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Papyrus d'Ani

 

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PREFACE

 

Le papyrus d'Ani date de la XVIIIe dynastie. Il fut découvert dans une tombe à Thèbes en 1887. Sa longueur était de 23 mètres, sa largeur 39 centimètres. Wallis Budge chercheur de trésor au profit du British Museum dont il complète les collections, découvre le caractère exceptionnel du papyrus d’Ani. De par ses textes complets, ses illustrations intactes, il va devenir le référent d’un concept célèbre : le livre des morts. En 1888, Il l’achète à des marchands égyptiens pour le compte du British Museum. En 1894, alors  gardien du département des antiquités orientales il découpe en 37 planches le précieux papyrus de façon anarchique  (des vignettes furent séparées de leur texte ; d’autres coupées en deux !) pour mieux l’étudier. Il en fait une traduction sous le nom de « The Egyptian Book of the Dead ».

 

Lors de sa découverte le papyrus était de couleur claire, semblable à celui du papyrus d'Hounefer, après son déroulement il est devenu plus sombre, et certains tronçons ont rétréci quelque peu. Il contient plusieurs chapitres du Livre des morts, presque tous accompagnés de vignettes; en haut et en bas, il comporte une bordure bicolore rouge et jaune. Il a été écrit par trois scribes ou plus. L’uniformité de l'exécution des vignettes suggère que moins d'artistes travaillaient sur les illustrations. Les titres des chapitres, des rubriques, des mots-clés, etc., sont en rouge. Dans certains cas, l'artiste a occupé tellement d'espace que le scribe a été obligé de surcharger le texte ou l’écrire sur la bordure. Cela prouve que les vignettes ont été dessinées avant que le texte ne soit écrit. Toutes les différentes sections du papyrus n'étaient pas écrites à l'origine spécialement pour Ani, son nom a été ajouté plus tard dans espaces laissé vides pour insérer le nom du défunt. Ces sections prêtes à l'emploi étaient utilisées dans plusieurs papyri. On ne trouve pas ses ces ajouts dans la première section qui a été expressément commandée pour lui.

 

 

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Ani

 Scribe royal  important ; Ani, est sans doute son diminutif. Voici ses principaux titres : Scribe royal, comptable des offrandes divines de tous les dieux, comptable des offrandes divines des seigneurs de Thèbes. Chef des greniers des seigneurs d'Abydos. 

Thouthou.

L'épouse d'Ani était chanteuse d'Amon, et faisait partie de la communauté des prêtresses d’Amon-Râ à Thèbes. Sur les vignettes ou elle est représentée elle porte toujours entre ses mains le sistre et le menât emblèmes de sa fonction. Avec Ani, ils étaient de hauts dignitaires ecclésiastiques liés à la célèbre confrérie des prêtres d’Amon

 

LE PAPYRUS

Le texte et les vignettes du papyrus sont délimités par une double bande rouge et jaune. La plupart des vignettes forment une frise surmontant le texte. Les textes sont pour la plupart tracés en écriture rétrograde. L'encre rouge, utilisée pour les titres des chapitres, permet de repérer facilement la division en formules.

Sur les 65 chapitres présents sur le papyrus, nous allons vous présenter que ceux qui illustrent les thèmes principaux  du livre des morts. Les chapitres seront indiqués en rouge, les formules en bleue.

 

PLANCHE 1

 

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Vignette: oeil Le scribe Ani debout, lève les bras en adoration, devant une table d’offrandes. Il porte une tunique bien ajustée, recouverte d'un vêtement blanc et safran, de ​​longues franges lui tombent sur les épaules. Sur sa tête une perruque lui tombe sur les épaules, un collier pend à son cou. il porte des bracelets et des bras. Il se tient pieds nus en présence de son dieu et il est supposé être dans un état de pureté cérémoniale. Derrière lui se trouve sa femme, "The Osiris, la maîtresse de maison, la femme qui chante à Amon " Cette description de Thouthou montre qu'elle était probablement morte au moment de la rédaction du papyrus et que son titre de "dame de la maison" indique qu'elle était la seule épouse d'Ani ou qu'elle était le chef de ses femmes. Thouthou porte un long vêtement de lin, ses longs cheveux noirs et ondulés lui tombent sur les épaules. Sur sa tête elle porte  un pot  d'onguent odorant. Dans sa main droite, elle tient un bouquet de fleurs et un sistre, et dans sa gauche, une branche de vigne et un collier menât

 

Texte : Chapitre 15 du Livre des Morts. Il introduit un hymne au soleil levant : Rê est adoré dans sa forme matinale (Khepri). Il décrit la victoire de Rê  sur le serpent Apophis qui chaque nuit, lui barre la route. Il s'agit pour le défunt de s'identifier au dieu solaire, de détruire ses ennemis, de surmonter les dangers du monde souterrain et de renaître au matin, tel un nouveau soleil.

 

PLANCHE 2

 

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Vignette1  :oeil

(1) Représentation du cycle solaire. Le pilier Djed symbolise l'épine dorsale d’Osiris qu'on érige pour signifier son retour à la vie. Le pilier est entre ses deux sœurs Isis et Nephthys, qui protègent  leur frère dans la Douat. Au crépuscule quand il meurt, Rê sous sa forme solaire  vient l rejoindre Osiris.  Cette  rencontre va permettre à  Rê de rajeunir et de renaître le matin à l'horizon oriental. Cette renaissance est représentée la croix de vie (signe ankh) aux bras levés qui soulèvent le disque solaire hors du monde souterrain vers le ciel. La joie du monde supérieur lors du lever du soleil est indiquée par la présence des babouins dressés qui accueillent et acclament le soleil.

 

(2) Cette vignette accompagnant hymne Osirien est identique à celle de l'hymne solaire de la planche précédente.

 

Texte : Chapitre 16 du Livre des Morts. L'hymne Osirien.  C’est une courte composition qui énumère très bien les titres d’Osiris et le désigne comme roi du ciel et de donneur de vie aux hommes. Il met exergue la royauté du dieu qui est nommé seigneur de la double couronne, souverain des dieux et des hommes après qu'il a pris possession du sceptre-heqa et du flagellum-neheh.

 

PLANCHE 3

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Texte : Chapitre 125

Vignette1 : Ani et Thouthou s'avancent respectueusement dans la salle de la Double  Maât ou salle des Deux Justices. Le cœur d’Ani, emblématique de sa conscience, doit être pesé avec la plume de Maât, emblématique du droit.

 La Balance au centre du Hall est surmontée d'un babouin à tête de chien ,animal sacré de Thot, il s'appelle neb Hekennu ut a maa , "Seigneur de Hekennu, juste peseur". Il est détenteur du savoir, nécessaire au bon fonctionnement de la balance et garant de l'exactitude de la pesée. Sur le plateau gauche est placé le cœur du défunt. Sur le plateau droit est placée la plume de Maât. Si la balance est en équilibre, le défunt est proclamé "juste de voix" et peut aborder le royaume d'Osiris.

Au-dessus du cœur se tient le Bâ du défunt, qui suit le mort pendant son voyage: il attend le résultat de la pesée. Si la balance est en équilibre, le défunt est proclamé "juste de voix".

A gauche se trouve la triade personnelle du destin, naissance et mort de chaque individu. On trouve d’abord :

- Chaï (Celui-qui-détermine) Il  personnifie à la fois la volonté des dieux qui fixe le destin et le destin individuel de chaque enfant dès sa naissance. Celle-ci avait lieu sur une brique de naissance dont on voit un exemplaire au-dessus de sa tête.

- La Déesse Meskhénet  (personnification de la brique de naissance *). Note: l’accouchement se faisait généralement en position accroupie sur quatre briques de naissance  pour mettre son enfant au monde. L'importance de ces briques explique leur personnification en une déesse. Une brique de naissance découverte à Abydos mesurait (35, 17,13) cm. Elle était ornée sur ses six faces de scènes offrant une protection magique.

- La Déesse Rénénet (Celle-qui-élève/nourrit), elle était liée au compte des années et à la bonne fortune du nouveau-né,

A Droite Thot patron des scribes, représenté avec une tête d’ibis ; enregistre le résultat de la pesée sur sa tablette d'argile. Si le balancier est en équilibre, alors Ani est qualifié de "juste de voix", ou "justifié". Il continuera son périple pour atteindre la vie éternelle. Sinon il sera livré à la Grande Dévoreuse, à gueule de crocodile, au corps de lionne, et à l’arrière-train d'hippopotame, à l'affût derrière Thot. (Jamais cette issue fâcheuse ne figura sur un Livre des Morts)

Le haut de la planche est constitué d’une frise des douze dieux de l'Ennéade qui forment le tribunal ils sont assis sur des trônes devant une table d'offrandes de fruits. Ce sont Rê, Atoum, Shou et Tefnout, Geb et Nout, Isis et Nephthys, Horus, Hathor, Hou et Sia.

 

PLANCHE 4

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Vignette:

À gauche: Conformément aux décrets des dieux, Ani une fois justifié, est introduit auprès d'Osiris par Horus portant la double couronne du sud et du nord. Celui-ci guide le défunt et annonce à Osiris le résultat de la pesée: « Je viens vers toi, Ouennefer. Je t'amène l'Osiris Ani. Son cœur est juste, sorti de la balance. Il est innocent auprès de chaque dieu et de chaque déesse. »

Au centre, Ani se met à genoux devant le dieu sur une natte de roseau, levant la main droite en adoration et tenant dans sa main gauche le sceptre kherep de consécration. Il porte une perruque grisonnante  surmontée d'un "cône" d’onguent  Son cou est orné d’un collier de pierres précieuses. Près de lui se trouve une table d'offrandes de viande, de fruits, de fleurs, etc.

A droite : oeil Osiris est assis dans le sanctuaire de  Sokaris. Sa chair verte, indique sa  renaissance. Ce sanctuaire a la forme d'un sarcophage, son toit est orné d’une tête de faucon et d’une frise d’Uraeus. Osiris est protégé par ses deux sœurs Isis et Nephthys qui l'ont ramené à la vie. Devant lui se trouve le fétiche d'Anubis (une peau d’animal blanche à taches noires), dans lequel les parties du corps d'Osiris auraient été rassemblées avant qu’il les momifiées. Sur la fleur primordiale de lotus  (évoquant le lever du soleil et donc la renaissance), se dressent quatre figurines momiformes représentant les quatre fils d'Horus.

Texte : Chapitre 125

 

 

PLANCHE 5

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Texte : Chapitre 1 Les funérailles 

Ce chapitre fut, dans les versions tardives du Livre des Morts, considéré comme le premier chapitre, puisqu'il commence avec l'enterrement. Son titre peut aussi être compris comme s'appliquant à l'ensemble des formules. Il s'agit de rendre le mort "juste de voix", de l'élever au statut de dieu, de lui permettre de se déplacer librement où il veut et plus particulièrement de sortir du monde souterrain pour contempler le soleil et l'accompagner dans sa barque solaire.

 

De droite à gauche, un attelage de quatre bœufs conduit par les amis du défunt tire un traineau surmonté d'une barque oeil. La barque transporte la momie d’Ani placée dans une chapelle funéraire. Rappelons que la barque va traverser le Nil  pour passer du monde des vivants (l'est) à celui des morts (l'ouest). Devant la chapelle un prêtre-Sem, vêtu de sa peau de panthère, fait une libation et un encensement pour le défunt. Agenouillé  près  de la momie d’Ani, Thouthou sa femme se lamente.

 

En fin de cortège oeil suit huit membres de la famille, un à des cheveux blancs. Le sarcophage, orné  des emblèmes de protection et de stabilité est surmonté d’une représentation d’Anubis.  Posé sur un traîneau il est trainé par quatre serviteurs  et suivit de deux autres à l’arrière. D’autres serviteurs portent le mobilier funéraire destiné garnir la tombe. On peut reconnaitre la palette de scribe d'Ani, des boîtes (canopes ?), une chaise, un canapé, etc.

 

 

PLANCHE 6

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Le cortège funèbre se poursuit  jusqu'à la tombe. Au centre oeil un groupe de pleureuses professionnelles, se battent la poitrine  et se tirent les cheveux. Elles sont une composante indispensable de la procession rappelant qu'Isis et Nephthys s'étaient lamentées sur le corps d'Osiris. Elles sont suivies  par des serviteurs portant des boîtes, des bouquets de fleurs, des vases d'onguents, etc.

 

Devant les pleureuses se trouve une vache et son veau, des chaises de bois peint, des bouquets de fleurs, etc. Un préposé,  la tête rasée, porte la patte avant d'un bœuf qui vient d’être  abattu. Une table surchargée   des offrandes habituelles se trouve devant la momie d'Ani. Un prêtre Sem, se livre à un encensement  tandis qu’un autre homme (peut être le fils d'Ani ou un prêtre assistant) exécute les rites de "l'ouverture de la bouche. Derrière eux un prêtre-lecteur, récite les formules inscrites sur le papyrus qu'il tient en main. A droite de la scène, la momie d'Ani est debout sur une natte en roseaux pourvue de décorations de fête.oeil

 

À ses pieds, sa veuve se lamente du départ de son mari. Derrière la momie, Anubis, le dieu de l'embaumement, la maintient debout. Derrière lui, se trouve le tombeau peint en blanc. Il se compose d'un petit bâtiment rectangulaire  qui, à bien des égards, ressemble à un mastaba, surmonté d'une structure pyramidale.

 PLANCHE 7

suiv