présentation des morts à Osiris. En suivant le même ordre de gauche à droite (de la porte au fond de la chapelle), nous trouvons : Le directeur de grenier royal Aménémopé et sa femme Tai derrière une table d’offrandes, adorent un naos dont la porte ouverte laisse voir deux divinités représentées dans deux sous-registres.

Dans le naos du haut, se tient le dieu Nefertoum, dont la tête est surmontée par une fleur de lotus ouverte. (C’est d’un lotus que le soleil émerge le matin). Dans le naos du bas, sa contrepartie féminine se tient la déesse Maât. Tous deux  sont assis sur un trône cubique. Devant eux, posé sur une natte de papyrus se trouve une aiguière en or surmontée d’une fleur de lotus. Ils tiennent en main un le sceptre Ouser.

Plus loin on retrouve la même scène avec Roy et sa femme  qui adorent Hathor et Horus. Les attitudes sont identiques par contre la table d'offrande est plus richement garnie. Dans le naos du haut, se tient Ra-Horakhty dont la tête est surmontée du disque solaire. En bas, nous trouvons Hathor portant sur la tête une paire de cornes de vaches enserrant un disque solaire.

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Le couple est ensuite amené par Horus oeil dans la salle de la vérité (ou des deux Maât) ou  aura lieu la pesée du cœur. Celle-ci ici à un aspect inhabituel  puisque ce sont deux cœurs qui sont pesés en contrepartie de deux Maât. Le déroulement de cette cérémonie est expliquée en détail dans le papyrus d’Ani  planche 4, voir ici .

oeil Roy et Nebet-Taouy, la main droite à l’épaule gauche, à demi inclinés, leur  cœur justifié suspendu à leur cou comme une amulette précieuse, sont présentés par Horus fils d’Isis à Osiris siégeant dans un grand naos richement décoré ; le toit est formé par une frise de cobras dressés, destinés à  protéger Osiris. Devant lui, séparés de lui par une table d’offrande, les quatre enfants d’Horus émergent d’un bouquet de lotus ; ils sont les gardiens des vases canopes renfermant les viscères du défunt. Les deux déesses derrière Osiris ne sont pas identifiées, mais la place qu’elles occupent les désigne comme Isis et Nephthys.

Registre inférieur

 

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Les funérailles

Il décrit les funérailles dans le monde terrestre, le cortège se déroule du  Sud-Est au Nord-Ouest dans l’ordre  suivant :

Quatre invités en costume d’apparat, tiennent une canne dans la main gauche indiquant leur position de notables, leurs mains droites placées soit devant la bouche ou sous la mâchoire, montrent leurs chagrins. oeil Devant eux, un coffre est transporté par des prêtres au crâne rasé, il est surmonté d’une statue d’Anubis. Il contient les quatre vases canopes contenant  les viscères de Roy. En dessous une pleureuse agenouillée porte la main droite à son front; c’est la servante de Roy, Sekhmet-Hotep.  Puis, suivent  huit pleureuses professionnelles.

oeil Le catafalque posé sur une barque décorée de  piliers Djed et de nœuds d’Isis, est flanqué de deux énormes bouquets. Le sarcophage  repose sur un lit funéraire. A l'avant et à l'arrière du catafalque les deux déesses Isis et Nephthys veillent sur le défunt. À l'avant de la barque, un prêtre-Sem, reconnaissable à sa peau de panthère, accomplit une fumigation d'encens et une libation d'eau. (Généralement la fonction du prêtre est tenue par un fils du défunt). Derrière le traîneau, la femme de Roy inclinée et un pleureur, tous deux la main droite au front complètent la scène.

oeil Un bouvier, le bâton levé conduit un attelage de bœuf qui remorque le traîneau sur lequel repose la barque. Un officiant porte une situle de lait pour faciliter le glissement du traîneau. Le prêtre maître des cérémonies, la tête rasée ceinte d’une bandelette, la main droite au crâne, la gauche levée devant lui, précède tout le groupe.

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La famille vient d’arriver devant la tombe (six femmes, qualifiées de sœurs), une main au front, la première à droite se détachant légèrement des autres. Suivent huit hommes, les deux premiers sont un peu en avant des six autres, tous ont la main levée supportant la mâchoire ou voilant le visage. L’un deux  (peut être le parent le plus âgé) est coiffé d'une perruque grise.

Viennent ensuite des officiants, malheureusement très mutilés; l’encens et l’eau sont offerts par les assistants du prête Sem qui procède à la cérémonie de l’ouverture de la bouche; une table d’offrandes devant eux les sépare de l’acte final de la cérémonie. oeilLa momie est soutenue par le prêtre jouant le rôle d’Anubis  et embrassée par Taouy, la femme de Roy. Un grand gorgerin (assemblage de disques de métal) est représenté autour du cou du défunt. On l'a doté de la fausse barbe à bout incurvé des morts bienheureux. Sur sa perruque bleu foncée, on a disposé un cône d'onguent .Une fleur de lotus, symbole de renaissance, est également représenté. Une stèle  se dresse devant l'entrée du tombeau qui s’accroche à une montagne sablonneuse, représentant la nécropole. Il est surmonté de son pyramidion  encadré de deux yeux Oudjat, symbolisant son  corps reconstitué.

MUR OUEST

Très détérioré il comporte un grand nombre d’espace vides, ne laissant subsister que quelques fragments du relief originellement peint autour d'une niche contenant une stèle. Grâce aux relevés effectués au 19ème siècle, on a pu reconstituer l'organisation générale.Les thèmes de la paroi  sont des scènes d’adoration présidées par des rois divinisés. La niche réservée dans cette paroi abrite une stèle de grès encore en place, complètement couverte d’hiéroglyphes, mais dont les représentations ont été mutilées. L’entourage se divise en trois registres.

Registre supérieur

 

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Il comportait deux scènes d'adoration symétriques, séparées par une fleur symbolique unissant le lys et le papyrus, dont la tige était soutenue par un signe ankh et un signe ouser munis de bras. A gauche, Horemheb et son épouse Moût Nedjmet est ici représentée en grande épouse royale derrière Horemheb comme à droite ou Ahmès Néfertari derrière Amenhotep I qui offrent des fleurs à Osiris. La présence royale s'explique par le rôle d'intercesseur que joue le pharaon auprès des dieux de l'Au-delà, en faveur du défunt. Horemheb est le roi que Roy a servi dans sa charge d'intendant de domaines. L'autre duo royal est bien connu dans la nécropole thébaine où il jouit d'une dévotion particulière depuis le milieu de la 18è dynastie.

Registre médian

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Côté gauche : Roy, en grand costume de cérémonie, devant une table chargée de mets, fait une offrande aux dieux du registre supérieur. Côté droit on devine le reste d’une femme devant une table d’offrande.

Registre inférieur

Côté gauche : Hathor, dame de l’Amentit, surgissant d’un sycomore, abreuve Roy  accompagné de son Bâ. Côté droit : Nebet-Taouy fait une offrande aux dieux du registre supérieur.

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La niche

Elle a été creusée pour recevoir  une stèle fausse-porte permettant,  la communication entre le monde des morts et celui des vivants. Par la magie d’une  stèle en forme de porte et du pouvoir de ses textes sculptés sur ses montants, elle constitue un véritable passage pour  l’âme du défunt.

 

MUR NORD

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La paroi  de par la configuration du tombeau, est moins haute que celle du  Sud et  est décoré d’un seul registre. Il est plus haut que chacun des deux de la paroi Sud, Il représente trois scènes d’adoration à Roy, à Nebet-Taouy et à des membres de leur famille par les prêtres de leur culte. (Roy et Nebet-Taouy,  sont morts, ils seront l’objet à leur tour, du culte des survivants.).Les personnages sont ici, tous tournés vers l'entrée de la tombe, c'est-à-dire vers le soleil levant à l'Est.

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Première scène—  Assis sur des chaises de cérémonie, en grand costume, Roy et Nebet-Taouy reçoivent l’offrande du grand prêtre de leur culte, dont une table posée sur un amas de pains et de feuillages les sépare; le prêtre offre l’eau et l’encens; il est suivi d’une pleureuse agenouillée, les deux mains sur la tête. Au-dessus d’elle, deux petits coffres; le premier n’offre rien de rare, mais le deuxième est muni de bras, à l’aide desquels il présente un vase Hési; au-dessus encore, un encensoir et une peau de panthère, insignes du prêtre officiant .

 Deuxième scène oeil Roy et Nebet-Taouy sont habillés et parés, assis sur les chaises d’apparat, les pieds posés sur deux petites nattes. Devant eux, à leurs pieds, est posé un amas de pains disposés sur un tas de feuille. A côté des offrandes disposés sur un petit siège bas, sont recouvertes par un immense couvre plat en forme de ruche, afin de les garder  fraîches. oeilLe prêtre-Sem fait une fumigation et une libation, tout en récitant les formules rituelles. Derrière Roy et Nebet-Taouy, deux sous-registres montrent des membres de leur famille qui  bénéficient du culte en même temps qu’eux.

Troisième scène. — Roy est assis sur la même chaise d’apparat indiquant condition sociale supérieure, Nebet-Taouy est sur un tabouret à large coussin sans dossier. Derrière elle, deux femmes  sont assises sur tabouret identique, ayant chacune devant elle une petite table d’offrandes chargée de pains et de feuillage; celle du registre inférieur n’est pas nommée; les lignes d’inscriptions au-dessus de sa tête ne sont que préparées. Au sous- registre supérieur, la sœur de Nebet-Taouy est le seul personnage de toute la paroi dont les pieds reposent à terre, et non sur une natte; la ligne d’hiéroglyphes qui devait donner son nom n’a jamais été écrite.

Le guéridon qui sépare Roy du prêtre officiant est accompagné d’une jarre sur un trépied. Le prêtre fait les mêmes gestes que les deux autres scènes; il porte une perruque quoique indiquant que c’est un vrai prêtre, et non un fils officiant pour le culte de son père; il est accompagné de deux pleureuses, toutes deux la main droite au front; accroupies sur leurs talons.

oeilAu-dessus de la table d’offrandes, un motif bizarre trouble l’harmonie de la scène; pendant les travaux, un gros rognon de silex, arraché de la paroi, y laissa une cavité énorme. Dans ces cas, qui se produisaient assez souvent, les creux étaient comblés tant bien que mal avec un mortier de calcaire broyé; ici, par négligence, hâte ou oubli, le travail fut continué et la cavité passée en blanc comme le reste du fond; un motif floral, peut-être de vigne, assez sommairement dessiné dans la cavité, souligne plutôt qu’il ne dissimule le défaut.

 

Bibliographie

Marcelle BAUD, Étienne DRIOTON,: Le tombeau de Roy, TT 255 / 1928

 

Nécropole de Dra About  Naga

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La nécropole de Dra About  Naga  fait partie de l'ensemble Ouest des nécropoles et temples funéraires de l'ancienne Thèbes, face à la ville actuelle de Louxor. Elle est à proximité : A l’Ouest de la nécropole de Deir el-Bahari, au Sud de la nécropole d’El-Assasif. Elle comprend : Les tombes des Rois, des Reines et leurs familles du Moyen Empire, les tombes des Prêtres et des employés de l'administration des dynasties 18 à 20 sur le versant de la montagne. Elle fut employée comme lieu de sépulture, presque sans interruption, jusqu'aux périodes Coptes et Chrétiennes. La position approximative des sépultures et le nom de leurs propriétaires nous est connus d'après le papyrus Abbott. Les tombeaux des fonctionnaires du Nouvel Empire furent fouillés de 1921 à 1923 par Clarence Fisher. Les fouilles continuèrent avec Lanny Bell, qui se concentra sur les tombeaux de la XIXe dynastie. Les fouilles reprirent en 2001 en coopération avec l'université de Ludwig-Maximilian, Munich (DFG-Projet). Dra Abou el-Naga contient 81 tombeaux creusés dans la roche.

 

THEBES 

La Région de Thèbes est très riches en nécropoles et abrite de nombreux temples.

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 Mode d'emploi  Google Map

 

 


Préhistoire

Le site de Thèbes est occupé depuis au moins un demi-million d'années. Vers -5000, la chasse du petit gibier, la cueillette de plantes sauvages joua un rôle essentiel dans la culture de Haute-Égypte. Les habitats agricoles du néolithique étaient dispersés le long du Nil. En aval de Thèbes, s'étendait le grand village néolithique de Nagada. Les poteries et les objets en pierre trouvés sur le site témoignent d'une culture sophistiquée

Ancien Empire

L’Égypte de l'Ancien Empire vit la construction des pyramides de Gizeh, la création d'un système d'écriture sophistiqué, de croyances religieuses élaborées, de découvertes scientifiques qui s'allièrent pour faire de l'Ancien Empire l'une des périodes les plus impressionnantes de l'histoire de l'humanité. Mais ces événements se déroulaient principalement dans la région de Memphis et Thèbes n'en faisait pas partie. À cette époque, Thèbes ne possédait trois villages. Armant sur la rive Ouest du Nil, Tod et Medamoud sur la rive Est qui n'était guère qu'un groupement de cabanes sans importance. Vers la fin de l'Ancien Empire, la puissance de la capitale égyptienne Memphis s'effondra. L’autorité centrale fut remplacée par les bureaucraties locales. En l'absence d'un pouvoir central les VIIe et VIIIe dynasties virent leurs rois se succéder à un rythme rapide. À la IXe dynastie, les souverains d'Héracléopolis situé à environ 200 km au sud de Memphis se déclarèrent souverains de toute l'Égypte. Thèbes constitua la plus grande menace pour Héracléopolis et lança des attaques militaires contre elle. Pendant un demi-siècle leurs souverains se consacrèrent à la construction de Thèbes et à son expansion.

Moyen Empire

A la XIe dynastie, Montouhotep 1er créa une bureaucratie centrale avec Thèbes pour capitale. Le souverain se fit nommer « le Divin de la Couronne blanche» puis «Rassembleur des Deux Terres» puisqu'il régnait sur le pays tout entier. Thèbes devint un centre religieux de premier plan, le temple d'Amon à Karnak fut agrandi par les rois de la XIe dynastie qui contribuèrent à la prospérité de Thèbes et à une plus grande prééminence du clergé d'Amon. Le commerce et les activités militaires furent développées tant en Nubie qu'au Proche-Orient. Une agriculture extensive dans le Fayoum fut mise en place. Sésostris III accélérera les expéditions commerciales et militaires vers le sud et la Nubie. Le développement agricole et du commerce contribua à l'immense richesse du pays. Les résultats furent spectaculaires: la littérature s'épanouit à la XIIe dynastie, tandis que la science faisait de grandes avancées. Les arts et artisanats - surtout la sculpture et l'architecture connurent de nouveaux sommets. La XIIe dynastie dura deux cents ans, ce fut l'une des périodes les plus prospères et les plus créatives de l'histoire de Thèbes et de l’ Egypte; elle s'acheva avec la mort d'Amenemhat IV. Sa sœur Néférousobek lui succéda. Son règne dura trois ans jusqu'à l'invasion de tribus d'Asie comme les Hyksos, qui prirent le pouvoir en Basse-Égypte.

Nouvel Empire

Thèbes prend un essor extraordinaire au Nouvel Empire. La ville devient alors l'« Héliopolis du Sud », toute consacrée au culte du dieu Amon, étroitement associé à l'idéologie royale. Son territoire devient également le siège de la nécropole royale, avec le creusement dans la vallée des rois de dizaines de tombes royales.

Déclin

Avec la XXIe dynastie et la scission du pays, Thèbes perd son statut de capitale au profit des cités du delta. La nécropole thébaine est alors délaissée et jamais plus un pharaon ne se fit ensevelir à Thèbes.

À la XXVe dynastie (celle des Pharaons Nubiens), la cité reprend de l'importance. Le culte d'Amon-Rê est jumelé avec celui d'Amon de Napata, le dieu des pharaons noirs. Taharka met en chantier un programme architectural ambitieux, développant l'axe des sanctuaires avec d'imposants kiosques.

A la fin de cette période, la ville est saccagée par les Assyriens, qui emportent les trésors accumulés depuis tant de siècles et dépouillent les sanctuaires des statues divines, les dépossédant ainsi de leur élément vital. En -663, le roi d'Assyrie Assurbanipal porta le coup final en saccageant la ville et en emmenant ses habitants en esclavage.

La cité ne s'en releva jamais réellement, même si elle fut restaurée par les pharaons des dernières dynasties. Alexandre le Grand participa également à l'œuvre réparatrice, puis à sa suite les Ptolémées. Pendant les règnes de Ptolémée IV et V, Thèbes fut à nouveau le centre de séditions qui coupèrent la Thébaïde de l'empire lagide.

Enfin, à l'époque romaine, les temples sont peu à peu abandonnés. Une garnison s'établit à Louxor dont le temple est finalement transformé en forteresse, pendant la Tétrarchie. Plusieurs églises s'y installent après la conversion de l'Empire romain au christianisme et, avec l'arrivée des musulmans, une mosquée y est construite, tant et si bien que le temple de Louxor reste l'un des lieux de culte et de prière les plus anciens au monde.

THEBES OUEST

En parvenant sur la rive ouest, le voyageur découvre un paysage de contraste. A une luxuriante végétation, fait place subitement une zone désertique: cette lisière illustre le passage de la fécondité à la stérilité, en somme le passage de la vie à la mort. C'est là que  sont établis les tombeaux royaux et les temples funéraires  des pharaons.

Le Temple de Medamoud

 

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Situé à 4 km au nord-est de Karnak, le village moderne de Medamoud est en partie implanté sur les strates successives (kôms) de l’antique  cité de Madu, accumulées au cours des siècles. Le site Fouillé par  Fernand Bisson de La Roque de 1925 à l'après-guerre, révéla de nombreuses constructions et un temple de briques crues. Ce temple, daté de Sésostris III, était dédié à l'ancien dieu de la guerre à tête de taureau Montou. Ce temple remplaça un ancien sanctuaire primitif remontant à l'Ancien Empire. Après une interruption de près de 30 ans, les fouilles ont repris en 2011.

 

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Le Dieu Montou

 Montou est originellement un dieu solaire, a Thèbes il  s'incarne dans un faucon, il incarne également la force guerrière qui en fait un dieu-taureau. En tant que dieu guerrier il protège le quatrième nome de Haute Égypte (province thébaine) ou quatre sanctuaires de culte lui sont dédiés. Dans les sanctuaires d'Hermonthis et de Medamoud, le culte lui était rendu sa forme de taureau sacré Boukhis. Le Taureau vénérable, cet animal divin a acquis avec les premiers Ptolémées une importance considérable puisque le temple est à son nom. Aussi bien Amon que Montou peuvent se manifester sous cette forme sacrée. Après la fin de la Première Période intermédiaire,  les rois de la XIème dynastie portent Montou au rang de dieu dynastique et forment leur nom de « fils de Rê » sur le sien : les Montouhotep. Des temples lui sont élevés non seulement à Thèbes, la nouvelle capitale du pays, mais dans les villes voisines d'Armant, Tod et Medamoud. Ils forment un complexe monumental sacré€ défendant la ville d’Amon, complexe ultérieurement appelé palladium de Thèbes  par les Grecs.

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Dès cette époque, il règne sur ces quatre cités, ainsi que le démontrent ses épithètes. Dès cette époque, le dieu quoique hiéracocéphale  (humain à tête de faucon) est qualifié de « taureau qui descend de Tod »* ou de « taureau qui réside à Tod ».

Sous le règne d'Amenemhat Ier (XIIe dynastie), Montou s'appelle « le taureau d'Armant qui sort de Tod » ; sous celui de Sésostris III, il est « le taureau qui réside à Medamoud ». A partir du Moyen Empire, l'animal sacré de Montou est donc un taureau, qui se manifeste d'abord à Tod, puis à Armant avant d'être associé à Thèbes et Medamoud.  C'est en fouillant les fondations de l’arrière-temple gréco-romain de Montou à Medamoud que F. Bisson de La Roque découvrit les restes de huit statues en calcaire doré. Quatre d'entre elles représentaient le dieu Montou bucéphale. Les quatre autres étaient des effigies de sa parèdre, la déesse Rattaouy. Chacun des quatre couples était attaché respectivement à l'une des quatre villes de Montou : Tod, Armant, Thèbes et Medamoud.

 

Le Temple

Il est connu depuis le Moyen Empire et fait partie a l’époque ptolémaïque et romaine du « palladium de Thèbes » un  quadrilatère de protection de Thèbes, formé par les temples de Montou de Karnak-Nord, de Medamoud, de Tod, tous les trois sur la rive droite, et celui d’Ermant sur la rive gauche au sud de Medinet Habou. L’édifice a subi de nombreux remaniements depuis le Moyen Empire, au Nouvel Empire et surtout à l’époque ptolémaïque puis romaine, lorsqu’il a été considérablement agrandi, tout en conservant des éléments témoins des époques plus anciennes.

 

 Le Temple du Moyen Empire. Orienté est-ouest, il a été largement modifié à l’époque tardive. Le temple et ses dépendances était entouré par un mur d’enceinte de 200 sur 180 mètres, orienté nord-sud dont les principaux accès se faisaient par l'est et le nord, ou se trouvait la porte monumentale dite de Tibère. Une vaste cour fut décorée sous Antonin devant le temple proprement dit. À l’arrière et à l’ouest, est accolée une seconde construction dont il est fort difficile d’interpréter les restes, tant ils sont ruinés. Son mur extérieur décoré sous Domitien et Trajan porte une double procession géographique qui met face à face « le très grand taureau vénérable qui réside à Medamoud » et « Montou-Rê, seigneur de Thèbes, taureau qui réside à Medamoud ».

 

Il était composé d'une première enceinte de 200 sur 180 mètres, orientée nord-sud dont les principaux accès se faisaient par l'est et le nord, qui enfermait le temple proprement dit et ses dépendances. Un lac sacré se trouvait probablement sur le côté ouest du temple qui reprenait l'orientation de l'enceinte. L'ensemble était composé de deux parties distinctes que l'on a interprétées comme étant au nord le temple, et au sud le quartier des prêtres avec ses magasins, son grenier gardé dans sa propre enceinte, et ses six maisons de prêtres. Ces deux parties étaient indépendantes bien que contigües et ne pouvaient communiquer entre elles que par l'extérieur.La place du taureau se compose de trois pièces allongées adossées à un escalier qui devait mener sur le toit de l'édifice. Dans l'axe de la pièce centrale, subsistait la porte monumentale de Sésostris III dans sa situation initiale  donnant accès à une salle ou une cour en rapport avec les cérémonies oraculaires évoquées par le bas-relief de l'oracle du taureau  disposé, sur le mur extérieur sud, dans l'alignement de la porte de Sésostris III.

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D’après le plan original de E. Laroze (IFAO)

Le temple  ptolémaïque 

Dans son état actuel le temple remonte à la période ptolémaïque et a continué à être agrandi et décoré sous les empereurs romains. On peut relever les cartouches de nombreux empereurs dont notamment ceux de Tibère. 

Un canal reliait le temple de Medamoud  au temple de Montou de Karnak. Sur son quai, on peut encore trouver des  graffitis en démotique, des dédicaces ou encore empreintes de pieds gravées. Il était précédé par un dromos de sphinx assez ruiné aujourd'hui. En suivant cette allée processionnelle on franchissait l'enceinte ptolémaïque par la porte monumentale de Tibère  et dont il ne reste que les montants latéraux.

Dans l'axe de la porte de Tibère on trouve le pylône d'entrée du temple édifié par Ptolémée VIII Evergète II. Il le fit précéder de trois kiosques reposoirs destinés à abriter les barques divines et leurs porteurs lors de leurs sorties rituelles. Sa décoration s'acheva sous Ptolémée XII.

Suivait une grande cour bordée de portiques sur trois côtés et dans laquelle se trouvait un autel pour les sacrifices rituels. La décoration de cette cour prit fin sous L’empereur romain Antonin le Pieux dont on a pu relever les cartouches sur les bases de colonnes.

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L’Empereur Vespasien fait l'offrande de Maât à Amon (origine, cour d'Antonin de Pieux.)

 

Composée de douze colonnes, elle fut érigée toujours sous Ptolémée VIII qui fut donc l'un des grands reconstructeurs de Medamoud. Quatre des six colonnes de la façade sont encore reliées entre elles par des murs bahuts nous donnant une idée de l'élévation de l'ensemble du temple. Dès début de l'époque ptolémaïque  le sanctuaire de autour du naos du Nouvel Empire fut remanier et i ne cessera d'être embelli pendant près de 500 ans par les souverains lagides puis romains. Enfin suit, toute une série de chapelles destinées au culte du dieu local qui formaient le temple proprement dit avec sa salle de la barque et son naos, ainsi qu'un sécos où vivait le taureau Boukhis incarnation vivante, mais tardive du dieu Montou. Cette section du temple comprenait une succession de cours, parfois à colonnade, dont une possédait un bassin ou un abreuvoir destiné sans doute au taureau sacré.

 

Le temple de Montou et de Medamoud nous permet de comprendre le fonctionnement des cultes des taureaux. Le temple de Medamoud pourrait être le lieu où était révélé et vivait le dieu Montou sous sa forme de taureau sacré tandis que celui d'Erment serait le temple consacré à sa mort, une nécropole des taureaux sacrés y a été découverte à proximité que l'on nomme la Bouchéum.

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On notera notamment une procession de chanteurs et musiciens s'avançant religieusement vers le dais qui abritait l'animal sacré devant lequel Trajan (98 à 117) en costume traditionnel du pharaon consacre une offrande.

 

 

Les découvertes

En 1931, des blocs provenant du premier temple des Ptolémées furent donnés au Musée des Beaux-Arts de Lyon; assemblés, ils constituent deux portes, l'une de Ptolémée III et l'autre de Ptolémée IV (-222 à -205) 

 

Porte de Ptolémée ΙII

Sa décoration décrit les scènes traditionnelles de la fête Sed. On peut voir le roi en costume traditionnel recevoir les offrandes, accomplissant la course rituelle, étape importante de cette cérémonie de la régénération du pouvoir royal. Les scènes sont classiques, disposées en trois registres. Ce sont des offrandes d'aliments, de lait, de vin, de bière, la présentation de Maat, des sistres et du symbole ouncheb le don des laitues à AmonKamoutef, la consécration du pain blanc...

 

Porte de Ptolémée IV oeil

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.LA FAÇADE : Le décor symétrique montre Ptolémée IV en tant que roi de Haute Egypte (montant droit) et de Basse-Egypte (montant gauche) se dirigeant vers l’intérieur du temple à la rencontre d’Amon et de Montou. Sur Le montant gauche, autrefois surmonté de la déesse Ouadjet, et coiffé de La couronne rouge, il officie pour la Basse-Egypte. Sur Le montant droit, surmonté  de la déesse-vautour Nekhbet, coiffé de La couronne blanche il officie pour de la Haute-Egypte.  Vêtu du pagne de cérémonie à  queue de taureau, insigne du pouvoir royal, Ptolémée IV tient la massue et la canne d’apparat. il s’avance vers l’intérieur de la porte à la rencontre de la forme locale du dieu Montou « le Taureau très grand et vénérable ».

LE PASSAGE : Il est décoré de deux frises alternées de signes monumentaux symbolisant la Longévité du règne. Dans la première oeil Les cartouches du roi Ptolémée IV encadrés par deux uraeus coiffés de hautes plumes sont séparés par des génies accroupis sur des corbeilles. Ils tiennent dans chaque main une grenouille, symbolisant Les millions d'années, à laquelle est accrochée une corbeille de fête-Sed, promesse de nombreux jubilés. Dans la seconde,oeil  un signe de vie (ankh) muni de bras et posé sur une corbeille, tient de chaque côté un sceptre-ouas, symbole de pouvoir et de domination.

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LE REVERS : Comme pour la façade un décor symétrique montre Ptolémée IV accueilli dans Le temple par Les dieux. Sur le montant droit coiffé du pschent, il reçoit d'Amon le khépesh dont la lame a disparu, (cimeterre à tête de bélier, symbole de La victoire) et L'étui-mekes (censé contenir un décret divin rédigé par Thot). symboLe de la transmission du pouvoir divin. Sur Le montant gauche disparu, Le pharaon devait être accueilli  par Montou

Linteau

 

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Ce linteau fut découvert par F. Bisson de la Roque en 1927, Il gisait à plat, face contre le sol, préservant ainsi son bas-relief en creux. Entré au musée du Louvre en 1930, il représente une scène complète de l'offrande d'un roi à un dieu.

Représenté deux fois de façon symétrique, Sésostris III, vêtu du pagne chendjit, présente une offrande à Montou, maître de Thèbes.,  à gauche c’est un petit pain blanc conique, Consacrer un pain blanc  à droite un gâteau Offrir le "shât". Au-dessus de lui il est protégé par les ailes du disque solaire représentant Horus. On remarquera qu'à gauche, le roi présente un faciès lisse, volontairement juvénile alors qu'à droite, il semble bien plus âgé. Le roi semble représenté€ à deux âges différents , peut-être une allusion à la nature solaire du souverain.

Montou est représenté avec une tête de faucon couronnée de deux plumes droites ornées du double uraeus ;  il est vêtu d'un pagne plissé muni d'une queue de taureau, il tient le sceptre ouas (le pouvoir) et le signe ankh (la vie). Les positions respectives du dieu et du roi sont inversées, Habituellement, le dieu est  situé au fond du temple et le roi se dirige vers lui venant de l'extérieur, ici c’est l’inverse.

 

Diaporama

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Bibliographie

Institut français d’archéologie orientale - IFAO Le temple de Medamoud

http://www.ifao.egnet.net/archeologie/medamoud/

Jean Sainte-Fare Garnot  Le temple primitif de Medamoud

Chantal. Sambin, « Les portes de Medamoud au musée de Lyon », BIFAO 1992

Musée des beaux-arts de lyon

http://www.mba-lyon.fr/mba/sections/fr/collections-musee/antiquites/departement3191

Conférence de Christiane Zivie-Coche  2012

Jean Claude Golvin

Kairoinfo 4u  https://www.flickr.com/photos/manna4u/albums/72157663940738801

 

 

 loganim

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