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LE VIZIR

 

Le mot VIZIR que nous employons pour désigner qualifier le premier adjoint du Pharaon n’a rien d’égyptien, le terme « vizir » dérive de l’arabe wasir et désignait, à l’origine, le principal conseiller des sultans arabes et ottomans. C’est par analogie de leurs fonctions que les égyptologues l’ont emprunté afin de qualifier le premier adjoint de Pharaon.

 

Jusque sous la IVème dynastie, le Vizir était un membre de la famille royale. A partir de la Vème le poste reviendra à un noble choisi pour ses capacités à seconder le roi dans sa tâche. On peut considérer le Vizir comme étant un Premier Ministre ou un conseiller personnel du roi, influent, juste, impartial, honnête et responsable, doté d'une forte autorité et qui joua un rôle de premier plan puisqu'il était le chef de l'administration et qu'à ce titre, les gouverneurs de Nomes (Nomarques) aussi bien les paysans lui devaient obéissance. Il avait la plus haute autorité sur le palais, la police ou le trésor ainsi que sur les grands travaux d'architecture ou l'aménagement des nécropoles. Il était « les yeux et les oreilles du roi » et de ce fait dirigeait la justice, levait les impôts aussi bien que les troupes, réglait les successions, s'occupait de religion et d'agriculture. La fonction tomba en désuétude entre l'Ancien et le Moyen-Empire, pendant les périodes troublées, où la fonction était purement honorifique, pour devenir sous le Nouvel-Empire une fonction partagée entre le Vizir du Nord qui avait pour Capitale Thèbes et le Vizir du Sud qui résidait à Memphis.

 

À l'Ancien et au Moyen Empire, cette charge incombait à une seule personne qualifiée d'ami unique du roi et qui contrôlait la Double Maison, administration qui regroupait le gouvernorat des Deux Terres d'Égypte. Au Moyen Empire, il y avait deux catégories de vizir : ceux qui étaient en fonction et ceux qui portaient ce simple titre honorifique. À dater du Nouvel Empire la charge est dédoublée et le pays comptait désormais deux vizirs : un pour le nord (Basse-Égypte) et un pour le sud (Haute-Égypte).

Chaque jour il remettait au roi un rapport sur l'État des Deux Terres en présence du trésorier, autre magistrat dont le rang dans l'administration du pays était équivalent.

Il était assisté de deux adjoints directs ainsi que de scribes personnels et dirigeait un bureau composé d'une double équipe de fonctionnaires nommés les Grand des dix de Haute-Égypte.

 

Les attributions du vizir :

Nous connaissons les attributions du vizir grâce aux textes autobiographiques que certains personnages de la XVIIIe dynastie laissèrent dans leurs tombeaux, tels Rekhmirê, qui exerça cette fonction sous les règnes de Thoutmôsis III et de son successeur Amenhotep II.

Le vizir ne se contente pas d'informer le pharaon et de faire exécuter ses décisions, il cumule toutes les fonctions administratives, fiscales, agricoles et même législatives. Les charges du vizir sont telles qu'il est bien difficile d'en faire un inventaire complet.

 

Ses principales charges : Responsable de l'exécutif ; Contrôle de l'administration ; de la comptabilité, de l'archivage / Contrôle de la police et des transports /Garant de Maât (déesse de l'ordre) et responsable de la justice. / Responsable de l'application les décrets royaux (pouvoir exécutif) ; des impôts (évaluation et collecte) ; de l'administration des ressources agricoles : de l’attribution des terres et redistribution des vivres. / Responsable de la nomination des fonctionnaires ; du trésor ; des transports / Responsable de la surveillance du gouvernement provincial

 

Au Nouvel Empire, les fonctions du vizir s’étendaient principalement à trois domaines

 

  1. 1)La direction du per-nesout. Le vizir avait en charge la gestion du domaine royal (au sens large) en tant qu'institution économique et administrative qui gérait l’ensemble des ressources de l’Égypte.
  2. 2)La direction de l’administration territoriale. Le vizir était chargé de diriger l’administration du territoire. Il en nommait les membres, contrôlait leurs activités et leur versait leurs salaires. Il avait aussi pour mission de promulguer les décisions royales et de les faire appliquer. Il dirigeait également les grands travaux de construction lancés par le roi ainsi que les expéditions militaires. Enfin, il pouvait aussi être chargé de gérer des poursuites judiciaires.
  3. 3)Le représentant du roi. Le vizir était l’intermédiaire entre le roi et son pays. C’était le rôle fondamental du vizir. Pour mener à bien son travail, le vizir bénéficiait de tout un appareil bureaucratique composé d’un important personnel, tel que des intendants, des scribes, des messagers, des policiers.

Les insignes du vizir étaient :  La tenue Shenep ; Le bâton Aba ; les quarante rouleaux des lois.