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TEMPLE DE DAKKA

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Dakka en 1839 dessiné par David Roberts

L’histoire du site remonte au Moyen Empire, comme le témoigne la présence de cimetières datant de cette époque dans le désert à l’ouest. Il est donc fort probable qu’un temple du Moyen Empire ait existé sur ce site. Son nom grec Pselchis, suit de près son nom d’origine égyptienne Per- Selk, " La Maison du Scorpion». Le temple cependant n'est pas dédié à la déesse scorpion, mais à Thot de Pnoubs.

« Pnoubs se réfère à l’arbre sacré (spina-christi) de plusieurs nones dont celui d’Eléphantine. D'autre part, Thot de Pnoubs maître de Dakka est lie au mythe de la déesse lointaine, fille et œil de Rê, qu'il ramène assagie de Nubie.»

La partie la plus ancienne du temple de Dakka a été construit par le roi Ergamène qui qui a eu le courage de défier l'ensemble du clergé de Méroé qui lui demandait le trône ou la vie. Il était contemporain du pharaon lagide Ptolémée II.

Le temple aligné Nord Sud * fut construit dans un endroit désolé sur la rive ouest du Nil non loin fleuve. On y accédait par une chaussée bordée par des par des murs en pierre et se terminant par une terrasse. Presque complètement détruite, ses vestiges indiquent qu’elle datait de la XVIIIe dynastie.

* Le temple était exceptionnellement orienté vers le Nord (l'Égypte), afin que la barque de Thot ramène la Déesse Lointaine (voir en fin d’article) près des siens, dans l'île de Philae, ou le grand pylône du temple est tourné vers le sud pour l'accueillir.

Le pylône romain est presque complet et bien que d’époque tardive, il possède toutes les caractéristiques des anciens temples égyptiens ; la pente des parois, les deux moles, la porte centrale, la corniche à gorge et les rainures pour les mâts, montrent que la tradition était encore respectée. Le pylône ne semble guère affectée par les outrages du temps, il présente toujours une surface aussi lisse que lors de son érection. Les arrangements internes du mât, avec corps de garde sont à noter. Dans les deux moles des escaliers mènent au sommet. Des visiteurs grecs et romains qui les ont empruntés ont gravé dans les marches en pierre le contour de leurs pieds pour montrer le témoignage éternel de leur piété lors de leur pèlerinage à Toth of Pnoubs.

Il ne reste maintenant qu’un espace ouvert sans aucune trace de construction entre le pylône et le temple proprement dit. On n’a aucune certitude de l’existence d’une cour extérieure, mais un espace ouvert sans aucune trace de construction entre la passerelle.

Plan

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Le temple se compose de quatre chambres: Le Pronaos, le Vestibule, l’antichambre, et le sanctuaire. Sa façade est formée par deux colonnes aux chapiteaux ornés de fleurs de lotus. Elles sont solidaires des murs d'entrecolements qui s'élèvent à mi-hauteur, donnant ainsi une grande clarté au pronaos.

Cette partie du temple a été utilisé plus tard comme une église chrétienne. Les peintures chrétiennes qui couvraient les sculptures ont pratiquement disparues laissant apparaître à nouveau dieux de l'ancienne Egypte.

Le vestibule qui était à l'origine la cour extérieure du temple d’Ergamène. A l'époque romaine, un escalier conduisait sur le toit, où une chambre était cachée dans l'épaisseur de la paroi. Ces chambres cachées ne sont pas rares dans les temples ptolémaïques et romains; elles ont parfois ont servi de chambres fortes pour les trésors du temple, mais dans de nombreux cas, elles étaient destinées à des fins magiques et divinatoires.

 L’antichambre est tout ce qui reste de l'œuvre d’Ergamène. Une partie du toit est toujours intacte, ses murs étaient autrefois entièrement recouverts de reliefs religieux. Les plus intéressants sont les scènes ou Ergamène fait une offrande à la déesse Anouket au Pharaon de Senemt( l'ancienne ile de bigué).

Le sanctuaire a peu d’intérêt, ses reliefs sont du style égypto-romain Mlle Edwards les décrit comme horribles; les personnages sont difformes trapus, clownesques, avec des coiffures ridicules." La seule scène intéressante montre l'arbre sacré, sous lequel se trouve le babouin de Toth tandis que le dieu du Nil verse de l'eau sur ses feuilles.

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En 1961, dans cadre du sauvetage des temples Nubiens, temple de Dakka fut démonté et sur le site de la Nouvelle Seboua

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La Déesse Lointaine

La Déesse Lointaine est une lionne terrible qui incarne à la fois l'ardeur du soleil au solstice d'été, et la douceur bénéfique du soleil hivernal au solstice d'hiver. La déesse Lointaine, la fille du Soleil , personnifie Tefnout mais aussi Sekhmet. Elle abandonne son père pour fuir dans le désert oriental en Nubie. C'est là une référence à la morsure du soleil que les caravanes se dirigeant vers les carrières et les mines ne connaissent que trop bien.

On trouve de nombreuses versions de sa légende. Voici la version avec Sekhmet.

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 Thot sous son aspect de babouin raisonne la Déesse lointaine

La Déesse Sekhmet abandonna son père pour fuir dans le désert oriental en Nubie ou sous sa forme de lionne donna libre cours à sa férocité. Râ, qui avait besoin de son ardeur guerrière, désira son retour.  Il envoya près d’elle Onouris, Shou et Thot sous l'aspect de babouins.  Thot lui promit monts et merveilles si elle revenait en Egypte. Bien qu’au faite de sa puissance destructrice, elle accepta de rentrer. Thot avant de rejoindre l’Egypte décida de l'apaiser. Dans ce but Thot versa du vin dans les eaux de la première Cataracte. La déesse, pensant qu'il s'agissait  de sang, s'en abreuva, s'enivra et s'apaisa. A son réveil, elle se présenta sous les traits bienveillants d'une chatte, la déesse Bastet.
 Cette version se rapporte donc à l'inondation annuelle du Nil dont les eaux tumultueuses et rougies par la terre ferrugineuse de Nubie se calment à leur entrée en Égypte et répandent leurs bienfaits sur tout le pays.

Bibliographie

SAUVEZ LES TRÉSORS DE LA NUBIE  UNESCO

Les Secrets des Temples de la Nubie  Christiane Desroches-Noblecourt

Temples and Tombs of Ancient Nubia.