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Le Panthéon de Dendérah

 

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Il se compose de deux triades. Hathor, Horus, Harsomtous (surnommé Horus le jeune)  et Isis, Osiris, Harsiesis. Harsiesis, considéré comme vengeur de son père Osiris contre son oncle Seth. Les

Les deux déesses illustrent les divers aspects de la féminité; leurs époux représentent de façon complémentaire le principe du pouvoir; il faut que le vieux roi meure pour que règne son fils. Quant à Harsomtous, sa présence à Denderah est aussi ancienne que celle d'Hathor.

Hathor la maîtresse du temple est entouré de divinités importantes qui forment Le Panthéon de Dendérah

 

Hathor. Maîtresse de Dendérah

La déesse est le réceptacle du dieu, la matrice symbolique où il est généré. Hathor est aussi le ciel où vole le faucon Horus. Elle reçoit le titre d'Hathor la Vénérable, en tant que divinité du cosmos où prend forme toute vie. Elle fut souvent représentée sous la forme d'une femme aux oreilles de vache, ou bien d'une vache céleste donnant vie aux corps célestes, ou allaitant le pharaon qui buvait ainsi un liquide d'immortalité.

Dans cet aspect fondamental, Hathor est Temet, « celle qui est », c'est-à-dire la contrepartie féminine d'Atoum, le créateur. La ville de Denderah portait le nom de « cité du pilier de la déesse ». Or, il existe trois « piliers » en Égypte: Héliopolis, la ville d'Atoum, le créateur, et du Soleil; Denderah, celle de la créatrice et Hermonthis, Héliopolis du sud, préfiguration de Thèbes.

Les quatre aspects d'Hathor selon la mythologie : oeil

La déesse lionne anéantissant les ennemis du soleil

La déesse de la renaissance et de l'amour,

La protectrice des foyers et la nourrice royale,

Le cobra qui incarne la beauté et la jeunesse

 

L'un des symboles les plus courants de Hathor est le sistre, un instru­ment de musique magique dont les vibrations dispersent les influences négatives et attirent les énergies positives. Le temple de Denderah est d'ailleurs nommé « le château du sistre », étant lui-même conçu comme un gigantesque instrument de musique en pierre où les harmonies du cosmos s'enchevêtrent pour embellir la terre.

Comme souveraine du temple, Hathor se présente sous l'aspect d'une femme jeune et belle; sa coiffure la plus fréquente est le disque solaire entouré de cornes. Mais, alors qu'à Edfou où elle n'est qu'un hôte et ou elle possède seulement cinq couronnes différentes, elle en a trente à Denderah. Cette multitude de coiffures permet de mettre subtilement en valeur les composantes de sa personnalité. Ainsi la couronne de fête, présente la déesse en tant que reine.

Hathor fut représentée sous diverses formes. En raison d'une durée de gestation à peu près similaire à celle de la femme, la vache fut vite associée à la Déesse. Elle se montre également sous l'apparence d'une lionne, d'un uraeus (cobra lové qui est un insigne royal), d'un faucon femelle.

Sa grande »titulature se compose de plusieurs éléments juxtaposés : « maîtresse de Denderah, œil de Rê, maîtresse du ciel, souveraine de tous les dieux ». Elle peut être accompagnée d'épithètes telles que «soleil féminin (contrepartie féminine du souverain céleste). Elle est souvent appelée « dame aux quatre visages», illustré par ses visages orientés vers les quatre points cardinaux sur les chapiteaux du temple.

Hathor sous sa forme de Sekhmet

 

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Hathor, transformé en Sekhmet

Râ, fâché par la rébellion des hommes, envoya son Œil divin, Hathor, transformé en Sekhmet pour les punir. Envoyée sur Terre, la déesse en furie se mit à massacrer les humains rebelles. Comme elle prenait goût à ce carnage, Rê dut finalement intervenir pour qu’elle n’extermine pas l’humanité. Il lui prépara un breuvage composé d'herbes, de jus de grenade rouge et de bière. Trompée par la couleur du liquide qu'elle croyait être du sang, elle en but jusqu'à s'enivrer. Sekhmet la lionne  repris alors l'apparence de la divine Hathor. L'humanité avait échappé de justesse à un sort funeste, mais les maladies et la mort venaient de faire leur apparition sur la terre. « L’apparence de Sekhmet est hybride : à la fois humaine et animale. Une tête de lionne, effrayante domine un corps de femme d’une grande beauté. Son nom signifie la Puissante ».

À la fin du mythe, Rê regagne le ciel monté sur sa fille devenue vache céleste. Ce dernier avatar de la déesse explique sans doute son nom de «demeure, d’Horus», c'est-à-dire la voûte céleste à l'abri de laquelle évolue le faucon.

Hathor est honorée dans son temple sous toutes ses formes. Un culte était probablement rendu à son hypostase de vache sacrée : une scène des cryptes nous montre une idole en bois haute de 1,60 rn placée dans une barque de 4,20 rn de long. Des restes de momies de vache ont d'ailleurs été exhumés dans la nécropole. La vache, productrice de lait, est devenue la nourrice divine du roi; il en existait une statuette en or à Denderah.  À l'instar de son époux Horus, Hathor possédait deux statues qui la représentent en faucon à tête humaine

 

HORUS D’EFOU

Il est honoré à Denderah en tant qu'époux du faucon femelle Hathor qui lui rend visite annuellement. À ce titre, il possède une chapelle dans le temple. Il y est connu sous le titre de «Horus d'Edfou, le grand dieu maître du ciel, celui dont le plumage est bigarré, qui surgit de 1 'horizon, qui préside aux sanctuaires du Sud et du Nord». Celui-ci possède une statue en forme de faucon

 

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HARSOMTOUS

Harsomtous est la forme grécisé du mot égyptien Horsemataouy. Le fils et héritier d'Horus porte le nom « d’Horus qui unit les Deux Pays», appellation qui souligne l’unificateur de la Haute et de la Basse Égypte. On peut voir dans de nombreux tableaux un enfant nu agitant un sistre devant Hathor; il s'agit d'Ihy qui joue en quelque sorte un rôle de doublure à côté d'Harsomtous, le dieu-enfant spécifique de Dendérah.

Une chapelle du temple lui est consacrée Comme c'est l'usage dans la pratique décorative des hiérogrammates « Scribe attaché au service d'un temple, chargé de transcrire en hiéroglyphes les oracles et prescriptions divines », les linteaux de porte extérieurs et intérieurs de la salle décrivent la personnalité du dieu; celle-ci est triple :

 

1- Sous la forme d'un faucon, il· préside à une scène d'union des Deux Pays; il porte la double couronne. Le temple possède une statue de faucon en or ainsi coiffée. La scène et la parure expriment l'aspect monarchique du dieu.

2-Comme tous les dieux-enfants, Harsomtous est un dieu solaire. Si l'on en croit la doctrine d'Hermopolis, le soleil a surgi du lotus primordial sous la forme d'un enfant  « C'est sous cette apparence, mais avec une tête de faucon, qu'Harsomtous représente le soleil pendant les premières heures de sa course autour de la terre. »

3- Chaque divinité égyptienne est originaire d'une région ou d'une ville  déterminée. Cette origine représente le dieu muni d'une tête de serpent.  En tant que tel, Harsomtous est originaire de Khadi situé sur la rive droite du Nil près de Qena. Le premier jour de la saison des récoltes, la population de Dendérah traversait le fleuve et gagnait Khadi où elle passait cinq jours à célébrer les moissons. On piétinait ainsi de l'orge, symbolisant par là le massacre de Seth.

 

OSIRIS

 Le plus populaire des dieux égyptiens doit son succès au caractère humain de sa destinée : roi bon et juste, il est assassiné par son frère Seth, puis renaît à la vie éternelle grâce à sa sœur et épouse Isis; son fils. Horus lui succède sur le trône terrestre. Probablement originaire de Busiris dans le Delta, Osiris est assimilé au dieu des morts, Sokar

Une partie du corps d'Osiris est enterrée à Denderah et, surtout, on célèbre ses mystères selon un long et complexe rituel dont le texte a été conservé. Des chapelles, construites sur le toit du temple étaient spécialement consacrées aux cérémonies osi­riennes. Dans le temple, il est principalement appelé Ounennéfer, « celui qui est toujours parfait». Son fils n'est pas l'Horus triomphant, mais Harsiesis («Horus fils d'Isis ») dont la présence dans le temple, au côté de ses parents, est discrète.

 

ISIS

Le quart des tableaux du temple lui est consacré à Isis. Hathor n'a la prééminence qu'à Denderah. La souveraine du nome entier est bien Isis, à la naissance de laquelle est consacré dans l'enceinte sacrée un sanctuaire Dans le temple lui-même, une chapelle désignée par l'expression «place de 1 'accouchement», est dévolue à la déesse.

Hathor et Isis, en ce temple, sont très proches l'une de l'autre, sans se confondre. Un petit temple d'Isis fut construit derrière le grand temple d'Hathor, comme un ultime Saint des saints.oeil

Isis et Hathor sont à ce point indissociable à Denderah que l'on parlerait plus justement du «temple d'Hathor-Isis» que du «temple d'Hathor». Les titulatures des deux déesses et les offrandes à elles adressées sont à peu près semblables. Leurs attributions, en revanche, sont plutôt complémentaires : Isis est principalement «mère du dieu»; Hathor est « l'œil de Rê». Isis est une épouse dévouée et une mère attentive à préserver  l’héritage de son fils; Hathor incarne la féminité dans son aspect voluptueux et sensuel. Les deux déesses forment avec Horus au ciel et Osiris sur terre deux couples royaux dont le premier exerce une royauté active avec Horus à Edfou et Hathor à Denderah. Il reste à relever le rôle quelque peu singulier que jouent les déesses dans leurs relations avec les dieux : Isis conçoit un enfant d'un cadavre qu'elle doit «animer» par de multiples chants et danses; Hathor, d'après la cosmogonie héliopolitainne évoquée plus haut, ne sert qu'à nourrir les fantasmes érotiques solitaires d’Atoum.

 

BIBLIOGRAPHIE

Christian  Jacq       Les Grands monuments de l'Egypte Ancienne  de  1986

Mariette, Auguste  Denderah : description générale du grand temple 1875

Sylvie Cauville      Le temple de Dendérah : Guide archéologique