Hatchepsout

« elle est à la tête des nobles dames »

 

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Thoutmôsis II est le troisième fils de Thoutmosis I et de son épouse secondaire, Mutnofret I (Mout est belle)


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Hatchepsout est la fille de Thoutmôsis I et de la Grande Épouse Royale, Ahmès, elle nait entre 1508 et 1495 av. J.-C, avant le couronnement de son père. Christiane Desroches Noblecourt indique qu'il s'agit d'une « petite fille d'une coudée de long, au visage triangulaire marqué d'une finesse, d'un charme et d'une noblesse extrême

 Le titre de Grande Épouse Royale était donné à la première épouse du  Pharaon. Ce titre permettait de la différencier des autres épouses, dites "Épouses secondaires".  Seule la Grande Épouse Royale avait le privilège de concevoir le futur héritier au trône lors d'un "mariage sacré", appelé théogamie, avec le Dieu Amon, qui pour l'occasion prenait l'apparence de son époux. Elle devenait alors, "Mère de Dieu", l'Incarnation de Mout.

Dès sa naissance, la petite Hatchepsout est confiée au soin d'une nourrice  Sat-Rê, (connue par une statue aujourd'hui au musée du Caire) celle-ci devait assurer son éducation et sa garde jusqu’à son adolescence. Plus tard, son instruction fut assurée par Ahmès-Pennekhbet conseiller de Thoutmôsis I  qui le nomma tuteur de sa fille et lui demanda d'être le "Père nourricier" . Ce fut sous la férule de ce précepteur que l'adolescente fut formée à son futur métier de Reine.

Théogamie

Pour se donner un surcroît de légitimité, elle propage le mythe de sa naissance divine. D'après une longue inscription dans son temple funéraire à Deir el-Bahari, elle aurait été engendrée par le dieu Amon qui avait pris les traits de son père, Thoutmôsis Ier ; après ce « mariage sacré » ou théogamie, Khnoum la façonna sur son tour de potier et elle fut présentée à Amon qui lui promit « cette bienfaisante fonction royale dans ce pays tout entier ». Du vivant déjà de Thoutmôsis Ier, elle aurait été installée sur le « trône d'Horus des vivants », c'est-à-dire couronnée, en présence de la Cour, après que l'oracle d'Amon à Karnak l'eut désignée comme roi.   

                                                                                                    

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Adolescence

Comme  l’indique les reliefs et les textes gravés dans la chapelle d'Hathor de son temple Hatchepsout  grandit  sous la protection de la déesse Hathor. Adolescente, elle effectue avec son père Thoutmosis  un  pèlerinage dans les grands sanctuaires d'Egypte.

Son demi-frère, Amenmosé, qui était le Prince héritier, mourut, vers l'an 12 du règne de son père. Peu de temps après son autre demi-frère Ouadjmès décéda.

Selon une interprétation des textes de la Théogamie, Thoutmôsis  aurait  alors décidé de faire couronner sa fille et de lui confier une grande partie du pouvoir. Plus tard lorsque son père décèdera, Hatchepsout se servira de ces textes pour assoir sa légitimité sur le trône.

A la mort de Thoutmôsis en -1493 âgée d'une quinzaine d’années, épousa alors son demi-frère  et prit le titre de Grande épouse royale. Nous savons que Thoutmôsis II avait une santé fragile, de nombreux égyptologues spéculent que pendant son règne, Hatchepsout était peut-être la véritable maître du pouvoir.

La Reine Ahmès, mère d'Hatchepsout, resta aux côtés de sa fille Régente. Elle est encore en vie après son couronnement comme l'établit une stèle, aujourd'hui à Berlin. Ahmès, Grande Épouse Royale, sœur et mère du Roi, y rend le culte à Hathor, tandis que sa fille, la Déesse : Maâtkarê, autrement dit Hatchepsout Pharaon, est en compagnie du Dieu Horus de Béhédet. Pendant cette période Thoutmôsis II eut une activité architecturale assez importante, notamment à Karnak.

Les vestiges de décor de ses monuments montrent la Reine Hatchepsout, au début, assez effacée derrière Thoutmôsis II. Puis, au fil de son règne, elle devint de plus en plus présente, voire permanente.

L'arrivée au pouvoir

Après un règne de 12/13 ans,  Thoutmôsis II décède. N’ayant pas eu de fils avec Hatchepsout, la succession revient à Thoutmôsis III, un fils eu avec son épouse secondaire Iset. Cependant celui-ci très jeune, à peine 5 ans.

Cette succession ne fit pas l’unanimité, Parmi les conseillers certains voyait la Reine Hatchepsout comme l'héritière légitime, mais nombreux étaient ceux en faveur d'un successeur mâle. L'Oracle d'Amon fut interrogé et les Prêtres d'Amon confirmèrent le trône au jeune Prince Thoutmôsis III. Cependant du fait de son jeune âge, ils donnèrent la régence à sa belle-mère et tante Hatchepsout.

Le Couronnement

Rapidement, la Régente quitta les parures d'Épouse Divine. Elle arbora les ornements de Rê, la couronne du Sud et du Nord étant mêlées sur sa tête, autrement dit elle se fit couronner Pharaon.

Entre l’an 2 et l’an 7 de Thoutmôsis III, Hatchepsout obtint tous les pouvoirs en se faisant couronner Pharaon avec l’appui du Grand Prêtre Hapouseneb qui dirigeait le haut clergé d'Amon.

La Reine justifia sa légitimité en s’appuyant sur les dernières volontés de son père qui souhaitait la voir régner, et sur la naissance divine (Théogamie) racontée par les textes et les reliefs qui décorent son temple de Deir el-Bahari. Toute fois elle associa Thoutmôsis III aux manifestations  et décisions royales, puis pendant une vingtaine d'année (1479-1457) le mis à l’écart des affaires de l'État.

Dès son couronnement, Hatchepsout tint à être reconnue comme un Pharaon et non comme une femme. Pour cela elle ne se fit plus représentée par la robe-fourreau et sa Couronne de Reine, mais  par les attributs d'un Pharaon : «Couronnes, le Némès, uraeus ou cobra dressé sur le front, barbe postiche, titulature, sceptres, pagne court et queue de taureau fixée à la ceinture.»  Les très nombreuses statues la représentant en homme prouve son désir d'être reconnue comme un Roi   à part entière.

Mais pourquoi laisse-t-elle s'écouler 7 ans avant de procéder à son couronnement ? Florence Maruéjol nous l’explique : Simplement à cause de son âge et de son absence de maturité. Si l'on admet qu'elle ne devint Régente avant ses 15 ans, il n'est guère surprenant qu'elle ait attendu plusieurs années. Il lui fallait acquérir la pleine maîtrise du gouvernement pour franchir cette étape. De plus , la présence d'une jeune fille et d'un enfant en bas âge sur le trône a pu inciter quelques dignitaires à se croire plus qualifiés que ce duo, pour prendre en main les affaires de l'État. Si les hauts fonctionnaires Thébains soutinrent indéfectiblement la couronne, ce ne fut peut-être pas le cas de tous les dignitaires, notamment en province


En lui conférant la nature divine attachée à la fonction royale, le couronnement a pu donner à la Reine l'autorité nécessaire pour prendre les mesures énergiques, visant à mettre fin à des troubles politiques.

 La Fin de règne

Les informations concernant la fin du règne d'Hatchepsout sont rares. Elle apparaît pour la dernière fois dans deux documents officiels en l'an 20, puis plus de trace d'elle. Il semble que Thoutmosis III sorte de l'ombre de la reine et devienne commandant en chef des armées. Il entreprend  en l’an 22 une expédition en Syrie..

Les dernières mentions de la reine vivante se situent entre les années 20 et 22 de son  règne:

- en l'an 22  de passage au temple d'Hathor à Sérabit el-Khadim, dans le Sinaï, elle visite les mines de turquoise. Le scribe Nakht, grave le nom de la reine en notant  "vivante" à côté du nom de la reine

- en l'an 22,  de passage à Saqqarah (peut-être au retour du Sinaï) le scribe Nakht, , laisse une race de son passage en gravant: "Le 2e jour du 3e mois de Péret, année 20 d'Hatshepsout et de Thoutmosis-Menkhéperrê".

Après l'an 22,  la reine s'est soit retirée du pouvoir, soit elle est décédée, mais rien ne le prouve. Elle pourrait s'être retirée et avoir cédé le pouvoir à son neveu. En tout cas, on ne trouve pas trace d'obsèques royales. Si elle avait 14/15 ans au début de la régence, elle disparaît vers l'âge de 35/36 ans. Elle laissa Thoutmôsis III seul Roi d'Égypte autour de l’an 22. La date exacte de la mort d'Hatchepsout n'étant pas connue on considère qu'elle survint le jour où Thoutmôsis III devint Roi d'Égypte. 

  À la mort de sa tante et belle-mère, Thoutmôsis III lui rendit tous les honneurs qui lui étaient dus. Il présida aux cérémonies assurant sa vie éternelle et confia sa dépouille aux embaumeurs.

Le Roi mit à profit les 70 jours que dura cette opération rituelle pour organiser l'enterrement et rassembler le matériel préparé par la souveraine. Il prit la tête du cortège qui pénétra dans la Vallée des Rois, suivi par les Prêtres et la foule nombreuse des dignitaires et des porteurs chargés des objets et des offrandes destinés à la sépulture.

Cependant, juste après les cérémonies, Thoutmôsis III fit marteler ses cartouches et images, leur substituant ceux de Thoutmôsis I et Thoutmôsis II, ou encore les siens. On assista donc à une tentative d'effacement du souvenir d'Hatchepsout sur les documents historiques. Dans le temple de Deir el-Bahari, les statues furent renversées, brisées ou défigurées avant d'être enterrées dans une fosse. Joyce Anne Tyldesley nous dit qu'à Karnak, on tenta même de murer les obélisques.

 Il faut toutefois préciser que contrairement à ce qui est souvent pensé, ce ne sont pas tous les cartouches, ou toutes les images que les ouvriers effacèrent, mais seulement ceux relatifs à Hatchepsout "Roi", pas ceux appartenant à la Régente, ou à la Reine. Si l'on suit la tradition Égyptienne, Thoutmôsis III laissa de ce fait à Hatchepsout la possibilité de revivre dans l'au-delà. Aujourd'hui encore se pose la question du pourquoi d'un tel acte de la part du Roi ?. Était-ce une question politique, était-ce pour se venger d'avoir été tenu à l'écart du pouvoir aussi longtemps ?. Mais, dans ce cas, pourquoi avoir attendu 22 ans ?. Surtout que le Roi étant chef des armées il lui aurait été facile de prendre le pouvoir par la force, hors tout au long de son règne rien ne laisse penser que la Reine eut une quelconque peur d'une action de son beau-fils.

La question divise les égyptologues car en l'absence de document sur l'état d'esprit du Roi il est difficile d'imaginer ses motivations. De fait, on ne dispose d'aucune preuve à l'appui de la théorie consistant à penser que Thoutmôsis III haïssait Hatchepsout, ou éprouvait de l'animosité envers elle. Florence Maruéjol pense qu'il faut voir une volonté politique deThoutmôsis III de rétablir une succession à son profit. Dans ce cas Hatchepsout doit être perçue comme une usurpatrice.

Sa tombe

Le tombeau KV 20 dans la vallée des rois, dans la nécropole thébaine sur la rive ouest du Nil face à Louxor en Égypte, a probablement été le premier tombeau construit dans la vallée. C'était le lieu de sépulture initial d'Hatchepsout et de son père Thoutmôsis Ier. Le tombeau a été identifié lors de l'expédition française en Égypte, puis par Giovanni Belzoni et James Burton qui ont essayé de le dégager une première fois en 1828. Il a été fouillé pour la première fois dans son intégralité par Howard Carter en 1903.

Le tombeau possède une forme unique, s'enroulant et tournant vers le bas depuis l'entrée de sorte que la chambre funéraire se trouve 97 mètres sous la surface. Le corps de Thoutmôsis Ier a été déplacé par Thoutmôsis III dans le tombeau KV38.

Le corps d'Hatchepsout restait introuvable, jusqu'au 27 juin 2007, où Zahi Hawass annonce qu'une des deux momies découvertes en 1903 dans le tombeau KV60 serait celui de la reine-pharaon.

Devenue "pharaon", Hatshepsout se doit de faire construire une tombe digne de son rang. Elle souhaite aussi y accueillir son père. D'ailleurs, il n'est pas impossible que la tombe ait été commencée pour Thoutmosis I et qu'Hatshepsout l'ait simplement fait agrandir pour réaliser une tombe commune. Hapouseneb est chargé des travaux et il est probable que l'intention de la reine est de creuser la tombe, à partir de la Vallée des Rois, en direction de son temple funéraire à Deir el-Bahari afin de le rejoindre et d'opérer la jonction.

Ce dernier est effectivement sur l'autre versant de la montagne, en parfaite correspondance avec l'entrée de la tombe: 400 mètres les séparent au travers de la masse rocheuse. La galerie part de l'entrée dans cette direction mais après une cinquantaine de mètres, la nature de la roche force le directeur des travaux à dévier la trajectoire et à donner la forme d'une anse de panier à ce long couloir qui aboutit à la chambre funéraire. La longueur de la galerie est de 213 mètres tandis que la chambre funéraire se situe à 97 mètres de profondeur. Là se trouve le sarcophage de la reine, ouvert et vide.

Pour voir un plan de la tombe et effectuer une visite virtuelle, cliquez ici.

Pour quelles raisons, la reine veut-elle ramener la momie de son père dans son propre caveau ?

Certes, la reine est très attachée à son père mais il y a aussi une raison politique. La tradition veut que l'héritier du trône procède aux rites funéraires de son prédécesseur. Or, lors du décès de Thoutmosis I, c'est Thoutmosis II, son fils et successeur, qui a célébré les funérailles. Ensuite, à la mort de ce dernier, c'est l'enfant-roi, le jeune Thoutmosis III qui a conduit le rituel. Hatshepsout veut maintenant réensevelir son père, accomplir le rituel et confirmer ainsi sa place sur le trône.

Rappelons que Thoutmosis I ne restera pas dans ce caveau car son petit-fils, Thoutmosis III, l'en retirera pour l'amener dans la tombe KV38 après le décès de la reine.

 

Ses campagnes commerciales

Le règne du Pharaon Hatchepsout se caractérisa par une politique étrangère basée sur des relations commerciales intenses. Elle   rétablit les réseaux commerciaux qui avaient été perturbés pendant l’occupation Hyksos de l’Egypte au cours de la deuxième période intermédiaire, renforçant ainsi la richesse de la XVIIIe dynastie.

 Six campagnes au moins en Nubie et en Phénicie ont pu être documentées. Notamment celle vers la Phénicie, (Liban) d'où elle importa du bois nécessaire à la construction des bateaux, ou celle vers le Sinaï pour y exploiter les mines de cuivre et de turquoise.

La plus célèbre expédition, en l’an 8/9 de son règne, ce fit vers le Pays de Pount à l'intérieur de la mer Rouge à proximité l'Éthiopie actuelle. La Reine fit représenter cet épisode sur les bas-reliefs de son temple funéraire. L’expédition partit avec cinq navires à plusieurs voile, mesurant chacun 21 m de à long et un équipage de  210 hommes comprenant les troupes, les marins et 30 rameurs. Les relations commerciales, interrompues depuis presque trois cents ans avec le pays de Pount, reprirent grâce à cette expédition

Le retour de la flotte vers l'Égypte avec sa prodigieuse cargaison fut un véritable triomphe et demeura, dans les annales de l'histoire du pays, comme l'un des faits les plus éclatants du règne de cette souveraine. La cargaison : 31 arbres à encens, « les racines soigneusement protégées dans des paniers pour les transplanter  devant son complexe de temple funéraire de Deir el-Bahari ». Des bois aromatiques, des résines précieuses, des parfums et des huiles de sycomore, de l’or, de l’'ivoire, des animaux sauvages.

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Ses campagnes militaires

On lui connaît au moins trois expéditions militaires en Nubie et une en Syrie. Sous son règne : "L'assujettissement des étrangers est rondement mené grâce à une succession de campagnes militaires victorieuses contre les vassaux du Sud et de l'Est". La première est en Nubie au début de son règne. Elle nous est connue par une inscription de son trésorier Tay sur l'île Sehel. Une expédition punitive en Syrie après l'an 7, mais on ne sait pas la date précise.

La troisième, en Nubie, pourrait avoir eu lieu en l'an 12 et mena ses armées jusqu'à la deuxième cataracte. Elle mata, en l'an 20, une rébellion Nubienne au même endroit comme inscrit sur la stèle de Tombos. Même si la majorité de ses constructions en Nubie furent détruites par la suite pour des raisons politiques, il subsiste quelques traces de son passage à Kasr Ibrim et à Bouhen où elle fit construire un temple dans la grande forteresse. À Deir el-Bahari, sur des fresques, on peut apercevoir le Dieu Nubien Dédoun, conduisant une série de cités Nubiennes prisonnières, chacune représentée sous l'aspect d'une ville fortifiée ou d'un cartouche crénelé surmonté d'une tête de Nubien, vers la Reine victorieuse Hatchepsout.