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Le Chien

 

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  1. Le Chien dans son milieu naturel

    La domestication du chien remonte au paléolithique supérieur, longtemps avant celle des autres animaux domestiques et bien avant la sédentarisation de l'homme. Les chiens sont issus de plusieurs lignées de loups (Canis lupus) domestiquées en plusieurs endroits du monde et à des moments différents. Les plus anciens restes de chien sont actuellement datés (Lévrier à oreilles droites tenu en laisse par un nain. Mastaba (tombeau) de Mérêrouka (6e dynastie), Saqqarah. Tout comme le porc et l’âne, le chien a été domestiqué dès le 6e millénaire av. J.-C. Plusieurs espèces de chiens existent en Égypte. Les plus anciens, aux oreilles dressées et pointues et à la queue enroulée, s’apparentent au basenji. L’une des plus appréciées était le saluki dont les oreilles sont tombantes, le museau fin, le corps élancé et la queue longue. Il est réputé pour sa rapidité à pourchasser le gibier

     

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  3.  

    La Chienne couchée allaitant cinq petits (Moyen Empire) appartient à cette race.

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    Stèle de Kay, chef des chasseurs du désert, avec sa mère et ses chiens favoris. Deux lévriers à oreilles droites marchent à côté de Kay ; trois autres lévriers sont représentés en bas de la stèle : deux à oreilles droites et un troisième (en bas à gauche) à oreilles tombantes.

Les usages du chien

La chienne évoquée plus haut porte un collier et une laisse, signe de sa domestication par l’homme qui a utilisé cet animal dès la préhistoire comme auxiliaire à la chasse. L ’ostracon (1) Chien chassant un bouquetin (Nouvel Empire, époque ramesside) présente le canidé au moment où il saute au garrot du bouquetin. Auxiliaire de chasse ou de police, compagnon de la maisonnée, lévrier ou basset, il reçoit parfois un nom propre dans un répertoire analogue à celui des humains. Il joue le rôle du gardien de la maison grâce à ses aboiements destinés à signaler l’arrivée d’un intrus. Il passe de l’extérieur à l’intérieur de la maison où il se métamorphose en parfait animal de compagnie sagement assis à côté de son maître comme sur la Stèle de Inefer (Nouvel Empire, 18e dynastie). (2) Lévriers s'attaquant sauvagement à une hyène en fuite, furieuse, le poil démesurément hérissé

 

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(1)                                                                                                   (2)

Le compagnon favori

Les égyptiens témoignent de leur attachement à leurs animaux favoris en leur donnant des noms dont beaucoup sont aussi portés par des personnes. Tel maître appelle son chien d’après la couleur de son pelage, « Ébène » ou sa taille, « La Grande », ses défauts, « Vaurien » ou ses qualités, « Fidèle ». La place occupée dans la maisonnée explique la présence de l’animal familier sur les parois des tombes thébaines du Nouvel Empire ainsi qu’en atteste l’Aquarelle : chienne sous le fauteuil de sa maîtresse (début 20e siècle). 3 000 ans av. J.-C., Hernieth, épouse de Djer, l’un des rois de la 1ère dynastie, avait fait inhumer son chien à l’entrée de son tombeau. Le cas n’est pas isolé. Outre le chien, l’animal de compagnie le plus fréquemment présent dans les demeures d’Égypte pharaonique est le chat

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Des sources textuelles témoignent de l’existence d’élevages, parfois gigantesques, comme à Saqqarah. Quelques éléments de la vie quotidienne en sont même connus. L’élevage pouvait se faire près du lieu de culte, dans des dépendances des temples, mais jamais un animal sacralisé vivant n’avait accès au saint des saints du temple de la divinité qu’il représentait.

 

Canidés divins.

Les animaux sauvages (chacal, renard) ont pu être associés aux divinités caniformes. Le chacal était associé à la mort car c’est un animal nocturne, charognard, vecteur de rage inéluctablement mortelle. Il a souvent été relié à Oupouaout et Anubis du fait de sa niche écologique : désertique, mais jamais loin d’une oasis, errant autour des cimetières la nuit, dévorant les offrandes sur les tombes, c’est le candidat idéal pour guider les âmes des morts dans le désert et les conduire à Osiris en les protégeant dans l’au-delà. Les principales divinités canines étaient:

 

Anubis

Dans l'Ancien Empire, Anubis est le dieu funéraire par excellence, comme on le voit par les formules d'offrandes funéraires et souhaits de survie, qui, dans les plus anciens mastabas, s'adressent à lui. Dans le Livre des portes il était à la tête des gardiens des heures. « Seigneur de la nécropole », il veillait sur les tombes. Souvent honoré de l'appellation « seigneur de la nécropole », il était représenté sous la forme du chien sauvage ou chacal, animal qui rôde dans les nécropoles. Son épithète, « Celui qui préside la tente divine » (tente où l’on momifiait les défunts), insiste sur son rôle d’embaumeur, « celui à qui est la bandelette », la légende lui attribuant l'embaumement d'Osiris.

Oupouaout  Son  nom signifie « Celui qui ouvre les chemins », il est, dans la mythologie égyptienne, le dieu tutélaire de la ville d'Assiout (Saout), capitale du XIIIe Nome de Haute-Égypte. On le représente le plus souvent sur un pavois en tête des cortèges d'enseignes car en tant que dieu « éclaireur » il a pour fonction principale d'écarter symboliquement toute force hostile sur le chemin des processions royales ou divines.

 

Khentimentiou:  Son nom, qui signifie « celui-qui-préside les Occidentaux (les défunts) », traduit bien sa fonction funéraire de gardien de la nécropole royale prédynastique et thinite d’Abydos

 

Sed:   (Celui à la queue), est un très ancien dieu égyptien, cité dans certains versets des textes des pyramides. C’est vraisemblablement le premier nom du dieu loup Oupouaout, Son nom fait allusion à l'utilisation de la queue des canidés dans le costume de chasse aux époques préhistorique et prédynastiques, comme le montrent certaines représentations comme la palette votive dite  de la chasse.

 

Douamoutef:  Génie à tête de chacal  souvent associé à la ville de Hiérakonpolis, protecteur de l’estomac des morts, il est représentée avec une tête de chacal. C'est l’un des quatre génies funéraires anthropomorphes, appelés « Les enfants d'Horus ». Ils avaient pour mission de garder les viscères du corps du défunt. Le vase canope qui renferme l’estomac protégé par Douamoutef, à un couvercle qui représente une tête de chacal.

 

Tombes et momies de chiens

La culture funéraire égyptienne accorde une grande place aux chiens :

- ils sont présents dans les tombes humaines

- ils sont inhumes dans des tombes individuelles (notamment aux époques archaïques) ;

- ils peuvent y être inhumés dans des cercueils de chiens portant une formule d'offrande funéraire tout comme pour les humains ;

  1. - ils peuvent faire l'objet d'une momification : la Basse Epoque connaît des inhumations massives de canidés (chiens, chacals, renards). Beaucoup d'animaux sont alors sacrifiés, momifiés avec plus ou moins de soins et inhumés soit à proximité de tombes humaines, soit dans de grandes nécropoles qui leur sont consacrées.