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LE RAMESSEUM

Aquarelle de David Roberts 1839

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 Lorsque Ramsès II monte sur le trône d’Egypte, il est encore très jeune. Couronné, il va accomplir une tâche immense. Il couvre l'Egypte de très nombreux monuments :

Au nord  il fonde sa capitale Pi-Ramsès

Au sud.  il met en oeuvre à Thèbes la construction de plusieurs monuments et les consacre à la gloire d'Amon, son père divin.

Dès son accession au trône, Ramsès II fit  entreprendre la construction du Château de millions d'années : Temple du culte royal, il est plus connu sous le nom de Ramesseum. Ce nom  fut attribué par Jean-François Champollion en 1829.

Le chantier  commencé en l'an II du règne de Ramsès II, s'acheva une vingtaine d'années plus tard.

SITUATION

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Le Ramesseum est le temple funéraire de Ramsès II, situé dans la nécropole thébaine, en face de Louxor, en Égypte ,  au Nord des colosses de Memnon,  et situé entre le temple d'Amenhotep II au nord et celui de Thoutmôsis IV au sud, sur la rive gauche de Thèbes  Le Ramesseum est  situé sur la rive gauche de  Thèbes.

ETAT ACTUEL

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phoca thumb s R02 Le Ramesseum est malheureusement en bien mauvais état. et  très endommagé :   A partir du règne de Ramsès XI, il commence à décliner et pire, à être profané et livré au pillage. Lors des troubles de la Troisième Période Intermédiaire, il fut utilisé comme nécropole par les prêtres thébains.A l'époque ptolémaïque, et peut-être même un peu avant, on assiste carrément au démantèlement du temple, des pans entiers sont prélevés pour construire d'autres monuments .Puis les Coptes le transformèrent en église vers le IVème siècle.

Quelques merveilles, cependant, nous attendent au milieu de cette désolation, patiemment, le Ramesseum livre des secrets enfouis depuis des millénaires, secrets surprenants et inattendus.

Reconstitution du Temple

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A l'époque ptolémaïque, et peut-être même un peu avant, on assiste carrément au démantèlement du temple, des pans entiers sont prélevés pour construire d'autres monuments .Puis les Coptes le transformèrent en église vers le IVème siècle. Quelques merveilles, cependant, nous attendent au milieu de cette désolation, patiemment, le Ramesseum livre des secrets enfouis depuis des millénaires, secrets surprenants et inattendus

Les quatre grandes fonctions du souverain sont résumées par  des iconographes, gravés en relief dans le creux :

La fonction politique est évoquée par plusieurs compositions relatives aux rites du couronnement.

La fonction sacerdotale tient également une place importante. Ramsès en tant que pontife préside les grandes cérémonies " Belle fête de la vallée ", fête du nouvel an, .

La fonction militaire est mise en évidence. De grandes compositions guerrières relatent certaines des campagnes du roi : bataille de Qadesh de l'an V. Elle occupe la face occidentale du premier pylône et est reprise sur la face ouest du montant nord du second pylône.

La fonction familiale est aussi très présente comme en témoigne la place que le roi accorde à ses enfants, à la grande épouse royale Néfertari, et à la reine-mère Touy.

Visite  Guidée

 

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La fonction Le pylône d'entrée

phoca thumb s R09 R09 Seule la face interne du pylône a pu être reconstruite. Au milieu, la porte reconstituée a été consolidée.   Pour la toute première fois dans l'histoire des temples égyptiens, les architectes royaux abandonnèrent pour édifier les pylônes du Ramesseum l'emploi de la brique crue au profit de la pierre.

phoca thumb s R10 Aujourd'hui les cultures arrivent jusqu'au pied du pylône et  recouvrent toutes les structures anciennes  Malgré tout, ce pylône reste imposant et digne d'intérêt dans la mesure où il présente sur sa face interne plusieurs scènes illustrant la célèbre bataille de Kaddesh que Pharaon livra contre les Hittites en l'an V de son règne

phoca thumb s R11  La face gauche du pylône a été en grande partie reconstituée . Elle montre un épisode de la  bataille de Qadesh avec la description du camp de Ramsès II et de l'attaque des Hittites.  Au-dessus de lui, a été gravée une version complète du "Bulletin", un des deux textes relatant la bataille

La première cour

Faisant suite au premier pylône, cette vaste cour est un témoignage considérable qui montre à quel point le temple était voué à l'exaltation du pouvoir royal. Ceinte à l'origine par des murs épais, elle proposait sur son côté Nord un portique de piliers osiriaques représentant Ramsès II en costume d'apparat, vêtu du pagne cérémoniel. A ses côtés, la représentation de deux de ses enfants.

Elle a une dimension totale d'environ  53 m par 43 m. Elle est bordée au sud par les restes du palais. Les restes architecturaux sont  pauvres, à part les restes de statues par les restes des  colosses de Ramsès et de Touy

Le palais royal

Du palais, il ne reste que quelques bases de colonnes. Il était construit en brique crue. Il comprenait une grande salle de réception pourvue de colonnes palmiformes, donnant accès à la salle du trône, où se déroulaient les audiences. Une estrade en pierre avec quelques marches est encore visible au fond de cette pièce. Plusieurs salles annexes bordaient à l’est et à l’ouest, le corps principal du palais.

phoca thumb s R12  Les restes du "Palais" dont on distingue encore les bases des colonnes

Au sud de l’escalier, deux imposants colosses en granite rose d’Assouan représentaient le roi et sa mère, assis. Celui de Ramsès II divinisé, « Soleil des Princes », mesurait 18 m de haut et pesait plus de 1000 t, tandis que celui de Touy était de taille inférieure (9 m)..

Les restes architecturaux

il ne subsiste aujourd’hui que d’imposants vestiges au sol. Débités par des carriers, puis abattus vers les premiers temps du christianisme, ces deux géants représentaient l’un, Ramsès II sous une apparence divine ; l’autre, sa mère, la reine Touy

La monumentale statue Ramsès II  taillé dans un seul et énorme bloc de pierre,  reposait sur un piédestal, également en granodiorite .Deux statues, de plus petites dimensions, bordaient l’image du pharaon. Il s’agissait de Touy, la mère du roi, représentée à gauche, et de Néfertari, grande épouse royale de Ramsès II,

Ce n’est pas, comme on l’a trop souvent dit et écrit, à la suite d’un séisme, que furent fracassés les colosses de Ramsès II et de sa mère Touy. En réalité, leur destruction est le résultat d’une action humaine, volontaire, qui s’est produite vers la fin du IVème siècle

C’est  la   vindicte des premiers chrétiens contre  ceux qu’ils appelaient des idoles, qui en fut la cause.    On, décapita  également des piliers osiriaques et de nombreuses scènes  murales furent martelées

phoca thumb s R13  Les pieds du colosse. Derrière eux, les fragments de ce qui était probablement son socle

phoca thumb s R14 R14 vestiges au sol

Le 2eme  pylône

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Reconstitution 2eme Pylône

phoca thumb s R20   phoca thumb s R21  En face de nous, au fond de cette cour, s'élève le second pylône et devant lui se dressaient, à l'origine, deux fabuleux colosses  : au pied du môle Sud, un de ces colosses, d'une hauteur de près de neuf mètres n'existe plus, il représentait la mère de Ramsès II, la Reine Mout-Touy.  A ses côtés,  l'autre représentait Ramsès II,

phoca thumb s R22  Sur  la face interne du pylône, sont gravées des scènes de la bataille de Qadesh.. Derrière les piliers, le mur est consacré à la riposte du Pharaon et à la défaite des hittites.  Sur le registre du haut, sont représentées des scènes liées aux fêtes de Min

phoca thumb s R23 Le colosse de Ramsès II gît à terre et on a longtemps cru qu'un violent séisme était à l'origine de cette chute. Pourtant, l'orientation de cette chute laisse perplexes géologues et chercheurs qui préfèrent axer leurs recherches sur une intention délibérée de la part de certains de voir ce colosse à terre.

phoca thumb s R24  phoca thumb s R25  De récentes études ont pu démontrer, que cette statue fut probablement débitée par des carriers. On pense fortement qu'il y a eu intention délibérée, probablement à l'époque chrétienne d'attenter aux colosses de Ramsès II et aux statues osiriaques de la seconde cour décapitées volontairement.

La 2ème cour :

phoca thumb s R30  Lorsque nous sommes au cœur de cette cour, quatre portiques nous entourent :

phoca thumb s R31  Au Nord et au Sud, nous découvrons une double rangée de colonnes  à chapiteaux ouverts A l'Est et à l'Ouest, ce sont des piliers osiriaques représentant Pharaon gainé dans un suaire sous l'aspect momiforme d'Osiris

phoca thumb s R32  Amon tend le signe de vie  à Ramsès II. Derrière lui, son fils Khonsou et derrière le roi, la déesse Sekhmet qui tient une enseigne de fêtes Sed et qui vient de poser la couronne khepresh sur la tête du roi. En dessous, un défilé de 23 fils de Ramsès II  Khepresh couronne   symbolisant la puissance et le triomphe du pharaon sur ses ennemis.

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Reconstitution Entrée Salle hypostyle

phoca thumb s R33  Une nouvelle volée de marches nous conduit vers la Salle hypostyle et de chaque côté de cette rampe, se trouvait deux statues royales . il n'en reste que quelques vestiges La tête de l'une d'elles reste exposée sur  son emplacement d'origine

phoca thumb s R34 1976  David et Michelle en visite dans la cour

phoca thumb s R35 Tête du deuxième colosse  de Ramsès II  sculpté dans une variété de diorite placée  sur le sol. Sur la coiffenèmés, le roi porte le pschent en partie rapporté. Des traces de peinture sont encore visibles sur les lèvres

Nèmés Le nèmes, est une coiffe tripartite, qui retombe en une épaisse tresse sur le dos et qui s’étale en deux pans sur les épaules et le torse

Pschent Double couronne formée de la couronne blanche et de la couronne rouge symbolisant les royaumes unifiés de Haute et de Basse Egypte.

La salle hypostyle

phoca thumb s R40  La grande hypostyle accueillait des liturgies marquant la relation entre les dieux et Pharaon. Les chapiteaux, en bouton ou en ombelle de papyrus, soutiennent les lourdes dalles du plafond évoquant le ciel. Cette forêt de colonnes est aussi un calendrier monumental où les douze colonnes de la travée centrale évoquent les mois de l’année et les colonnes latérales, les 36 décans. Sur les fûts, le roi fait des offrandes aux dieux.

phoca thumb s R41  Elle comportait  48 colonnes sur 6 rangées. 29 sont encore debout  Les hautes colonnes du centre, de l'ordre de 10 m, sont de forme de papyrus ouverts. Les colonnes de côté sont en forme de papyrus fermés

phoca thumb s R42 Ramsès avait donc voulu que son hypostyle puisse constituer la charpente du cycle parfait Les douze mois matérialisés par les douze colonnes papyriformes à chapiteaux épanouis Elles étaient flanquées à l'Est et à l'Ouest de dix-huit colonnes plus petites à chapiteaux fermés. L’année était ainsi escortée de ses trente-six décans. Ce circuit solaire devait aboutir à la matérialisation du Jour de l'An, mis en relief dans la salle suivante (la salle astronomique)."

phoca thumb s R44  Amon tend le signe de vie  à Ramsès II. Derrière lui, son fils Khonsou et derrière le roi, la déesse Sekhmet qui tient une enseigne de fêtes sed et qui vient de poser la couronne khepresh sur la tête du roi. En dessous, un défilé de 23 fils de Ramsès II

La salle astronomique

Dans la continuité de la Salle hypostyle, on pénètre dans une enfilade de deux salles nettement plus petites, la première étant la Salle astronomique ou appelée aussi Salle des Barques. Cette pièce est célèbre en raison de son plafond dit astronomique qui évoque un véritable calendrier marquant les divisions de l'année, les diverses constellations et les planètes.

phoca thumb s R50  Entrée de la salle astronomique vu de la Salle hypostyle

phoca thumb s R51  Ce plafond est soutenu par huit colonnes à chapiteaux papyriformes fermés et le décor de la salle fait essentiellement allusion à la Belle Fête de la Vallée qui voyait le dieu Amon rendre visite aux Pharaons défunts sur la rive occidentale de Thèbes.

phoca thumb s R52  Cette salle est également une salle hypostyle de 9,2 par 16,5 mètres. Ses  8 col onnes sont décorées comme dans la grande salle hypostyle. C'est la dernière salle  où les deux portes subsistent, ainsi que des pans des murs à l'est et à l'ouest. De chaque côté du mur à l' est de cette salle, sont représentées des barques sacrées. Malheureusement le mur est incomplet et il manque les murs sud et nord.

phoca thumb s R53  Ces barques illustrent la Belle Fête de la Vallée, au cours de laquelle les barques sacrées quittaient Karnak pour se rendre à Thèbes Ouest. Il s'agissait d'un événement annuel lié aux cultes des morts.  Lors du passage des barques, les morts étaient supposés sortir de leurs tombes. Les barques faisaient halte dans tous les temples funéraires : cette salle devait servir de reposoir des barques lors de cette fête.

Mais la partie la plus intéressante se trouve gravée au plafond : elle représente un calendrier liturgique sur plusieurs registres avec des représentations d'étoiles, de constellations, des dieux associés et des mois de l'année. Une partie spéciale lui est consacrée.

La salle des Litanies

phoca thumb s R60  A la suite de la salle dite astronomique ou des barques, subsiste ce mur, ainsi que 4 colonnes, survivance d'une salle dite maintenant des litanies. La séparation entre les deux salles est faite de deux parois totalement indépendantes en bloc de grès.. Sur les architraves du côté nord, sont inscrites les titulatures de Ramsès II.   Elle très abîmée Au Sol  il reste des traces ce qui était le sanctuaire. La porte que l'on voit dans le prolongement, serait le reste d'un ancien temple.

phoca thumb s R61  La salle des Litanies à l’extrémité du temple

Le Mammisi

Ce nom, inventé par Champollion, signifie en copte  "Lieu de Naissance" .  Il désigne des annexes des grands sanctuaires de la Basse Époque.  D'après les restes de colonnes hathoriques trouvés sur place, il était dédié ici à la fois à la reine mère Touy et à la grande Épouse Royale Néfertari. Composé de plusieurs pièces, il comportait en un endroit indéterminé des scènes de théogamie au cours de lesquelles le futur roi était conçu par le dieu Amon  et la reine mère .

Issu d'une famille de nobles militaires, Ramsès II éprouva le besoin de souligner  son origine quasi divine en faisant décrire sur les murs de ce temple cette théogamie.

théogamie Dans la mythologie égyptienne, la théogamie est le principe qui permet au dieu de prendre la place physique du Pharaon afin de pouvoir s’unir avec la reine et concevoir ainsi le futur héritier du trône. Cette rencontre entre le monde des dieux et celui des hommes exprime la double nature de pharaon : dieu vivant sur terre. Ce principe fut utilisé à l'origine pour justifier ou légitimiser une accession au trône

Les Annexes

Le culte royal et le culte  d'Amon,  étaient les deux fonctions essentielles qui se déroulaient au sein de ce temple. Une autre, tout aussi importante et non négligeable , était la fonction économique qui en faisait un centre très actif.

 phoca thumb s R70  En effet, un immense complexe de constructions en briques crues, avec des pièces voûtées s'étend sur trois des côtés du Ramesseum . On y trouvait des quartiers administratifs, judiciaires dont un tribunal, des magasins, des entrepôts, une école de scribe où l'on a retrouvé des papyrus, des cuisines (dont une partie vient d'être récemment découverte) , des logements,  tout ce qui pouvait faire vivre le quotidien d'un personnel laïc et religieux.

phoca thumb s R71  Une vie intense animait le pourtour de l'enceinte du Ramesseum.  Les Sanctuaires d'Égypte, aujourd'hui superbes, dans leur isolement, étaient autrefois entourés d' entrepôts, d'ateliers, de logement de prêtres. Malgré son état de dégradation, le Ramesseum est parvenu à nous léguer cette vision d'un monde où travail quotidien et œuvre sacrée n'étaient pas séparés

phoca thumb s R72   phoca thumb s R73

Dans les nombreux magasins en brique, voûtés dont une partie subsiste. On entreposait des nourritures et des boissons. Il existait aussi des dépôts de papyrus et, sans doute, comme dans chaque temple de quelque importance, une Maison de vie où les futurs initiés apprenaient les hiéroglyphes, la magie et la médecine, entre autre disciplines.

Enfin, il faut souligner un point  très important : Le Ramesseum  à été la première institution connue a régler des salaires (ouvriers des tombes royales à Deir el-Médineh.)

Cette tradition fut poursuivie bien longtemps après le règne de Ramsès II, puisque les fameuses grèves racontées sur le papyrus de Turin expliquent comment des ouvriers révoltés et mécontents décidèrent en l'an 29 du règne de Ramsès III de se coucher, c'est-à-dire d'arrêter leur travail afin d'obliger le temple à leur verser leurs salaires.

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DIAPORAMA

Bibliographie

Ramses II, les monuments d'éternité, Dossiers d'Archéologie no 249, 1999

Le temple de millions d'années de Ramsès II à Thèbes. Histoire et sauvegarde du Ramesseum

Bulletin du Cercle Lyonnais d'Egyptologie Victor Loret, n°7Lyon 19939.